SPAF

Syndicat des pilotes d’Air France

Revue de Presse du 12 juillet 2017

Revue de Presse du 12 juillet 2017

Au Sommaire :

• Aéroports de Paris : +5,3% en juin
• ADP affirme ses ambitions internationales
• Le gendarme du rail et de la route voudrait devenir celui des aéroports
• Le retour en grâce de la destination France
• Attente aux contrôles dans les aéroports : les acteurs de l’aérien à Matignon
• Air France : le choix des pilotes sur « Boost » connu la semaine prochaine
• Mérignac, la ville aéroportuaire de Bordeaux Métropole, compte survivre à la LGV
• Les 10 aéroports régionaux génèrent 1 % du PIB de l’Occitanie

Aéroports de Paris : +5,3% en juin
Air Journal – 12/07/2017

Le trafic de Paris Aéroport est en hausse de 5,3% par rapport au mois de juin 2016 avec 8,9 millions de passagers accueillis, dont 6,11 millions à Paris-Charles de Gaulle (+6,7%) et 2,78 millions à Paris-Orly (+2,2%).

Les statistiques mensuelles de trafic publiées le 11 juillet 2017 par le Groupe ADP rappellent l’impact sur la croissance du mois dernier du Ramadan, qui s’est déroulé cette année du 26 mai au 24 juin alors qu’il avait eu lieu du 6 juin au 6 juillet en 2016. Le trafic France est en croissance (+4,2%), tandis que le trafic Europe (hors France) est en progression de 3,9%. Le trafic international (hors Europe) grimpe de +7,6% du fait d’une croissance sur l’ensemble des faisceaux : Amérique du Nord (+10,4%), Moyen-Orient (+8,4%), Asie-Pacifique (+7,9%), Afrique (+5,7%), Amérique Latine (+4,2%) et DOM-COM (+4,1%).

Le nombre de passagers en correspondance dans les aéroports parisiens augmente de 7,6% ; le taux de correspondance de Paris Aéroport s’est établi à 22,5%, en hausse de 0,5 point par rapport à juin 2016.

Depuis le début de l’année 2017, le trafic de Paris Aéroport est en progression de 5,0% avec un total de 48,5 millions de passagers : 32,93 millions à CDG (+5,2%) et 15,61 millions à Orly (+4,5%). Le nombre de passagers en correspondance progresse de 0,1% au premier semestre ; le taux de correspondance s’établit à 23,0 %, en diminution de 1,2 point.

Le trafic de TAV Airports, dont le Groupe ADP détient 46,1% du capital, est en hausse de 9,1% sur le mois de juin 2017 et en hausse de 2,4% depuis le début de l’année (ADP a finalisé le 7 juillet l’acquisition de 8,12% supplémentaires du capital de TAV). Le trafic de l’aéroport de Santiago du Chili, dont le Groupe ADP détient 45% du capital, est en hausse de 7,8% sur le mois de juin 2017 et 9,9% depuis le début de l’année.

ADP affirme ses ambitions internationales
Journal de l’Aviation – 10/07/2017

Aéroports de Paris (ADP) a renforcé sa participation dans TAV Airports, le 7 juillet. Comme annoncé il y a un mois, le groupe français a acquis 8,12 % supplémentaires du capital de son homologue turc et en détient désormais 46,12 %. La transaction est évaluée à 160 M$ (soit environ 140 MEUR). Cette opération s’accompagne du lancement d’ADP International.

Pas de surprise donc en ce qui concerne TAV Airports. Les termes de la transaction avaient déjà été définis dans un contrat signé début juin avec le vendeur, Afken Holding. Cette dernière vend la totalité de ses parts à ADP, qui renforce ainsi son statut d’actionnaire de référence. L’acquisition est réalisée via Tank Öwa alpha GmbH, filiale à 100 % d’ADP de droit allemand. Le reste des parts est détenu par Tepe İnşaat Sanayi (8,1 %) et Sera Yapi Endustrisi ve Ticaret (2 %), ainsi que par de l’actionnariat flottant (40,5 %) et non-flottant (3,3 %).

Comme prévu, ADP cède en revanche l’ensemble de sa participation dans le groupe TAV Construction, spécialisé dans le BTP. Ses 49 % sont rachetés par Tepe İnşaat Sanayi et Sera Yapi Endustrisi ve Ticaret pour un montant de 9 MEUR.

