SPAF

Syndicat des pilotes d’Air France

Revue de Presse du 9 avril 2018

Revue de Presse du 9 avril 2018

Grève Air France : et maintenant, deux jours de suite

Air Journal – 09/04/2018

Après cinq jours de grève depuis le mois de février, l’intersyndicale représentant tous les corps de métiers de la compagnie aérienne Air France débutent demain une série de trois arrêts de travail de 48 heures, les 10 et 11 avril, les 17 et 18 avril et les 23 et 24 avril. Sans le moindre signe d’une sortie de conflit sur leur revendication, une augmentation générale de 6% (et de 10,7% pour les pilotes).

 

Le PDG du groupe Air France-KLM et président de la compagnie nationale française l’a répété en fin de semaine dernière : « nous sommes allés au maximum de ce que nous pouvons faire » pour assurer « l’équilibre entre la reconnaissance du travail effectué et le nécessaire investissement pour affronter la concurrence ». Jean-Marc Janaillac a estimé sur RTL qu’il était impossible de « distribuer la moitié » du bénéfice opérationnel de 588 millions d’euros dégagé en 2017, alors que la masse salariale augmente déjà « de 4,5% en moyenne. Il n’y a pas beaucoup d’entreprise de cette taille soumise à une telle concurrence qui ait une telle progression. Aujourd’hui, avec la concurrence que nous avons, rajouter 6%, c’est compromettre les chances pour Air France de continuer à être la grande compagnie internationale qu’elle est ». Le PDG a rappelé que si les salaires étaient gelés depuis 2011, ce n’était pas le cas des rémunérations qui ont augmenté plus vite que l’inflation (promotions, glissement vieillissement technicité…) pour la grande majorité des salariés. Pour les autres, Air France a proposé un mécanisme d’ajustement salarial, rejeté par l’intersyndicale.

La compagnie de l’alliance SkyTeam fait désormais face à trois périodes de grève de deux jours, les mardi 10 et mercredi 11 avril, les mardi 17 et mercredi 18 avril, puis les lundi 23 et mardi 24 avril. Les prévisions de trafic pour demain seront publiées cet après-midi, la grève de samedi ayant déjà eu plus d’impact que les journées précédentes, avec 30% des vols annulés. Seuls les vols AF effectués par un avion Air France ou Joon sont concernés par ce mouvement, pas ceux de la filiale régionale HOP! ni ceux effectués en partage de codes par d’autres compagnies comme KLM ou Delta Air Lines. Les mesures commerciales habituelles sont en place, dont la possibilité de report sans frais, quel que soit le tarif. Pour les voyageurs en possession d’un billet Air France, émis jusqu’au 2 avril inclus pour un vol effectué avec un avion Air France ou Joon les 10 et 11 avril, vous pouvez reporter votre voyage jusqu’au 15 avril inclus. Si vous êtes en possession d’un billet Air France émis jusqu’au 5 avril inclus pour un vol effectué avec un avion Air France ou Joon les 17, 18, 23 ou 24 avril, vous pouvez reporter votre voyage du 15 au 30 avril 2018 inclus (AF recommande bien sûr d’éviter de reporter sur une autre date impactée par la grève). Un avoir valable un an sur les vols Air France, Joon, KLM ou HOP! sera remis si vous souhaitez reporter votre voyage au-delà du 15 avril 2018, changer de destination ou de ville de départ, ou annuler votre voyage ; cet avoir n’est pas remboursable.

 

L’intersyndicale regroupant trois syndicats de pilotes (SNPL, SPAF et Alter), deux syndicats d’hôtesses de l’air et stewards (SNPNC et UNSA-PNC), et cinq de personnel au sol (CGT​, FO, SUD, CFTC et SNGAF), représentant au total 52,6% des voix du personnel, plus l’UNAC « reste déterminée à poursuivre le combat jusqu’à obtention d’une augmentation de 6% des grilles de salaires pour l’ensemble du personnel » (et 10,7% pour les pilotes). Rappelons que les augmentations pour 2018 décidées par Air France (mais approuvée par seulement deux syndicats, la CFE-CGC et la CFDT représentant 31,3% des voix du personnel) sont de 0,6% en avril puis 0,4% en octobre, plus une enveloppe de 1,4% permettant pour les employés au sol une série de primes et promotions. L’intéressement reversé aux 44.200 employés, après les bons résultats de 2017, représente en outre quelque 130 millions d’euros.

 

 

Transavia accroît son offre de 18% en 2018

Tour Mag – 05/04/2018

Ouverture de Paris – Rabat le 12 avril

2018 risque bien d’être une année de fort développement pour Transavia. En tout cas c’est l’ambition de la compagnie.

Cette année, Transavia accueille 4 nouveaux Boeing 737-800, dont le troisième vient d’arriver. La Low-cost d’Air-France / KLM compte désormais 33 appareils.

 

Transavia opère 88 lignes aériennes, dont 12 au départ de ses 3 bases : Paris-Orly, Lyon Saint-Exupéry et Nantes-Atlantique.

 

Ce 3e Boeing 737-800 sera basé à Nantes et permettra d’augmenter de 40% l’offre nantaise pour l’été 2018.

 

La compagnie conforte aussi son positionnement à Lyon : avec une augmentation de 25 % de sièges supplémentaires, Lyon devient une base permanente pour 24 PNC.

 

Cette été, la compagnie profite de ce renforcement pour développer 4 destinations phares :

 

Elle augmente de 12% son offre au Portugal pour l’été 2018, avec la mise en place d’un 6ème vol quotidien vers Porto et un 4ème vol quotidien vers Lisbonne depuis Paris.

 

Même stratégie en Espagne, avec un 4ème vol quotidien sur la ligne Paris – Madrid et l’ouverture de sa nouvelle ligne Paris Orly – Alicante.

 

L’offre vers le Maroc est renforcée d’un tiers, et la ligne Paris Orly – Rabat sera ouverte dès le 12 avril 2018.

 

L’offre de siège est augmentée de 38% en Tunisie, avec 3 vols supplémentaires depuis Paris pour Djerba et Tunis, soit 10 vols hebdomadaires.

 

Transavia augmente ainsi son offre de 18% sur l’année 2018. Un développement qui devrait se traduire par l’embauche de 140 personnes au cours de l’année.

 

 

Level renforce déjà l’axe Paris – Antilles

Air Journal – 06/04/2018

La compagnie aérienne low cost Level lancera cet été à Paris deux nouvelles liaisons vers la Guadeloupe et la Martinique, dont les fréquences seront augmentées dès le début de la prochaine saison hivernale.

 

La filiale low cost long-courrier espagnole du groupe IAG a ouvert à la vente son programme de vols pour l’hiver 2018-2019, ajoutant trois rotations hebdomadaires à ses deux nouvelles lignes vers les Antilles. A partir du 3 juillet, Level proposera quatre vols par semaine entre sa future base à Paris-Orly et l’aéroport de Pointe à Pitre-Pôle Caraïbes, opérés en Airbus A330-200 configuré pour accueillir 21 passagers en classe Premium et 293 en Economie. Les départs sont programmés mardi, mercredi, vendredi et dimanche à 16h10 (arrivée à 19h10), les vols retour quittant la Guadeloupe à 21h10 (arrivée le lendemain à 11h20). Une cinquième fréquence, le lundi, sera ajoutée dès le 5 novembre pour une hausse de capacité en sièges de 25%. Level sera en concurrence sur cet axe avec Air France, Air Caraïbes, XL Airways France (à CDG) et Corsair International (à Orly).

