SPAF

Syndicat des pilotes d’Air France

Revue de Presse du 20 mai 2020

Revue de Presse du 20 mai 2020

Au Sommaire :

  • Coronavirus : Thai Airways n’échappera pas au dépôt de bilan
  • Easyjet : les données de 9 millions de clients piratées
  • Coronavirus : l’UFC-Que Choisir assigne 20 compagnies aériennes pour non-remboursement des vols annulés
  • Ben Smith modifie (discrètement) l’organigramme d’Air France
  • Air France compte reprendre progressivement ses vols d’ici fin juin
  • Air France : vols en régions, Navette et Transavia
  • L’aéroport de Nantes Atlantique ouvre de nouveau ses portes début juin
  • L’aéroport de Clermont-Ferrand entre trou d’air et préparatifs en vue de la reprise
  • Coronavirus en Corrèze. L’activité de l’aéroport de Brive ne reprendra pas avant septembre
  • Aéroport de Bordeaux : des vols bi-quotidiens vers Paris dès le mois de juin
  •  Les low cost s’allient en Italie
  • Outremer: French bee prépare toujours son redécollage

 

Coronavirus : Thai Airways n’échappera pas au dépôt de bilan
Les Echos – 19/05/2020

 

Plutôt que de renflouer une fois de plus la compagnie nationale chroniquement déficitaire, le gouvernement thaïlandais a décidé d’en passer par un redressement judiciaire.

 

Pa s de chèque en blanc pour Thai Airways. Après avoir supporté pendant des années les pertes à répétition de la compagnie nationale, le gouvernement thaïlandais a finalement opté pour un remède de cheval : le redressement judiciaire. Alors que presque tous ses avions sont cloués au sol depuis la fin mars et qu’une faillite paraît inéluctable sans une aide d’urgence de l’Etat, le Premier ministre thaïlandais, Prayuth Chan-ocha, a décidé de lui refuser une injection de capital et d’en passer par le processus normal de mise en redressement judiciaire.

 

« Nous avons décidé que Thai Airways passera par un processus de réhabilitation », a déclaré le chef du gouvernement thaïlandais, à l’issue d’une réunion ce lundi avec les dirigeants de la compagnie. « Nous apporterons notre soutien à Thaï Airways, même si cela ne se traduit pas par une aide financière », a-t-il néanmoins indiqué.

 

Poursuite des opérations

 

Ce dépôt de bilan ne sonnera pas en effet le glas de la compagnie. Une fois validé par la Justice, son placement en redressement judiciaire doit lui permettre de poursuivre ses activités à l’abri de ses créanciers, sous la direction d’un administrateur provisoire. Une situation comparable à celle d’ Alitalia en Europe, ou de compagnies américaines dans les années 2000, qui avaient utilisé avec succès la protection de la loi sur les faillites afin de se restructurer.

 

Mesures de restructuration

 

L’une des premières mesures sera probablement de rationaliser la flotte, composée d’à peu près tous les types d’appareils en service. Avant même la crise de la covid-19, une sortie des plus gros appareils – Boeing 747 et Airbus A380 – était déjà évoquée. Les actionnaires et les créanciers de Thai Airways, au premier rang desquels l’Etat, devront également en passer par des abandons de créances ou leur transformation en prises de participation. La compagnie ne fera probablement pas non plus l’économie de mesures de réduction des effectifs, même si aucun plan de licenciement n’a encore été annoncé.

 

Easyjet : les données de 9 millions de clients piratées
Les Echos – 19/05/2020

Déjà fragilisée par la pandémie de coronavirus, qui immobilise sa flotte, la compagnie low cost a été visée par une cyberattaque « hautement sophistiquée » qui a exposé les données personnelles d’environ 9 millions de clients. Les données de cartes bancaires de plus de 2.000 personnes ont notamment été récupérées.