Création d’ADP International
En sus de ce renforcement en Turquie, ADP a décidé d’améliorer ses capacités sur la scène mondiale avec la création d’ADP International. Cette nouvelle entité sera chargée du pilotage de l’ensemble des activités du groupe à l’international : « investissement, opérations aéroportuaires et ingénierie-innovation ». Elle veut ainsi renforcer les synergies entre ses différentes branches, comme le déclare Antonin Beurrier, son nouveau directeur général : « le groupe ADP couvre aujourd’hui l’ensemble des métiers de la chaîne de valeur aéroportuaire. Grâce à cette nouvelle structuration des activités internationales et à des équipes dédiées étoffées, nous pourrons répondre aux besoins des différents marchés, en déployant l’ensemble des expertises du groupe. »

ADP International chapeautera ainsi les activités d’ADP Management – filiale responsable des participations dans des sociétés aéroportuaires et de la gestion des aéroports à l’international. Cela représente un total de 26 aéroports dans le monde pour 245 millions de passagers. Les participations acquises dans TAV Airports et Schiphol Group rentreront également dans son périmètre. C’est aussi le cas d’ADP Ingénierie, dédiée à « la conception et de développement des plates-formes aéroportuaires ». Jusque-là filiale à 100 % d’ADP, a été cédée dans son intégralité à ADP International mais restera une entité juridique propre.

ADP veut également améliorer sa visibilité à l’étranger avec ADP International, avec une plus forte représentation. Celle-ci va donc ouvrir deux bureaux régionaux. Le premier, basé à New York, s’occupera de la zone Amériques, tandis que le deuxième se situera à Hong-Kong pour toucher la zone Asie. Les équipes à l’international devraient également être renforcées.

ADP International est une entité juridique autonome, filiale à 100 % du groupe ADP. Elle sera donc dirigée par Antonin Beurrier en tant que directeur général, tandis qu’Edward Arkwright, directeur général exécutif du groupe, est nommé président du Conseil d’administration. Ils auront la responsabilité de développer cette activité internationale et ainsi trouver de nouveaux relais de croissance pour le groupe.

L’enjeu est important, notamment pour les bureaux d’études d’ADP Ingénierie, maintenant que la majeure partie de la vague de grands travaux est achevée à Roissy et en bonne voie à Orly. L’augmentation des effectifs dédiés, alors que la tendance était plutôt à la réduction des coûts et du nombre de salariés du groupe ces dernières années, en est un signe fort.

Le gendarme du rail et de la route voudrait devenir celui des aéroports
Les Echos – 12/07/2017

Le président de l’Arafer souhaite « la constitution d’un grand régulateur des transports » en ajoutant à ses compétences le secteur aéroportuaire. Le gouvernement ne semble pas favorable à cette hypothèse.

L’Arafer monte en puissance et souhaite élargir ses compétences. Chargée de réguler le transport ferroviaire depuis sa création en 2009, l’autorité indépendante a vu l’Etat étendre son champ d’action aux autocars longue distance en 2015, puis aux autoroutes concédées en 2016. Elle désire désormais y ajouter les aéroports.

L’homologation des tarifs des redevances aéroportuaires est assurée depuis 2016 par une commission rattachée au Conseil général de l’environnement et du développement durable. Pour l’Etat français, cette commission remplit un rôle d’Autorité de supervision indépendante (Asi). Mais pas pour Bruxelles, qui estime que l’administration ne peut pas offrir toutes les garanties d’impartialité, à partir du moment ou la puissance publique est présente au capital d’Air France-KLM, et contrôle Aéroports de Paris (ADP).

« Problématiques largement communes »
Pour y remédier, l’Etat pourrait soit créer une nouvelle instance de régulation, soit transférer ses compétences à une autorité indépendante déjà existante, a indiqué mardi Bernard Roman, le président de l’Arafer, en présentant le bilan annuel de l’institution. Et sa préférence, bien qu’exprimée en termes prudents, va clairement à la seconde option : « L’existence de problématiques largement communes aux différents marchés du transport et, je crois, le professionnalisme dont nous faisons preuve (…) militent pour la constitution d’un grand régulateur des transports ». Cette position est soutenue par l’Autorité de la concurrence, qui l’avait rappelé dans un avis rendu l’an dernier.