 

Le 3 septembre, la low cost lancera trois vols par semaine vers Fort de France-Aimé Césaire, les départs d’Orly étant programmés lundi, jeudi et samedi à 15h00 (arrivée à 18h05) avec retour de Martinique à 20h10 (arrivée le lendemain à 10h30), face à la même concurrence que vers la Guadeloupe. A partir du 4 novembre, deux vols supplémentaires seront ajoutés à cette ligne, qui sera alors opérée tous les jours sauf lundi et mercredi pour une augmentation de plus de 60% du nombre de sièges.

 

L’aéroport d’Orly, déjà une base pour Vueling, l’autre filiale espagnole spécialisée dans le vol pas cher d’IAG, accueillera deux A330-200 neufs de Level cet été. Rappelons que sa première route, vers Montréal, sera inaugurée le 2 juillet (avec trois rotations hebdomadaires qui prendront fin le 4 novembre), tandis que celle vers Newark verra le jour le 4 septembre (quatre vols par semaine). Les réservations sont désormais possibles jusqu’au 31 mars 2019, avec des prix à partir de 99 euros vers les Antilles et de 129 euros vers l’Amérique du nord.

 

Level rappelle dans son communiqué qu’elle donne à ses clients les moyens de personnaliser leur voyage. Une gamme de tarifs très attractifs et des options simples, pour leur permettre de voyager comme ils le souhaitent, en fonction de leur budget. Les passagers en classe Premium bénéficient gratuitement d’un bagage enregistré en soute (en plus d’un bagage cabine), de repas, du choix gratuit du siège et d’une sélection des plus récents films, sur un écran individuel haute définition de 12 pouces. Du repas à bord au nombre de bagages en soute en passant par le choix du siège, les passagers de la classe Economie pourront personnaliser leur voyage – et ainsi maitriser le coût de leur billet – en profitant d’une large gamme d’options. D’autre part, les vols permettront de se connecter au Wi-Fi très haut-débit dès 8,99€.

 

Level a débuté ses opérations en juin 2017 depuis Barcelone, d’où elle opère actuellement deux A330-200 vers Los Angeles, Oakland et Boston aux Etats-Unis, et Buenos Aires en Argentine ; un troisième A330-200 viendra rejoindre cette flotte dans le courant de l’été. Elle est la cinquième compagnie aérienne du groupe IAG, aux côtés d’Aer Lingus, British Airways, Iberia et donc Vueling. En novembre dernier, le CEO du groupe Willie Walsh soulignait que comme à Barcelone, l’aéroport d’Orly est une base de Vueling, « ce qui permettra aux passagers du reste de l’Europe de prendre des correspondances sur les vols de Level ». Il rappelait alors que la nouvelle venue « profitera de l’expérience et de la connaissance locale des équipes d’Openskies », dont le dernier vol vers Newark est programmé le 2 septembre. Rappelons que les vols sur Level permettent aux passagers d’accumuler ou utiliser des points Avios, le programme de fidélité d’IAG.

 

 

La renaissance d’Orly

Les Echos – 06/04/2018

Hier menacée, la plate-forme aéroportuaire d’Orly a droit à sa revanche. Grâce à un nouveau hall gigantesque, partiellement mis en service le 11 avril, elle ne formera plus qu’un vaste terminal, d’un seul tenant.

C’est un peu comme si l’on avait discrètement greffé, sans remous particuliers, l’équivalent du défunt terminal de Notre-Dame-des-Landes entre les aérogares existantes d’Orly-Sud et d’Orly-Ouest. La semaine prochaine, le patron du groupe ADP, Augustin de Romanet, viendra procéder à la mise en service partielle du nouveau « bâtiment de jonction » de l’aéroport du sud parisien, destiné à offrir plus de fluidité, de confort et 5.000 mètres carrés de boutiques supplémentaires  aux familiers de la plate-forme chère à Gilbert Bécaud .

 

Deux nouvelles passerelles pour commencer et une première salle d’embarquement encore modeste, mais qui préfigurent l’envol de la future aérogare de 250 mètres de long et de 80.000 mètres carrés, vouée à augmenter de façon significative (+37 %) les capacités d’accueil du deuxième aéroport français, derrière Roissy. Déjà bien avancé, le nouvel ouvrage vitré, d’un coût de 385 millions d’euros (réalisé par deux filiales de Vinci, candidat à la probable privatisation d’ADP) sera inauguré « en vrai » dans un an. Son originalité sera de relier d’un seul trait tout Orly, éliminant ainsi l’espace vide entre le terminal Sud, inauguré en 1961 par le général de Gaulle, et son homologue Ouest, lancé dix ans plus tard. Avec cette unité retrouvée, la traditionnelle appellation a donc vécu, et devrait céder la place à une dénomination telle que « halls 1, 2, 3 et 4».

 

32 millions de passagers

De quoi permettre à la plate-forme de poursuivre sa croissance, plus discrète qu’à Roissy mais bien réelle. Après un point bas en termes de trafic en 2003, marqué par l’après-11 septembre, la disparition d’Air Lib, et la concurrence du nouveau TGV Med, l’activité s’est bien redressée depuis, pour passer de 22,5 millions de passagers annuels à 32 millions l’an dernier… malgré un nombre de vols plafonné par arrêté ministériel depuis deux décennies et demie. L’essor des acteurs low-cost (Transavia, easyJet et Vueling) a nourri ce redécollage.

 

Le coup de jeune ne s’arrête pas là. Juste au pied du prochain terminal intercalaire, se déroulent les travaux de  la future gare du Grand Paris Express , qui devrait relier Orly à la capitale en 2024 par la ligne 14, puis loger plus tard la ligne 18 francilienne. Un peu plus loin, l’ensemble Coeur d’Orly sort progressivement de terre.  Ce programme immobilier comptera 70.000 mètres carrés de bureaux, un centre commercial et des hôtels.

 

Proximité de Paris

Un sérieux coup de fouet pour une plate-forme sur laquelle ADP a longtemps investi chichement, en dépit du côté vieillot de certaines installations, créées au temps des Caravelle et des Boeing 707.

 

Car Orly revient de loin, malgré son atout majeur : les 12 petits kilomètres qui le séparent de Paris. Coincé entre deux communes du Val-de-Marne et cinq de l’Essonne, certains élus ont posé la question de sa fermeture, plaçant les décibels au-dessus des retombées fiscales et de ses 30.000 emplois directs.