 

Nouvelle turbulence pour Easyjet. La compagnie aérienne à bas coûts, dont tous les avions sont cloués au sol depuis la fin mars, a annoncé ce mardi avoir été la cible d’une cyberattaque « très sophistiquée ». Selon l’enquête lancée par la compagnie britannique, les pirates ont eu accès aux adresses électroniques et aux détails des voyages d’environ neuf millions de clients ainsi qu’aux données de carte bancaire de 2.208 passagers.

Ces données ont-elles été utilisées par les auteurs de l’attaque ? « Il n’y a aucune preuve que quelque donnée personnelle que ce soit ait été détournée », a tenté de rassurer la compagnie dans un communiqué.

Easyjet a réussi à enrayer l’accès non autorisé à son système informatique et a immédiatement alerté le National Cyber Security Centre (NCSC), organisation britannique sur la cyber-sécurité, ainsi que le régulateur britannique de la protection des données (ICO).

Les clients concernés contactés par Easyjet

Les clients d’Easyjet dont les données ont été exposées vont être contactés dans les prochains jours par la compagnie. « Nous sommes en contact avec les neuf millions de clients environ dont les informations de voyage ont été exposées afin de les conseiller sur la marche à suivre pour minimiser le risque d’hameçonnage éventuel », a ainsi déclaré Easyjet.

Les clients dont les données de cartes de crédit ont été récupérées « ont déjà été contactés », a ajouté le groupe. « Nous tenons à nous excuser auprès des clients qui ont été touchés par cet incident », a déclaré le directeur général d’EasyJet, Johan Lundgren.

« Depuis que nous avons pris conscience de l’incident, nous avons compris qu’en raison du Covid-19 il y a de fortes craintes sur l’utilisation de données personnelles pour des arnaques en ligne », a déclaré Johan Lundgren, directeur général du groupe. C’est la raison pour laquelle, il demande aux clients concernés « d’être très vigilants, en particulier s’ils reçoivent des demandes non sollicitées ».

Le transporteur aérien est déjà durement touché par la pandémie de coronavirus, qui a immobilisé la totalité de sa flotte de 337 appareils A320 depuis le 30 mars. Au cours des dernières semaines, la low cost britannique s’est organisée, renforçant ses finances pour supporter une immobilisation prolongée de ses avions, mais à ce rythme, la compagnie estime pouvoir tenir neuf mois maximum.

 

Coronavirus : l’UFC-Que Choisir assigne 20 compagnies aériennes pour non-remboursement des vols annulés
Les Echos – 19/05/2020

Après avoir mis en demeure 57 compagnies fin avril, l’association assigne en justice 20 d’entre elles qui continuent de proposer uniquement un avoir, et non un remboursement, aux passagers dont le vol a été annulé à cause de la pandémie de Covid-19.

 

L’UFC-Que Choisir met sa menace à exécution. L’association de consommateurs a annoncé ce mardi avoir assigné en justice 20 compagnies aériennes pour non-respect des règles de remboursement en cas de vol annulé.

Parmi les compagnies visées, des low cost comme Ryanair, Transavia, Vueling ou Norwegian, mais aussi de plus grandes compagnies comme Air France, son partenaire KLM, Lufthansa, Turkish Airlines ou Emirates. On y trouve également Corsair, Air Corsica ou encore Air Austral.

En cause, les modalités de remboursement que celles-ci appliquent depuis le début de la crise du Covid-19 : elles ne proposent à leurs clients qu’un avoir, et non un remboursement comme le prévoit la législation européenne. Les professionnels du secteur aérien, qui a été mis à l’arrêt par la pandémie, expliquent en effet ne pas avoir les moyens de rembourser tous les billets non utilisés ces deux derniers mois. Mais la Commission européenne a martelé que le remboursement restait la règle. Elle l’a encore rappelé la semaine dernière, pour la troisième fois en trois mois .