La fixation des redevances aéroportuaires (les sommes que versent les compagnies aériennes en contrepartie de l’utilisation des infrastructures des aéroports) est un paramètre crucial pour l’économie du secteur. Et disposer d’un arbitre incontesté en cas de litige entre les deux parties est d’autant plus nécessaire que l’Etat vient de privatiser les aéroports de Lyon et de Nice, ce qui pourrait avoir un impact sur le niveau des redevances.

Possible statu quo
A ce stade, le gouvernement ne semble toutefois pas prêt à tout chambouler : « Il existe déjà une autorité indépendante , répond aux « Echos » le ministère des Transports. Nous sommes en discussion avec Bruxelles pour voir si d’éventuels ajustement sont nécessaires, mais elle n’est nullement remise en cause. »

Selon un connaisseur du secteur, ce choix du statu quo pourrait s’expliquer par des raisons financières. ADP tire des commerces installés dans les aéroports parisiens des revenus substantiels, qui nourrissent les dividendes versés aux actionnaires… parmi lesquels l’Etat, qui détient, 50,6 % du capital.

Un changement de régulateur pourrait donner un second souffle aux demandes des compagnies aériennes, qui estiment que ces loyers commerciaux élevés doivent permettre une baisse des redevances. Et l’Etat perdrait des ressources au passage. Cet obstacle pourrait toutefois disparaître si l’Etat décidait de vendre sa participation dans ADP, une hypothèse qui circule avec insistance ces dernières semaines .

Le retour en grâce de la destination France
Les Echos – 12/07/2017

Les chiffres des aéroports de Paris sont en nette hausse mois après mois.
Les visiteurs étrangers reviennent et l’effet attentat se dissipe.

Publiés hier après Bourse, les résultats de trafic pour juin du groupe ADP confirment, sans conteste, la franche reprise du tourisme international, dont bénéficie depuis quelques mois la destination France.

Le trafic de Paris Aéroport, soit pour les deux plates-formes de Roissy-Charles de Gaulle et d’Orly, a ainsi crû de 5,3 % le mois dernier par rapport à juin 2016, à 8,9 millions de passagers, la hausse étant de 5 % pour l’ensemble du premier semestre (48,5 millions de passagers). L’accélération de la croissance du trafic est de surcroît davantage patente encore pour Paris-CDG, dont l’activité avait été affectée l’an dernier par la menace terroriste, alors que la vitalité d’Orly, alimentée par les compagnies low cost ne s’était pas démentie. De fait, Paris-CDG a vu son trafic augmenter de 6,7 % le mois dernier (6,1 millions de passagers), la progression étant de 5,2 % sur l’ensemble du premier semestre (32,9 millions).

Par ailleurs, la croissance du trafic d’ADP – hors Europe – pour Paris Aéroport est soutenue, avec notamment des hausses en juin de 10,4 % pour l’Amérique du Nord, de 8,4 % Moyen-Orient, et de 7,9 % pour l’Asie-Pacifique, zone pour laquelle la chute du trafic avait été particulièrement brutale l’an dernier. Pour mémoire, le trou d’air sur le trafic long-courrier avait de facto pesé sur le trafic de Paris Aéroport, en croissance de 1,8 % en 2016. Pour 2017, ADP confirme sa prévision de hausse de +3 %, avec un éventuel surplus de 0,5 point.

Ces dernières statistiques d’ADP confortent l’hypothèse d’une fréquentation étrangère record en 2017, annoncée lundi par le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. A ce stade, avait-il alors indiqué, la France devrait accueillir de « 88 à 89 millions » de visiteurs étrangers, soit une hausse de 5 % à 6 % par rapport à 2016. Un chiffre supérieur au record de 85 millions établi en 2015. Et très au-dessus des quelque 83 millions de visiteurs étrangers venus en France en 2016, année marquée par l’impact des attentats de novembre 2015 à Paris et Saint-Denis et de juillet 2016 à Nice. La « forte augmentation des capacités aériennes » et « une baisse des tarifs » expliquent en partie ces bons résultats, avait également souligné Jean-Yves Le Drian.