 

Dès le milieu des années 1990, une mission ad hoc défriche le sujet d’une « grande plate-forme du bassin parisien » à une centaine de kilomètres de la capitale, optant pour Beauvilliers, en pleine Beauce. Projet finalement abandonné en 2002 par les pouvoirs publics, le gouvernement Jospin ayant relancé le dossier Notre-Dame-des-Landes. A la même période, un autre rapport remis au gouvernement préconise la création de trois hubs régionaux, à Clermont-Ferrand pour les vols domestiques, Lyon pour l’Europe et le Maghreb, et Bordeaux pour l’Espagne et l’Amérique latine ! Le tout en optimisant les lignes de TGV… pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

 

Projets de déménagement

Mais c’est surtout dans la foulée du Grenelle de l’environnement que les esprits ont cogité. Sous la férule de Didier Gonzales, alors député-maire UMP de Villeneuve-le-Roi, une soixantaine de parlementaires se prononcent pour la fermeture du site, enserré dans le tissu urbain. Et les idées fusent. Certains penchent pour un déménagement d’Orly à 80 kilomètres, pour créer sur ses 1.500 hectares libérés une ville nouvelle. « Option chère et risquée », jugera en 2012 une commission sur l’avenir d’Orly, instaurée par le gouvernement Fillon. Plus ubuesque encore, l’idée de « l’aéroport déporté » : le projet consistait à maintenir les terminaux à Orly pour les formalités d’enregistrement, puis transférer les passagers, par des navettes ultrarapides, vers les pistes de décollage à déplacer à 50 kilomètres de là ! Autant dire qu’aucun pays ne s’est lancé dans une telle chimère.

 

C’est donc après de réelles turbulences que l’horizon d’Orly a fini par s’éclaircir, et qu’ADP a obtenu de sa tutelle publique le feu vert pour investir. Pour autant, l’inauguration du terminal de jonction ne manquera pas de relancer le débat sur la sous-utilisation de la plate-forme. A ce stade, pas question de toucher aux dispositions réglementaires protégeant les riverains : le couvre-feu nocturne en vigueur depuis 1968 et, surtout, le plafond de 250.000 créneaux annuels d’atterrissage ou de décollage, que Bernard Bosson avait signé dès 1994 (sur pression d’Air France, qui voulait tout miser sur son hub de Roissy, commente un spécialiste du secteur). Mais, si ADP est bientôt privatisé, la question de la rentabilité de ses nouvelles surfaces commerciales sera encore plus pressante. Or, techniquement, la capacité d’Orly est plutôt de 350.000 à 400.000 vols annuels, soit 68 mouvements par heure, avancent des experts.

 

33 compagnies présentes

En attendant que le débat progresse, les 33 compagnies présentes auront toute latitude pour augmenter la taille de leurs avions, puisque le corset des 250.000 vols ne tient pas compte – contrairement à Roissy – de l’enveloppe sonore globale. Rien que l’an dernier, l’emport moyen était déjà de 140 passagers par vol, en hausse de 7 points. Cependant, pour un gouvernement qui a enterré le projet Notre-Dame-des-Landes en confinant la croissance de trafic à venir dans l’actuel aéroport de Nantes-Atlantique, faire sauter un tel couvercle dans la région capitale relèverait d’une témérité inouïe.

 

 

Entre défis sécuritaires et croissance… Le retour de l’Air Françafrique ?

Tour Mag – 08/04/2018

comment la Cie tricolore poursuit son rêve africain

En proposant 51 destinations, dont plusieurs nouveautés, et en signant des partenariats avec des compagnies africaines, Air France-KLM muscle en 2018 sa présence sur le continent africain. En faisant coïncider, bien souvent, ses programmes de vols avec les activités des entreprises françaises sur place, comme à Nairobi, où elle vient de rouvrir une ligne après 18 ans d’absence.

 

L’Afrique est-elle toujours, malgré des décennies de présence, une terre d’opportunité pour Air France ?

 

Cette année, les compagnies du groupe Air France-KLM proposeront 489 vols hebdomadaires entre l’Europe et l’Afrique, sur 51 destinations : 34 desservies par Air France, 15 par Transavia, 13 par KLM et… 2 seront opérées par Joon (dont la toute récente liaison entre Paris et Le Cap que la jeune compagnie française a repris à sa grande sœur).

 

Une stratégie qui place plus que jamais l’Afrique, où L’Association internationale du transport aérien (IATA) prévoit une nouvelle hausse de 8% du trafic aérien et des capacités en 2018, au cœur du développement d’Air France-KLM, alors même que le groupe est leader sur les liaisons entre les deux continents.

 

Actuellement, la ligne la plus fréquentée serait le Paris-Johannesbourg opéré quotidiennement sur un Airbus A380. Les lignes les plus rentables elles, se situeraient plutôt vers Dakar et Abidjan.

 

Les affaires avant tout

C’est un vrai retour à l’offensive dans une région toujours aussi prometteuse », glisse Frank Legré, DG Afrique chez Air France, refusant toutefois de donner des chiffres précis.

 

« Sur nos lignes africaines, nous devons faire preuve d’une grande flexibilité, en prenant en compte les enjeux géo-politique, les questions de sécurité et le développement de l’économie ».

 

Car plus que les trafics tourismes et afinitaires, c’est avant tout sur le segment business qu’Air France base sa stratégie de développement africaine.

 

La compagnie met par exemple en place deux programmes de fidélité bien spécifique : Flying Blue Club Africa, qui veut faciliter les échanges entre entrepreneurs français, et Flying Blue Petroleum, réservé aux professionnels du pétrole et du gaz. Ce dernier programme compterait actuellement près de 85 000 adhérents.

 

En effet, parmi les plus gros clients de la compagnie tricolore sur le continent, on retrouverait, en tête, Total. Ensuite figureraient les institutions gouvernementales françaises établies en Afrique, puis les PME. Viendraient derrière les LVMH, Alcatel et autre Bolloré.

 

Retour vers Nairobi

L’un des meilleurs exemples est le retour, depuis le 25 mars, de la compagnie nationale tricolore vers Nairobi (Kenya), une route sur laquelle elle brillait par son absence depuis 18 ans.

 

« C’est un très bon moyen d’accompagner le développement du business français au Kenya », estime Sebastian Mikosz, à la tête de Kenya Airways, une compagnie membre aussi de l’alliance Skyteam, et qui relie déjà Paris et Nairobi 7 fois par semaine.

 

« Les liens économiques entre les deux pays sont de plus en plus importants, et c’est normal qu’Air France les accompagne », ajoute Frank Legré. D’après les données transmises par l’ambassade de France, environ 80 entreprises françaises sont maintenant établies à Nairobi. Elles n’étaient qu’une vingtaine au début des années 2010. « Grâce à la coopération entre Kenya Airways et Air France, nous aimerions relier Paris à Nairobi à raison de deux fois par jours d’ici 2 ans », veut aussi croire Frank Legré.

 

Un nouveau partenariat de joint-venture a aussi été signé avec la compagnie kenyane, permettant au groupe Air France-KLM d’enrichir de 26 destinations son réseau de vols entre l’Europe et l’Afrique avec des nouvelles dessertes comme Ndola (Zambie), Nampula (Mozambique), Kilimanjaro (Tanzanie), Juba (Soudan du Sud) ou Bujumbura (Burundi). « Nous nous félicitons qu’Air France se joigne à nous. La ligne entre Paris et Nairobi fonctionne très bien ces dernières années avec des taux de remplissage de l’ordre de 85% », se réjouit Vincent Coste, directeur commercial de Kenya Airways, qui a par ailleurs effectué la majorité de sa carrière chez Air France.