De son côté, l’UFC-Que Choisir avait examiné en avril les modalités de remboursement proposées par 76 compagnies en cas de vols annulés en raison de la crise du Covid-19. Elle avait ensuite, à la fin du mois, mis en demeure 57 d’entre elles, qui proposaient à ses clients uniquement un avoir. Les menaçant de poursuites si elles ne modifiaient pas leurs conditions.

« Annonces en trompe-l’oeil »

Mais « de nombreux transporteurs aériens ont ignoré l’avertissement de l’UFC-Que Choisir et de la Commission européenne », déplore aujourd’hui l’association. Celle-ci détaille les « mauvaises pratiques » et « annonces en trompe-l’oeil » toujours observées : « Certaines compagnies font croire aux consommateurs que la situation particulière de pandémie leur permettrait de ne proposer qu’un bon d’achat. D’autres acceptent de rembourser leurs passagers mais en suspendent le paiement jusqu’à une date indéterminée, voire après la fin de la crise sanitaire. »

L’association s’en prend notamment à l’annonce d’Air France qui propose un remboursement pour les vols qui étaient prévus après le 15 mai. Une « discrimination », dénonce l’UFC-Que Choisir. Devant le tribunal judiciaire de Paris, l’association ne demandera pas de dommages et intérêts, mais uniquement que les compagnies se conforment à la réglementation européenne.

Ben Smith modifie (discrètement) l’organigramme d’Air France
Déplacements Pros – 19/05/2020

Habituée à communiquer très fréquemment pour annoncer le moindre changement de couvert en plastique à bord de ses avions, Air France la joue de façon bien plus discrète lorsqu’il s’agit de perturber l’organigramme déjà en place. C’est donc sans tambour, ni trompettes, que l’on apprend la nomination d’Angus Clarke au poste de directeur commercial(CCO) de la compagnie.

L’information a été relevée dans la revue PNC Contact et confirmée de manière informelle par le transporteur. Angus Clarke est donc désormais le numéro 2 de la compagnie et l’un des managers les plus puissants du groupe aérien.

Celui qui avait été nommé directeur général adjoint en charge de la stratégie, en janvier 2019, devra accélérer la restructuration. En parallèle, la compagnie s’engage à renouveler 25% de ses managers d’ici à 2024.

Cette nomination n’a fait part d’aucune médiatisation de la compagnie aérienne. Selon PNC Contact, pas de communiqué mais juste un document interne annonçant l’arrivé de l’actuel directeur de la stratégie du groupe Air France – KLM au poste de directeur général adjoint.

Anne Rigail, la directrice générale d’Air France depuis le 17 décembre 2018, verra sans doute son rôle s’amenuiser, coincée entre Ben Smith et son ancien bras droit. Car Angus Clarke est officiellement directeur commercial d’Air France et relève donc directement d’Anne Rigail.

Selon BFM, la compagnie française s’est également engagée à revoir sa politique managériale en profondeur. De fait 25% des cadres seront renouvelés d’ici 2024, alors que la compagnie en compte actuellement 500. Là encore des craintes subsistent, la lettre interne préciserait que pour « attirer les meilleurs talents, sur l’ensemble des positions d’encadrement, le renouvellement se fera indépendamment de la nationalité. »

Une nouvelle qui n’étonne personne. Selon un représentant du personnel, Ben Smith dit souvent qu’il veut embaucher plus d’anglo-saxons pour faire évoluer la culture d’Air France. Reste à voir si la stratégie de Ben Smith va plaire à l’assemblée générale d’Air France-KLM, prévue pour le 26 mai prochain.  Une information qu’Air France dément formellement, tout comme Bercy. « Il n’y a aucun engagement de ce type dans le cadre du soutien de l’Etat français à Air France » indique la compagnie.

Air France compte reprendre progressivement ses vols d’ici fin juin
BFM – 18/05/2020

La compagnie nationale espère relever progressivement son nombre de fréquences et destination pour atteindre 15% de la capacité déployée habituellement d’ici fin juin.