Ce retour en grâce de la destination France fait le bonheur de la filière touristique tricolore au-delà de l’hôtellerie parisienne. Dans la capitale, les dirigeants des grands magasins constatent eux aussi le retour en force des clientèles non européennes. Au printemps, on s’attend même à une année 2017 record pour peu que la tendance se prolonge jusqu’à la fin de l’année.

Autre grande destination touristique touchée par le terrorisme, Nice et la Côte d’Azur enregistrent également, un an après la tuerie du 14 juillet, un accroissement de la fréquentation étrangère (lire ci-contre).

Attente aux contrôles dans les aéroports : les acteurs de l’aérien à Matignon
Journal de l’Aviation – 11/07/2017

Des responsables du secteur aérien et aéroportuaire ont alerté mardi Matignon sur la « situation chaotique » dans les aéroports français où en pleine saison touristique le durcissement des contrôles provoque de longues files d’attentes et l’exaspération des passagers.

« Nous avons partagé les réalités du terrain, c’est à dire la situation chaotique en matière de contrôle aux frontières aériennes et qui concerne l’ensemble des aéroports », a expliqué à l’AFP Nicolas Paulissen, délégué général de l’Union des aéroports français (UAF), à l’issue d’une réunion à Matignon aux côtés du président de l’organisation, Thomas Juin, et du délégué général de la Fédération nationale de l’aviation marchande (FNAM), Guy Tardieu.

La mise en oeuvre de l’état d’urgence en France en novembre 2015 à la suite des attentats et la réintroduction de contrôles systématiques sur tous les vols en provenance ou à destination des pays de l’espace Schengen ont considérablement ralenti les opérations de la police aux frontières (PAF) dans les aéroports. La situation a encore été aggravée à la suite du renforcement par l’Union européenne depuis avril des contrôles aux frontières extérieures de Schengen.

Ces deux mesures provoquent une « multiplication des files d’attente, l’allongement des temps d’attente, des retards des vols, et l’incompréhension et la colère des passagers », a souligné M. Paulissen.

Plusieurs responsables de compagnies aériennes avaient déjà tiré la sonnette d’alarme et mardi, le président d’Air Caraïbes, Marc Rochet, a fait savoir qu’il avait envoyé un courrier au président américain Donald Trump pour lui demander de faire atterrir le 13 juillet « Air Force One » à l’aéroport d’aviation d’affaires du Bourget plutôt qu’à celui d’Orly confronté « depuis les premiers grands départs estivaux à une saturation totale ».

– Situation critique –
Sur cet aéroport, entre janvier et avril, environ 70 jours ont connu un temps d’attente supérieur ou égal à une heure et dix jours à une heure trente, selon les deux organisations. En 2016, les compagnies ont enregistré sur le seul terminal Sud « une dégradation de 500% » des retards par rapport à 2015, selon des chiffres des deux organisations qui précisent que la situation s’est encore aggravée depuis le début de l’année.

Les grands aéroports régionaux comme Nice ou Marseille sont aussi touchés et la situation est également jugée « critique » pour les petits aéroport de proximité. « Les passagers à l’arrivée attendent dehors sur le tarmac sous le soleil ou la pluie », selon l’UAF et la FNAM.

« Il y a urgence sur le moyen terme et sur quelques mesures qui permettent de faire baisser la pression dans les aéroports et qui sont en cours d’analyse », a expliqué M. Tardieu se déclarant « plutôt confiant » à l’issue de la réunion estimant que l’interlocuteur de Matignon avait été « à l’écoute ».

La délégation a proposé une série de mesures portant notamment sur le déploiement massif de matériels Parafe (sas de contrôle automatisé des passeports) avec l’accélération de la validation de la reconnaissance faciale, plus rapide que l’actuelle reconnaissance digitale, ainsi que le renforcement des moyens informatiques alloués à la PAF et aux douanes.

D’ici à 2018, 87 sas Parafe seront déployés dans les aéroports parisien et 40 à l’aéroport de Lyon-Saint-Exupéry (financés par les aéroports concernés) et il faudrait « un complément de 10 à 15 millions d’euros » pour équiper l’ensemble des plate-formes du pays, selon M. Paulissen.

Les acteurs de l’aérien demandent que ces équipements soient financés par les pouvoirs publics à partir du Fond européen de sécurité intérieure (FSI).