 

Un nouveau partenariat stratégique qui vient renforcer ceux déjà existant avec Air Côte d’Ivoire, dont Air France détient 11%, et avec la compagnie sudafricaine Kulula. De quoi se sentir roi de l’Afrique encore quelques années.

 

 

Volotea s’installe à Lyon-Saint Exupéry

Air Journal – 07/04/2018

La compagnie espagnole Volotea se pose pour la première fois sur le tarmac lyonnais avec l’inauguration de sa nouvelle ligne Lyon–Palerme. Lyon-Saint-Exupéry devient ainsi le 20e aéroport desservi par la compagnie en France.

 

En 2018, la spécialiste des liaisons régionales européennes proposera quatre nouvelles destinations au départ de Lyon : Palerme, Palma de Majorque, Alicante et Cagliari. Ces deux dernières étant desservies uniquement par Volotea au départ de Lyon-Saint-Exupéry. Avec quatre destinations au total pour 2018, plus de 340 vols et 47 000 sièges disponibles, Volotea ambitionne de devenir un opérateur de poids au départ de Lyon-Saint-Exupéry. La compagnie est désormais prête à accueillir les habitants de la région lyonnaise sur son réseau européen pour leur proposer de voler vers de nouvelles destinations.

 

Les quatres nouvelles lignes au départ de Lyon :

– Palerme, avec 2 vols par semaine (mardi et vendredi), soit plus de 17 000 sièges

– Palma de Majorque, à partir du 7 avril, avec 1 vol par semaine (samedi) soit plus de 7 600 sièges

– Alicante, à partir du 8 avril, avec 2 vols par semaine (mardi/mercredi et dimanche), soit plus de 16 000 sièges

– Cagliari, à partir du 31 mai, avec 1 vol par semaine (jeudi), soit plus de 5 700 sièges

 

« La région lyonnaise offre de bonnes perspectives de croissance, nous sommes donc confiants sur le développement de Volotea sur ce nouvel aéroport. Lancée en 2012, Volotea était déjà présente dans 19 aéroports en France. Lyon-Saint Exupéry est un aéroport incontournable, une nouvelle ville que nous sommes fiers de desservir en proposant des destinations affaires et loisirs. L’opportunité pour Volotea d’offrir la possibilité aux lyonnais de bénéficier des avantages de notre compagnie, à savoir des vols directs à des tarifs attractifs », déclare Pierfrancesco Carino, directeur des ventes de Volotea.

 

En 2018, Volotea a atteint les 15 millions de passagers transportés depuis son premier vol en 2012 et plus de 4,8 millions en 2017. Elle a ouvert 58 nouvelles routes pour desservir un total de 293 routes, connectant 78 capitales régionales européennes à travers 13 pays : France, Italie, Espagne, Allemagne, Grèce, Croatie, République Tchèque, Albanie, Portugal, Malte, Autriche, Irlande et Luxembourg. Elle s’attend à transporter entre 5,7 et 6 millions de passagers en 2018.

 

Volotea opère sur son réseau une flotte de 32 avions, composée de Boeing 717 et d’Airbus A319. Les deux modèles sont reconnus pour leur confort et leur fiabilité, et disposent de sièges 5% plus grands que la moyenne. L’Airbus A319 est le modèle privilégié par la compagnie pour sa croissance à venir, le modèle permettra à la compagnie d’augmenter sa capacité de transport de 20% en passant de 125 à 150 sièges, et de transporter des passagers sur de plus longues distances.

 

La compagnie régionale espagnole dispose actuellement de neuf bases : Venise, Nantes, Bordeaux, Palerme, Strasbourg, Asturies, Vérone, Toulouse et Gênes, dans lesquelles elle est leader sur le nombre de destinations (sauf à Toulouse). De nouvelles bases à Athènes, Bilbao et Marseille ont été annoncées et vont être lancées tout au long de l’année. Elle emploie à ce jour 875 personnes et créera également 250 nouveaux emplois en 2018 pour capitaliser sur la croissance de son activité.

 

 

Avant – 1ère : EasyJet ouvre Orly – Berlin

Déplacements Pros – 08/04/2018

EasyJet décolle ce lundi matin de Paris-Orly vers Berlin-Tegel. Cette nouvelle ligne vient compléter les 3 lignes vers Berlin Tegel depuis la France déjà annoncées en janvier 2018, à savoir : Biarritz, Montpellier et Nice.

Grâce au rachat partiel d’Air Berlin, easyJet continue de renforcer ses connexions sur Berlin-Tegel et ouvre une nouvelle ligne Paris Orly-Belin Tegel. Les voyageurs d’affaires auront ainsi la possibilité de décoller du terminal Ouest de Paris-Orly pour rejoindre Berlin Tegel, tous deux respectivement aéroports de proximité de la capitale française et allemande. En effet, ce dernier est situé à 8 kilomètres seulement au nord-ouest du centre de Berlin contre 18 km pour l’aéroport de Schönefeld.

 

En plus des 34 200 sièges mis en vente pour la saison été depuis Biarritz, Montpellier et Nice vers Berlin Tegel en Janvier dernier, la compagnie orange proposera 173 000 sièges entre Paris Orly et Berlin Tegel pour la saison été, à partir de 42 euros l’aller simple.

 

Le premier A320 a décollé ce matin de Paris Orly à 6h55, au complet avec 186 passagers à son bord, leur permettant de rejoindre la capitale allemande à 08h45, prêts pour une journée de travail. La plupart d’entre eux prévoient un retour sur le vol de 20h35 (arrivée à 22h30 à Paris), ou 16h10 (arrivée à 18h05).

 

3 vols sont programmés chaque jour de semaine (soit 20 fréquences hebdomadaires), permettant aux voyageurs d’affaires de profiter d’un aller-retour dans la journée, avec des vols à la fois matinaux, dans l’après-midi et tard le soir.

 

 

Ryanair reconnait un syndicat PNC néerlandais

Déplacements Pros – 06/04/2018

Alors que le personnel de cabine de Ryanair est en grève depuis 3 jours, provoquant retards et annulation, la compagnie fait un geste côté néerlandais en invitant le syndicat FNV Luchtvaart à la table des négociations sur les conditions d’emploi du personnel de cabine à Eindhoven.

Le syndicat, auquel adhère 60% des PNC néerlandais de la compagnie, demandait depuis novembre 2015 à Ryanair d’être reconnu comme un représentant syndical légitime. « Il y aura de fortes négociations et des pressions de la part de nos membres pour parvenir à des accords sur des conditions de travail décentes. Ryanair et son agence de placement Crewlink utilisent des conditions d’emploi abominables », a expliqué son représentant dit Asmae Hajjari.

 

Les syndicats du personnel navigant en Espagne, en Italie, en Belgique, au Portugal, en Allemagne et en Grande-Bretagne ont également présenté à Ryanair une demande de reconnaissance, en collaboration et avec le soutien de la Fédération européenne des transports (ETF) et de la Fédération internationale des transports (ITF).