Air France compte « reprendre progressivement ses vols » d’ici à la fin du mois de juin « et sous réserve de la levée des restrictions de voyage », selon un communiqué de la compagnie nationale publié ce lundi.

Dès lors, elle procédera à « une augmentation graduelle du nombre de fréquences et de destinations, en particulier vers la France métropolitaine, les Outre-mer et l’Europe », indique-t-elle. « Ce programme de vols représentera environ 15% de la capacité déployée habituellement à cette période et sera assuré par 75 appareils de la flotte d’Air France, laquelle comprend 224 avions », ajoute-t-elle.

Entre 3 et 5% du trafic actuellement

Depuis fin mars, Air France assure entre 3 et 5% de son programme habituel et dessert 43 destinations, souligne le groupe aérien avec pour priorité « la continuité territoriale et le maintien d’un lien vers des destinations clés, en Europe et à l’international, à la fois pour le transport de passagers et de marchandises ».

Le programme de vols est actualisé sur l’ensemble des canaux de distribution, souligne la compagnie indiquant que dès ce lundi, le programme de vols est à jour jusqu’au 30 juin.

Air France : vols en régions, Navette et Transavia
Air Journal – 20/05/2020

La compagnie aérienne Air France a détaillé le programme de vols au départ des aéroports en régions qui sera mis en place d’ici la fin juin, alors qu’elle poursuit une augmentation graduelle de ses vols suspendus par la pandémie de Covid-19. La Navette devrait survivre à la restructuration de son réseau intérieur, au moins en partie, tandis que le développement de la low cost Transavia en France se confirme.

Après celles au départ des aéroports de Paris-CDG et Lyon, la compagnie nationale française a détaillé hier les routes qui seront progressivement relancées en métropole d’ici le 30 juin 2020 – toujours sous réserve des éventuelles restrictions de voyage liées à la crise sanitaire. Air France devrait alors opérer 15% des capacités globales initialement prévues, opérant une flotte de 75 avions (sur 224). L’aéroport de Paris-Orly étant actuellement fermé, tous ses vols normalement assurés depuis cet aéroport sont transférés à Roissy « jusqu’à nouvel ordre » (le 26 juin ?).

Le détail des horaires et des jours d’opération est consultable en ligne. Les programmes de la compagnie de l’alliance SkyTeam pour les mois de juillet et août seront communiqués au début du mois prochain.

Air France rappelle que le port du masque est rendu obligatoire sur l’ensemble de ses vols, et que des contrôles de température sont désormais effectués au départ de chaque vol. Pour en savoir plus sur les mesures sanitaires mises en place par Air France au sol et à bord, cliquez ici. L’ensemble des mesures commerciales mises en place par la compagnie aérienne est disponible ici.

On retiendra aussi les déclarations du président de la FNAM Alain Battisti hier devant le Sénat : il croit savoir qu’une relance des vols à l’intérieur de l’espace Schengen est envisagée à partir du 15 juin, suivie par celle des « grands axes internationaux (USA et Canada) dans les jours suivants.

Le réseau court et moyen-courrier d’Air France est déjà promis à une restructuration, avec une place plus importante qui devrait être accordée à la filiale low cost Transavia – y compris sur les vols intérieurs. Dans ce dernier cas, cela devrait épargner La Navette reliant actuellement Orly à Bordeaux, Montpellier, Nice, Marseille et Toulouse. Selon La Tribune, le sujet a été évoqué lors d’une visioconférence la semaine dernière entre Benjamin Smith (CEO d’Air France-KLM), Anne Rigail (CEO d’Air France) et les salariés de la low cost. Pour la directrice générale, Air France « peut garder La Navette » vers les aéroports Côte d’Azur, Provence et Blagnac (les deux autres ne sont pas cités, note le journal économique), tandis que la filiale régionale HOP « peut évidemment garder son activité d’alimentation des hubs de Roissy-Charles de Gaulle et de Lyon ».