Les deux organisations appellent par ailleurs au retour à des contrôles aléatoires et ciblés sur les vols intra Schengen et à accélérer la mise en place du fichier de données des passagers PNR européen en France.

« Il y a un enjeu d’attractivité et d’image » du territoire, a estimé M. Juin soulignant qu' »une grande partie des 15 millions de touristes supplémentaires (d’ici 2020, ndlr) que vise le gouvernement passent par les aéroports ».

Air France : le choix des pilotes sur « Boost » connu la semaine prochaine
Boursier.com – 11/07/2017

Encore une petite semaine à attendre. D’ici le 17 juillet, le SNPL, qui représente 65% des pilotes d’Air France, devrait dévoiler le résultat de la consultation de ses membres sur la future compagnie ‘Boost’. Si les négociations entre le principal syndicat de pilotes de la compagnie française et le management ont bien avancé au cours des derniers mois, Philippe Evain, le président du SNPL, chercherait à obtenir des garanties sur le volume de vols chez AF. Dans un entretien accordé à Bloomberg, le représentant du syndicat explique que cet engagement d’Air France à offrir un certain nombre de vols équivaut à des garanties d’emploi pour les membres du SNPL… « Il y a eu beaucoup de progrès depuis février », affirme Philippe Evain. « Nous sommes d’accord sur Boost, nous avons convenu d’économies. La seule différence restante concerne les perspectives d’emploi chez Air France ».

« Pour créer Boost, nous avons besoin de la signature des syndicats de pilotes et nous avons eu de longues, mais je pense positives négociations », avait pour sa part déclaré Jean-Marc Janaillac lors d’une interview accordée à Bloomberg Television ce week-end. « Nous avons fait tous les efforts pour parvenir à un bon accord. J’espère que cet effort sera reconnu par les pilotes », a ajouté le patron d’Air France KLM. Alors que la direction aurait accepté de payer des pénalités au syndicat si l’accord sur le nombre de vols effectués par Air France venait à être violé, le SNPL affirme que le transporteur a également prévu des plafonds qui rendent les pénalités inefficaces après 2022 ou dans le cas où la société affiche un déficit.

Boost est une nouvelle compagnie qui doit exploiter (dès cet automne) à coûts réduits de 15% à 18% des lignes actuellement déficitaires du transporteur sans quoi elles seront fermées. Une petite trentaine d’appareils sera dédiée à ce service, dont des A350 flambant-neuf à partir de 2020 (10) et des monocouloirs A320 et A321 pour démarrer (18).

Mérignac, la ville aéroportuaire de Bordeaux Métropole, compte survivre à la LGV
La Tribune – 10/07/2017

Malgré l’arrivée de la LGV à Bordeaux, Mérignac, où se trouvent l’aéroport international et les navettes quotidiennes d’Air France vers Paris, va très bien et va continuer à se développer, a voulu faire savoir ce lundi matin le maire Alain Anziani.

Non les premiers coups de boutoir de la ligne à grande vitesse Bordeaux-Paris ne font pas trembler Mérignac, où se trouve l’aéroport international et les navettes quotidiennes d’Air France entre les deux villes. Des navettes d’Air France qui sont la cible principale de la SNCF, qui espère à terme convertir 700.000 à 800.000 passagers volants aux vertus du rail grâce au nouveau TGV.

« La LGV Bordeaux-Paris va-t-elle porter un coup fatal à l’aéroport de Bordeaux-Mérignac ? Ce n’est pas du tout mon sentiment. Les deux territoires de Mérignac et Bordeaux ne sont pas en opposition mais en complémentarité » a prévenu en douceur ce lundi matin Alain Anziani, maire (PS) de Mérignac, vice-président de Bordeaux-Métropole lors du bilan économique semestriel de sa ville, présenté en compagnie de Marie Récalde, responsable de l’innovation et de l’éducation, et Jean-Marc Guillembet, en charge du budget, de l’économie et de l’emploi.