 

 

Aéroport de Bordeaux : 19 nouvelles lignes et 7 destinations inédites

Sud Ouest – 06/04/2018

A quelques heures des vacances de printemps pour les Bordelais, l’aéroport de Mérignac vient de dévoiler son nouveau programme. Au total, 126 lignes aériennes sont proposées en vol direct vers 96 destinations, dont 19 nouvelles lignes et 7 destinations inédites

Depuis l’ouverture de son terminal low cost en 2010, l’aéroport de Bordeaux est en forte croissance et développe considérablement son offre à l’international.

 

Ainsi, en 2017, plus de 3 millions de passagers ont voyagé sur des lignes internationales au départ de Bordeaux. Et, cet été, 80% des nouvelles lignes sont internationales. Sur les 96 destinations régulières, 75% se situent hors du territoire national.

 

Meilleure connexion avec les hubs internationaux

Désormais, l’aéroport est connecté à 13 hubs intercontinentaux. Cette année, par exemple, le groupe Lufthansa renforce encore sa présence à Bordeaux et donne accès à une centaine de connexions. Le hub de Francfort passe en quotidien toute la semaine. Zurich, le second hub du groupe, est également desservi en quotidien (12 vols hebdomadaires) avec l’arrivée de la compagnie Swiss. Et, Brussels Airlines, autre entité du groupe augmente de 25% sa capacité vers le hub de Bruxelles avec une 6e fréquence hebdomadaire.

 

De son côté, Air Transat ajoute une 3e fréquence vers Montréal et propose des connexions courtes vers Québec, Toronto et Vancouver. Aer Lingus, quant à elle, facilite l’accès vers les États-Unis via Dublin en proposant des connexions rapides vers 10 villes d’Amérique du Nord : New-York, Chicago, Hartford, Boston, Philadelphie, Washington, Los Angeles, San Francisco et Miami. Atout non négligeable, la compagnie propose de passer l’immigration américaine dès Dublin lors de son transit.

 

Par ailleurs, Air France se déploie vers l’Allemagne avec ses premières fréquences l’été pour Düsseldorf avec 3 vols hebdomadaires.

 

L’envolée du low cost

Mais, c’est surtout le trafic low cost, qui « booste » le trafic de l’aéroport de Bordeaux ces dernières années. 13 des nouvelles destinations sont opérées par ces compagnies, soit près de 70% des nouveaux vols de la saison été 2018. Au total, 12 compagnies et 78 destinations low cost sont proposées au départ de Bordeaux.

 

Au départ de Bordeaux, easyJet propose notamment 2,4 millions de sièges en 2018 et ouvre cet été 9 nouvelles destinations : Bastia, Catane, Faro, Héraklion, Luxembourg, Ibiza, Londres Southend, Rhodes et Tel Aviv.

 

Autre compagnie en plein essor, Volotea, qui a fêté les 5 ans de sa base de Bordeaux fin février, opère désormais 29 destinations et lance 3 nouvelles lignes cet été : Funchal (Portugal), Minorque (Espagne) et Cagliari (Sardaigne).

 

Quant à Wizz Air, la plus grande compagnie low cost d’Europe Centrale et d’Europe de l’Est, après seulement une année d’exploitation à Bordeaux de la desserte de Budapest, elle continue son implantation avec l’ouverture de la ligne vers Varsovie, tous les mercredis et dimanche.

 

2 nouvelles compagnies sur le tarmac bordelais

Les deux nouvelles compagnies sont Swiss, compagnie de Lufthansa Group, qui dessert Zurich en bombardier CS100 et Air Baltic, principale compagnie aérienne des pays baltes, qui desservira à partir du 3 juin, Riga, la capitale de la Lettonie, tous les jeudis et dimanche. Cette compagnie s’est illustrée parmi les plus ponctuelles au monde en 2017. Elle permettra de nombreuses correspondances vers les pays baltes, la Scandinavie et la Russie.

 

En complément des 126 lignes régulières, dont 78 destinations low cost, le programme estival est donc étoffé par 17 dessertes opérées en vols charters.

 

 

EasyJet en mars : le trafic en hausse de 3,4%

Air Journal – 06/04/2018

La compagnie aérienne low cost easyJet a vu son trafic passager progresser de 3,4% en mars par rapport au même mois l’année dernière.

Avec 6.549.703 billets d’avions vendus, le trafic de la spécialiste britannique du vol pas cher progresse de 3,4% en mars 2018. EasyJet affiche parallèlement un coefficient d’occupation en hausse de 0,7 point de pourcentage pour atteindre 93,4% (92,7% en mars 2017).

 

Sur les douze derniers mois en trafic glissant, easyJet a accueilli 82,477 millions de passagers, un résultat en augmentation de 8,6% par rapport aux 75,933 millions affichés pendant la période précédente. Le coefficient d’occupation moyen est à 93,3%, en hausse de 1,5 point de pourcentage.

 

EasyJet souligne qu’elle a subi 1274 annulations de vol le mois dernier, « soit 3% de la capacité prévue » et à comparer aux 575 vols supprimés en mars 2017 ; plus d’un millier de ces vols ont été annulés à cause des mauvaises conditions météo, et 200 autres en raison des grèves en France et en Italie.

 

Comme les mois précédant, la low cost souligne dans son communiqué que ces statistiques n’incluent pas les opérations dans sa nouvelle base à Berlin-Tegel ; les chiffres ci-dessus sont « en ligne avec les attentes », les détails devant être révélés le mois prochain lors de la présentation des résultats du premier trimestre.

 

 

Lastminute.com condamnée pour « parasitisme » du site de Ryanair

Zone Bourse / AFP – 05/04/2018

Le tribunal de commerce de Paris a ordonné à l’agence de voyage en ligne Lastminute.com de cesser la vente de vols de la compagnie Ryanair considérant qu’il s’agissait de « parasitisme » en l’absence d’accord avec le transporteur irlandais.

 

« En utilisant la base de données de Ryanair », Lastminute.com et la Sas Lmnext FR, qui fait partie du groupe Lastminute et a repris l’exploitation du site, « ont commis un acte de parasitisme », a estimé le tribunal dans son jugement prononcé le 20 mars et dont l’AFP a obtenu une copie.

 

Les deux sociétés avaient saisi la justice pour contester les restrictions introduites par Ryanair dans l’utilisation de son site.

 

Ces restrictions visaient en particulier à interdire l’achat par les agences de voyage de billets sur son site. Lastminute accusait Ryanair de « pratique commerciale trompeuse » et d’enfreindre le code du tourisme en proposant des services touristiques accessoires.

 

Le tribunal a jugé que les deux sociétés avaient tiré « profit des investissements et du savoir-faire de Ryanair en récupérant les éléments de sa base de données sans son autorisation » et « commis un acte de parasitisme ».

 

Il a ordonné la cessation immédiate de l’utilisation de cette base et assorti cette interdiction d’une astreinte de 1.000 euros par jour. Les deux sociétés devront en outre verser 50.000 euros de dommages et intérêts à Ryanair.

 

Le tribunal a en outre débouté les sociétés requérantes de leurs demandes d’avoir le droit de vendre des billets d’avion émis par Ryanair estimant que la compagnie avait « la liberté de choisir son mode de distribution et donc de se réserver la commercialisation exclusive de ses produits ».

 

« Nous nous réjouissons de cette décision du tribunal de commerce de Paris soutenant le droit Ryanair à déterminer son propre modèle de distribution, ce qui est garanti par la liberté du commerce et de l’industrie en France », a indiqué Ryanair dans un communiqué.

 

La société Lastminute, qui dispose d’un mois pour faire appel, n’a pas pu être contactée dans l’immédiat.

 

 

Affaire Ryanair : Lastminute fait appel

L’Echo touristique – 06/04/2018

L’agence de voyages en ligne a décidé de se défendre, espérant renverser la décision du tribunal de commerce de Paris.

Lastminute ne prend pas du tout pour argent comptant la décision du tribunal de commerce de Paris du 20 mars 2018, qui lui demande de cesser la vente de vols de la compagnie Ryanair.

 

Pour LMnext FR, l’entité juridique de Lastminute.com, le Code du tourisme français (notamment les articles L. 211-1 et L. 211-18) précise que la seule restriction légale à la distribution en ligne de billets d’avion est l’obligation d’être enregistré et immatriculé au registre des agents de voyages. C’est également la position de la Cour de cassation française dans des affaires similaires, est-il ajouté.

 

Répondant à ces conditions légales, LMnext FR « travaille d’ores et déjà à faire appel de cette décision en première instance », indique un communiqué. L’entreprise se dit d’ailleurs confiante quant à l’issue positive future de cette affaire en deuxième instance. Entre-temps, l’exécution de cette décision sera suspendue. Autrement dit, l’OTA pourra alors à nouveau vendre la low cost, jusqu’à la nouvelle décision.

 

« lmgroup a déjà gagné contre Ryanair dans trois autres procédures en Europe où les tribunaux ont déclaré que la conduite de lmgroup est légitime », commente Marco Corradino, DG de lastminute.com.

 

 

François Bacchetta, Easyjet : « 35% de nos clients sont des voyageurs d’affaires »

Déplacements Pros – 08/04/2018

Alors que, pour beaucoup d’observateurs, les low cost s’embourgeoisent… EasyJet cherche en permanence à peaufiner son offre pour la rendre attractive. Commandes d’avions, modifications de la gamme tarifaire mais aussi partenariats pour le long courrier, de nombreux projets sont en cours.

 

« Le plus difficile, pour toutes les compagnies, c’est de tenir tous les jours la promesse qui est faite aux voyageurs », déclarait l’ancienne patronne de la compagnie lors du 20ème anniversaire d’easyJet. Pour François Bacchetta, le Directeur Général de la compagnie en France, les promesses tenues constituent un objectif permanent que ce soit pour ouvrir des lignes, assurer la ponctualité ou faciliter le développement de la clientèle business à bord.

 

Pour tous les spécialistes de l’aérien, cet HEC rompu à la négociation – que ce soit avec les aéroports ou les entreprises – a permis à la low cost d’être la seconde compagnie en France. Après 10 années de travail au sein du transporteur orange, François Bachetta constate que la compagnie orange a su conquérir des voyageurs d’affaires, et pas seulement par ses prix.

 

DeplacementsPros.com : Quel est le bilan de 2017pour Easyjet ?

François Bacchetta : En termes de chiffres, nous avons augmenté notre capacité de 4% avec l’arrivée de 3 nouveaux appareils. Nous restons la première ou la seconde compagnie aérienne présente sur un grand nombre d’aéroports comme Nice ou Toulouse.

 

Nous avons transporté 19 millions de passagers en 2017 et la France reste le second pays pour la compagnie. 1 passager sur 4 arrive ou quitte la France dans un avion orange.

 

A Paris, nous captons 11% du marché sur Orly et Roissy, ce qui nous donne encore une belle marge de progression.

 

DéplacementsPros : Que représente la clientèle business pour Easyjet ?

François Bacchetta : Elle représente aujourd’hui 35% pour Easyjet qui a été l’une des premières à proposer une offre qui prenait en compte les besoins de notre clientèle affaires. Au-delà de l’offre tarifaire flexible, donc adaptée aux changements d’horaires que l’on peut rencontrer lors d’un déplacement professionnel, nous avons veillé à proposer une forte densité de vols sur les liaisons fréquentées par les voyageurs d’affaires.

 

L’exemple le plus visible en France, c’est Nice ou Toulouse avec des offres qui permettent un voyage dans la journée. Mais au-delà nous sommes présents sur les GDS et donc intégrés à la plupart des SBT ce qui simplifie la réservation. Notre programme Easyjet Plus donne accès, entre autres, à un embarquement prioritaire, à un coupe-fil au contrôle de sécurité dans plus de 35 grands aéroports ou la possibilité d’emporter un second bagage en cabine. des services indispensables aux déplacements professionnels.

 

DéplacementsPros : Vous avez fait des annonces autour des salons business dans les aéroports. Où en êtes-vous ?

François Bacchetta : Nous avons étudié l’intérêt pour nos clients de disposer de ce service mais nous nous sommes aperçus que ce n’était pas leur première demande. Pour l’instant, nous avons abandonné cette idée mais nous regardons les services qui pourraient être utiles aux déplacements professionnels. Vous savez, la première demande, c’est l’efficacité que ce soit à l’embarquement, à bord, ou à l’arrivée dans l’aéroport.

 

Au-delà, les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2018, nous aurons 257 routes au départ comme à l’arrivée sur la France et 28 d’entre elles qui seront nouvelles. Nous ouvrons des lignes qui sont souvent celles demandées par les voyageurs d’affaires.

 

DeplacementsPros.com : N’y a-t-il pas trop d’offres au départ de la France ?

François Bacchetta : Au contraire, nous sommes en sous-capacité. Le nombre de destinations desservies reste faible et la demande pour des lignes à fort potentiel est grandissante. Nous allons accélérer notre présence avec l’ouverture de nouvelles lignes, comme Paris Orly – Berlin Tegel. Au final, nous offrons 1 200 000 sièges supplémentaires en 2018 ce qui est significatif de la demande des voyageurs.

 

Il ne faut pas confondre densification du réseau et ouverture de nouvelles lignes. A l’évidence, nous augmenterons aussi le nombre de liaisons entre certaines villes européennes et la France. Et les fréquences, c’est ce qu’apprécient les voyageurs d’affaires.

 

Mais comme toujours, nous irons au-delà des 3 heures de train pour ne pas entrer en concurrence avec le ferroviaire. La seule exception à cette règle, c’est Londres et Genève vers Paris. L’Eurostar est cher et l’accessibilité londonienne est très demandée, nous avons donc de la place. Par ailleurs le Lyria n’est pas vraiment en concurrence avec l’avion entre Genève et Paris.

 

DeplacementsPros.com : Vous venez d’ouvrir une base à Bordeaux, pourquoi ce choix ?