Nexity à la relance du 45ème parallèle
« L’activité de l’aéroport est bonne, a poursuivi l’élu, et nous travaillons en étroite collaboration ensemble. Si nous ne sommes pas inquiets, c’est que les grands comptes ont renouvelé leurs abonnements à Air France (soit 15.000 à 20.000 billets par an – NDLR) et que la compagnie maintient la totalité de ses navettes quotidiennes entre Bordeaux et Paris jusqu’à octobre, date à laquelle un premier bilan sera fait. Ce bilan sera important car si Air France réduit ses cadences, cela aura des incidences » ne cache pas Alain Anziani.

Pour autant l’aéroport reste une zone dynamique en croissance soutenue.
« L’aéroport va investir 25 à 30 M€ dans la construction d’un nouveau terminal aéroportuaire entre les halls A et B » a ainsi évoqué le maire, sans s’appesantir sur la forte croissance du trafic passager enregistré depuis des années par l’aéroport international grâce au développement du low-cost. Alain Anziani a rappelé que Nexity avait repris à son compte l’énorme programme immobilier du 45e Parallèle, qui va sortir de terre devant l’entrée de l’aéroport. Avec Nexity c’est une première tranche à 20 M€ d’investissement qui est lancée. Le 45e Parallèle doit à terme développer 30.000 m2 de bureaux, avec un centre de congrès, et accueillir un hôtel haut de gamme : « Hilton a signé » a dévoilé Alain Anziani.

130 M€ d’investissements actés
Et puis l’élu estime que la ligne à grande vitesse est une chance pour l’aéroport car même si les navettes Air France sont touchées, l’amélioration des liaisons directes entre la gare de Bordeaux et l’aéroport, avec le tram probablement d’ici 2021, va créer un immense hub qui fonctionnera dans les deux sens. La zone de l’aéroport et celle du pôle d’activité Aéroparc font partie de l’opération d’intérêt métropolitain (OIM), grand périmètre où l’on trouve notamment Dassault, Sogerma et Thales.

« La semaine dernière 130 M€ d’investissements ont été actés, dont 80 M€ au titre du tramway, pour améliorer la mobilité sur le territoire de l’OIM, dont les deux tiers se trouvent à Mérignac » a éclairé le maire. La création d’une nouvelle liaison sur ce même périmètre via un bus à haut niveau de service, demandée conjointement par Alain Anziani et Franck Raynal, maire de la commune voisine de Pessac, a également été actée.

10.000 m2 pour Technowest
Alain Anziani se félicite que l’aéroport international de Bordeaux-Mérignac soit l’un des rares à disposer de réserves foncières et d’une main d’œuvre qualifiée. Ce qui va lui permettre d’accueillir l’extension de l’Aérocampus, centre dédié à la formation à la maintenance aéronautique, à Latresne, et qui n’a plus de place pour se développer.

« L’Aéroparc va aménager une première tranche de 10.000 m2 pour accueillir Bordeaux Technowest, qui change de quartier. Puis une deuxième tranche qui sera dédiée à l’extension de l’Aérocampus » résume Alain Anziani.
La création du Village Décathlon, dans le domaine de Pelus, est un autre élément très porteur pour Mérignac. Cultura y a déjà posé à la mi-mai la première pierre de son futur campus de 7.000 m2, où sont attendus 400 collaborateurs. La première pierre du simulateur de chute libre Full Fly sera posée ce lundi 10 juillet, tandis que le spa Royaume des sens sera ouvert au public le 27 juillet. Il devrait s’agir du plus grand spa de France. Et la société Trampoline Park, à Bordeaux, a déposé un permis de construire pour installer son siège social dans ce village mérignacais un peu particulier.

Les 10 aéroports régionaux génèrent 1 % du PIB de l’Occitanie
La Tribune – 10/07/2017

Selon la 1e étude sur les retombées économiques dans l’aérien, publiée par la Région le 10 juillet, les 10 aéroports d’Occitanie génèrent 1,4 Md€ du PIB local et font travailler 47 000 personnes au global. Au top 5 des lieux les plus visités pendant les séjours : la Cité de Carcassonne, le Capitole et le centre-ville de Toulouse, la basilique de Lourdes et le Canal du Midi.

La première étude (BVA-BIPE) sur le retombées socio-économiques du transport aérien en Occitanie, révélée par le Conseil régional le 10 juillet, montre que les dix aéroports locaux génèrent 1,477 Md€ de valeur ajoutée, soit 1 % du PIB régional. En 2016, l’Occitanie, avec 11,5 millions de passagers, se situaient au 3e rang des régions françaises, avec une croissance de 4 % (contre 3 % en France ou en Paca).