François Bacchetta : C’est une capitale économique qui draine une forte activité économique régionale. Notre place naturelle dans le Sud-Ouest de la France ne pouvait négliger une ville qui est très largement ouverte sur l’Europe. Nous allons créer 110 emplois et proposer 21% de trafic supplémentaires, soit 400 000 sièges.

 

Nous avons travaillé à une offre de destinations la plus complète avec, par exemple, un vol vers Tel Aviv en Israël ou Berlin. Autant de villes d’affaires pour notre clientèle business.

 

DeplacementsPros : Bordeaux est un bon exemple pour évoquer la grève actuelle d’Air France. Vous en profitez ?

François Bacchetta : De façon très ponctuelle bien sûr, même si je dois dire que nous ne volons pas de Bordeaux vers Paris mais vers Lille, Lyon, Marseille, Nice ou la Corse.

 

En fait, nous servons de solution de remplacement en offrant des vols complémentaires principalement sur l’Europe. Bien évidemment, nous cherchons à démontrer à ces clients la qualité de notre offre et nos prix sont, à cette occasion, le premier argument.

 

DeplacementsPros.com : Votre grand projet, c’est « Worldwide by Easyjet ». Est-ce l’ouverture annoncée vers le long courrier ?

François Bacchetta : C’est une réponse aux demandes de nos voyageurs qui voulaient aller au-delà de nos destinations courts et moyen-courriers. En France, nous avons des accords avec La Compagnie et Corsair qui permettront une réservation de correspondance en même temps que l’achat du billet Easyjet avec des connexions à Paris Orly. C’est une formule que nous avons développée sur Londres avec Gatwick Connect et qui marche très bien, permettant aux voyageurs d’affaires de connecter rapidement pour rebondir à l’international avec des vols « sécurisés ». Les équipes suivent les voyageurs en correspondance et en cas de retard par exemple, sécurise leur vol ou leur trouve un hébergement.

 

Nous comptons développer le principe avec un Orly Connect voir un Roissy Connect mais cela demande des accords avec les aéroports car il ne s’agit pas de code share mais d’un accord de distribution et de transport. Je ne sais pas encore aujourd’hui comment vont se gérer les bagages mais nous travaillons activement à la mise en place de cette offre. On peut imaginer que d’autres compagnies rejoindront ce programme qui, au final, bénéficie aux voyageurs.

 

DeplacementsPros.com : Quels sont les projets sur lesquels vous planchez pour 2018 ?

François Bacchetta : Nous regardons comment améliorer notre offre. Notre première étape est en test en Suisse avec un service de streaming à bord qui permet de regarder un divertissement ou de lire la presse. C’est sans doute une offre que nous pourrions proposer dès 2019 si les tests sont positifs.

 

Nous regardons également comment améliorer notre service de fast track dans les aéroports qui ne le proposent pas. C’est le cas à Bordeaux. Enfin, un gros travail se fait sur le digital dans le cadre du projet FCP (Futur Commercial Plateform).

 

Mais si je devais résumer ce que nous faisons, je dirais simplement que nous nous attachons à tenir les engagements pris avec nos voyageurs. C’est une mission que l’on doit réussir tous les jours, tout le temps. C’est même notre premier objectif.

 

 

HNA Group veut se délester de ses actions Hilton

Déplacements Pros – 05/04/2018

Fortement endetté, le group chinois HNA cherche à redresser sa situation financière en vendant certains de ses actifs. Les 26,1% détenus dans le groupe Hilton font partie des cessions programmées par la holding chinoise.

 

L’appétit insatiable de HNA Group a eu raison de ses finances. Fortement endettée, la holding chinoise va vendre sa participation dans Hilton. L’entreprise a fait parvenir le 5 avril dernier un document à la SEC (Securities and Exchange Commission) indiquant qu’elle allait céder les 26,1% qu’elle détient dans le groupe hôtelier (représentant 5,1 milliards d’euros).

 

Le groupe chinois avait acheté 25% des hôtels Hilton il y a un an et demi, lors de sa frénésie d’acquisitions qui avait conduit également à son entrée dans le capital d’Aigle Azur.

 

Le passif du conglomérat asiatique a augmenté de plus d’un tiers au cours des 11 premiers mois de l’année dernière pour atteindre 637,5 milliards de yuans (82,5 milliards d’euros). HNA Group n’a pas précisé encore les détails et l’importance de la vente des parts de Hilton.

 

 

Les acteurs du fret aérien français s’associent au sein de l’ACFA

Air Journal – 008/04/2018

Les acteurs du fret aérien français ont créé l’association interprofessionnelle ACFA (Air Cargo France Association) pour promouvoir le fret aérien français et renforcer l’attractivité des aéroports de l’Hexagone.

A ce jour, l’ACFA est composée de Groupe ADP, Air France Cargo, TLF OVERSEAS, SYCAFF, WFS, SODEXI, CIN FRANCE, la Direction Interrégionale des Douanes de Roissy, la Direction Générale de l’Aviation Civile et la Préfecture déléguée de Roissy-Orly-Le Bourget. Les principaux objectifs de cette association sont de soutenir tous les projets permettant de renforcer l’attractivité des aéroports français et plus globalement des territoires alentour. Concrètement, ses membres se regroupent pour participer à des actions communes afin de promouvoir les activités fret de l’ensemble des aéroports basés sur le territoire national ainsi que des entreprises implantées sur ces aéroports.

 

L’ACFA prévoit, en outre, de renforcer les liens de coopération dans le respect du droit de la concurrence. Parmi les actions collaboratives prioritaires, la promotion de la certification CEIV Pharma au sein de l’aéroport Paris-Charles de Gaulle, comme norme internationale de référence pour le transport des produits pharmaceutiques, constitue une démarche active qui vise la certification des principaux acteurs de la chaîne logistique de la plateforme aéroportuaire.

 

Les acteurs de la chaîne du fret aérien se mobilisent également pour promouvoir l’utilisation des nouvelles technologies au sein de la communauté interprofessionnelle, permettant la digitalisation et la dématérialisation par l’usage de l’outil logiciel CIN FRANCE (Cargo Information Network). Cet outil permet de substituer aux documents « papier » une gestion numérique des échanges de données.

 

L’association entend également développer la qualité de service, la robustesse opérationnelle et la sécurité des opérations en piste en améliorant la traçabilité des matériels, roulants ou non, au travers d’un outil de géolocalisation commun. Elle souhaite, par ailleurs, financer et conduire des études pour une meilleure connaissance des métiers du fret aérien et faciliter leur développement, notamment en termes de création d’emplois à destination des jeunes.

 

 

Transavia affranchit ses pilotes du papier

Air & Cosmos – 09/04/2018

La filiale low cost d’Air France rend public lundi 9 avril un partenariat avec la start-up AvioVision pour digitaliser l’ensemble des procédures de préparations de vols.

La compagnie low cost Transavia, filiale d’Air France, poursuit sa démarche de digitalisation en annonçant aujourd’hui lundi 9 avril un partenariat avec la start-up AvioVision, à destination de ses pilotes.