Les Métropoles plus gros foyers de dépense
Dans le détail, les aéroports régionaux génèrent 2,7 Mds € de chiffre d’affaires direct (activités liées à l’aéroport) et indirect (prestations de fournisseurs). Ils représentent près de 19 000 emplois temps plein en Occitanie, qui permettent eux-mêmes de faire vivre 47 000 personnes.

Les ratios établis par l’étude montrent que 2 100 emplois sont créés par tranche d’un million de passagers. Chaque euro public investi rapporte 51 € de PIB : 20 € dans l’ex-Midi-Pyrénées hors Toulouse (l’aéroport toulousain de reçoit pas de crédits publics) et 29 € dans l’ex-Languedoc-Roussillon.

« Nous avons commandé cette étude car la Région veut répondre aux demandes des entreprises endogènes et exogènes au territoire, qui ont besoin de liaisons rapides, explique Carole Delga, présidente du Conseil régional. Nous avons déjà travaillé au rapprochement des deux stratégies antérieures : le désenclavement du territoire du côté de l’ex-MP, avec la création d’OSP (obligation de service public, NDLR) à Rodez, Brive ou Tarbes, et le développement économique et l’emploi du côté de l’ex-LR, avec les aides aux lignes touristiques. »

Les dépenses de visiteurs s’élèvent à 1,6 Md€ (dont 274 M€ de fuite). Le reste de la France, avec 685 M€, est la provenance dépensant le plus, devant le Royaume-Uni (272 M€), la Belgique (88 M€), l’Allemagne (86 M€) et les Pays-Bas (69 M€).

Toulouse représente 871 M€ (55 % des retombées totales) dans ces dépenses, devant Montpellier à 322 M€ (20,5 %), Perpignan à 89,9 M€ (5,7 %), Carcassonne à 87,9 M€ (5,6 %) et Tarbes à 81 M€ (5,2 %). 73 % des passagers se déplacent pour raison personnelle (32 % pour les loisirs ou congés, 31 % pour des visites), tandis que 27 % le font pour des motifs professionnels (20 % pour réunions de travail, 2 % pour séminaire).

Carcassonne superstar
Le top 12 des lieux les plus visités se compose de la Cité de Carcassonne (7,2 %), le Capitole (4,4 %) et le centre-ville de Toulouse (2,5 %), la basilique de Lourdes (2,4 %), le Canal du Midi (1,8 %), le centre-ville de Montpellier (1,8 %), la cathédrale d’Albi (1,6 %), Narbonne (1,5 %), le Pont du Gard (1,4 %), la basilique Saint-Sernin (1,2 %), Béziers (1 %) et la place de la Comédie à Montpellier (1 %).

La restitution de cette étude est une étape d’un processus plus vaste suivi par la Région : les résultats mesurés seront déclinés par aéroport à la rentrée, parallèlement à la création d’un Conseil de développement aéroportuaire régional, qui associera des acteurs de la filière, et leurs partenaires, afin « d’augmenter la complémentarité entre aéroports, de limiter la concurrence, de diffuser les bonnes pratiques, de répondes aux exigences de l’Union Européenne, de peser dans les négociations avec les compagnies aériennes, et de développer des actions de communication et marketing », énumère Carole Delga.

En bout de course, la Région confirme l’adoption d’un Schéma aéroportuaire régional, censé porter la synthèse de ces actions. Il sera voté en fin d’année, en vue d’une application en 2018.

« C’est une méthode que nous avons suivie et qui a fait ses preuves pour le rail (allusion aux États généraux du rail, bouclés en 2016 – NDLR), et que nous déclinons pour l’aérien, conclut Carole Delga. Les aéroports sont indispensables au développement économique, c’est pourquoi la Région investit fortement. Il faudra le faire dans une démarche de complémentarité entre plates-formes, et non de concurrence. »

La présentation de cette étude se déroulait à l’aéroport de Perpignan-Rivesaltes (400 000 passagers en 2016), rénové en janvier et inauguré officiellement pour l’occasion. L’effort consenti par la Région se monte à 6,5 M€ investis en travaux de modernisation et de sécurisation.