 

« Entre 2015 et 2017, nous avions initié cette démarche en lançant le système « Electronic Flight Bag » (EFB) », explique Hervé Boury, directeur général adjoint Exploitation de Transavia. Ce système, installé dans le cockpit, permettait aux pilotes de consulter les documents, traditionnellement en format papier, nécessaires à la bonne préparation d’un vol : briefing, cartes météorologiques, informations aéroportuaires, manuel d’exploitation, manuel de l’avion, cartes de navigation et tout autre document nécessaire à son bon déroulement. Ce système a permis de supprimer un emport équivalent à 20 kilos de papier. « Mais il ne nous donnait pas entière satisfaction parce qu’il nécessitait deux à trois jours de maintenance d’installation. Avec l’outil AvioBook de la start-up AvioVision, rachetée récemment par Thales, tout passe par des Ipads dernière génération. L’équipe peut facilement et rapidement accéder à l’ensemble des informations indispensables au bon déroulement du vol : données liées à l’avion, nombre de passagers, données météorologiques etc… ». Transavia est donc de proposer à ses pilotes une solution 100% « paperless » pour l’ensemble des procédures de préparation des vols. Et grâce à la connectivité 4G, les données peuvent très facilement et rapidement chargées ou archivées.

 

Ce partenariat s’inscrit dans la démarche de Transavia de travail de plus en plus fréquent avec les start-ups innovantes du secteur aéronautique. Le 18 décembre 2017, la low cost avait ainsi annoncé un partenariat avec Safety Line. Dès l’été 2018, l’ensemble des pilotes de Transavia pourront mettre en oeuvre l’outil OptiClimb, une solution d’intelligence artificielle qui exploite les données de vol aux conditions du jour, afin de déterminer un profil de montée de l’avion optimisé, dans le but de réduire la consommation de carburant et donc de limiter les émissions de CO2.

 

 

Surcharge GDS : le grand poker menteur

Le Quotidien du Tourisme – 05/04/2018

Les protagonistes de cette histoire pourraient s’inscrire aux « world series of poker », les championnats du monde qui se déroulent chaque année à Las Vegas. Ils auraient une chance. Si dans la partie qui s’est déroulée entre novembre et la toute fin du mois de mars entre Air France, les GDS et les agences de voyages, les joueurs n’étaient pas de force égale, tous en revanche ont usé des méthodes du célèbre jeu de cartes. A commencer par le bluff…

 

Jamais le « money time », les toutes dernières minutes d’un match, la période où tout se joue et qui peut rapporter gros, n’aura aussi bien porté son nom. Il aura fallu attendre le 30 mars pour qu’Air France et Amadeus trouvent un terrain d’entente sur la surcharge tarifaire qui devait être appliquée dès le 1er avril. Retour sur ce qui n’est en fin de compte qu’une affaire de gros sous et de maîtrise de distribution, matinée de technologie.

 

En novembre 2017, suivant les traces des groupes Lufthansa et IAG, Air France annonçait son intention d’appliquer une surcharge de 11 euros par segment sur toutes les réservations de billets d’avion effectuées en GDS à compter du 1er avril. La compagnie expliquant sa décision par sa volonté de « pousser » les ventes réalisées à travers des canaux utilisant la nouvelle norme NDC de Iata basée sur la technologie XML. Une norme qui permettrait de générer plus de revenus additionnelles, à travers la vente de produits annexes (sièges, repas, bagages, wi-fi…) et qui supporterait plus de contenus multimédias, histoire de mieux valoriser le produit par rapport à ce qui est aujourd’hui possible en GDS.

 

Des arguments qui suscitent interrogations. D’abord parce que, si elle est ancienne, la technologie qu’utilisent les GDS a l’immense avantage d’être robuste, stable et particulièrement bien rodée, y compris en ce qui concerne l’après-vente et le back-office. Ensuite parce que si on comprend aisément l’intérêt d’offrir au grand public du contenu enrichi, c’est nettement moins évident en ce qui concerne des billettistes experts qui travaillent en agences ou en plateaux d’affaires. Enfin, ce n’est pas comme s’il était aujourd’hui complètement impossible de vendre des produits annexes en GDS.

 

On se rappelle l’émoi causé par cette annonce d’Air France dans la distribution. D’autant que les mois qui ont suivi sont traditionnellement ceux des congrès de réseaux et des Entreprises du Voyage. L’incertitude, l’angoisse et même la colère étaient palpables dans les rangs d’agents de voyages estimant être pris en otage par l’un de leurs « partenaires » historiques. L’incompréhension aussi. Face à un calendrier jugé impossible à tenir. De l’opinion générale il était impossible aux GDS, à Air France et aux agences de faire les développements technologiques dans les temps et donc de pouvoir basculer sereinement vers la technologie NDC au 1er avril.

 

Une date loin d’être innocente, qui explique les autres enjeux qui sous-tendent ce bras de fer. Car c’est en effet au 31 mars qu’a pris fin l’accord pluriannuel liant Air France et Amadeus. Un accord dit de « full content » qu’Air France, soucieuse de retrouver la maîtrise de sa distribution, ne voulait pas renouveler pour 5 ans. Or, disposer de l’ensemble de l’offre fait partie intégrante de la valeur ajoutée des GDS. Pour inciter les compagnies à la donner, ces derniers pratiquent une tarification différenciée. Sortir du full content a donc un coût pour Air France estimé à… 11 euros par segment. A cela, il faut ajouter un agacement de moins en moins dissimulé des compagnies pour le schéma économique qui prévaut depuis des années: les compagnies paient des fees aux GDS pour chaque booking, et les GDS en reversent une partie aux agences sous forme d’incentive. Pour preuve, à Lille durant les Journées des EDV, Jean-Marc Janaillac, PDG d’Air France KLM, a plus parlé de « la rente » des GDS que de technologie. Il est vrai que dans la chaîne de valeur, ces derniers jouissent d’une position plus que confortable et qu’ils n’ont jamais eu l’intention de voir la situation évoluer.

 

Enfin est arrivé le mois de mars et ses giboulées. Il s’est mis à pleuvoir des communiqués. Tout le monde ou presque a annoncé avoir signé des accords d’exemption de surcharge avec Air France. Une façon de mettre la pression sur le GDS puisque les accords en question étaient eux-mêmes suspendus à un accord entre Air France et Amadeus. Il a donc fallu attendre le 30 mars pour que ce dernier soit annoncé. Grosso modo pour être exemptées de surcharge en réservant dans Amadeus à travers un canal privé, les agences ou leurs réseaux doivent signer un contrat avec Air France (Channel Private Agrement) à travers lequel elles renoncent à leurs incentives GDS, ce qui impliquera, par effet de répercussion, une baisse de la facture GDS d’Air France.

 

Accords commerciaux privés oblige on ne sait pas quels efforts ont été consentis de part et d’autre pour parvenir à ce presque « statut quo ante », puisque contrairement à la situation initiale, Air France n’est désormais plus par un accord pluriannuel en ce qui concerne la distribution de son offre. Bref, comme le résume Jean-Pierre Mas, président des EDV : «Tout aurait pu se faire tellement mieux, avec plus de douceur, sans agressivité. Que de temps et d’énergie nous avons gaspillé ! Tout ça pour ça…»