Pour le reste, c’est beaucoup moins net, notamment après le conditionnement de l’aide d’Etat à une réduction des routes domestiques quand le train est une alternative raisonnable. « Les conditions environnementales nous amènent à abandonner les lignes Orly-Lyon, Orly-Bordeaux, Orly-Nantes », a déclaré Anne Rigail à propos de la présence d’Air France dans le deuxième aéroport parisien ; « cela fait beaucoup de créneaux horaires de décollage et d’atterrissage qu’il est hors de question de rendre à la concurrence. Il nous faut donc trouver les moyens de tenir Orly ». Où Transavia, qui y propose 60 routes en temps normal, « est déjà un outil qui a protégé le groupe ». Mais la dirigeante a aussi rappelé que le développement de la low cost sur ce réseau intérieur dépendra des négociations avec le syndicat de pilotes SNPL.

Ben Smith a de son côté souligné selon La Tribune que la restructuration du réseau domestique va avoir un « impact social énorme », estimé la semaine dernière à des milliers d’employés notamment en raison de la réduction structurelle de la capacité d’au moins -20% en 2021 par rapport au niveau d’avant la crise. Le CEO prévoit aussi « un impact économique pour beaucoup de petites villes qui auront un niveau de services différent ou des services qui seront arrêtés ». Et Transavia « est quelque chose de très puissant » parmi les outils du groupe pour répondre aux différentes exigences économiques et vis-à-vis de l’environnement, a ajouté le dirigeant. Pour qui la rentabilité à Orly sera une priorité.

Le dirigeant d’Air France-KLM a en outre parlé flotte, pour Transavia d’une part qui devrait trouver facilement des Boeing 737-800 d’occasion grâce à la crise : il n’a pas détaillé le nombre d’appareils supplémentaires envisagé (« le plus possible de manière rentable »), sachant que le scénario à moyen terme du groupe évoque 115 appareils pour les deux low cost en France et aux Pays-Bas, contre 85 actuellement. Chez Air France, l’Airbus A220-300 de 149 sièges (60 commandés fermes, 30 options et 30 droits d’achats) pourrait remplacer « d’ici six à huit ans » la totalité des 114 monocouloirs, ce qui voudrait dire ni A320neo ni A321neo à l’horizon ; le maintien des dix 787 Dreamliner permettrait à la compagnie française « d’avoir le choix entre Airbus et Boeing » quand il faudra remplacer les A330. Les 38 A350-900 devraient être tous en service « d’ici 5 ou 6 ans », la flotte de 777 étant réduite progressivement, tandis que le sort immédiat des A380 n’est toujours pas tranché (leur départ reste prévu d’ici 2022).

L’aéroport de Nantes Atlantique ouvre de nouveau ses portes début juin
Déplacements Pro -19/05/2020

L’aéroport de Nantes Atlantique annonce la reprise progressive de son trafic passagers à compter du 8 juin avec la réouverture de la lignes Nantes-Lyon.

Opérés par la compagnie Air France, les vols reprendront à partir du 8 juin à raison d’un départ et d’une arrivée par jour les lundis, vendredis et dimanches. Comme dans la majorité des aéroports, de nouvelles mesures sanitaires seront mises en place pour garantir la protection des voyageurs et des collaborateurs et le port du masque sera obligatoire. « Nous sommes très heureux à l’idée de retrouver nos passagers. Nous nous préparons activement à les accueillir grâce à un important dispositif de mesures sanitaires permettant d’assurer leur protection et celle de nos collaborateurs. Ces premiers vols programmés par notre partenaire Air France permettent de reconnecter non seulement deux aéroports du réseau VINCI Airports, Nantes Atlantique et Lyon Saint Exupéry, mais également deux territoires très liés économiquement », a déclaré Cyril Girot, directeur général de l’aéroport Nantes Atlantique. Les autres compagnies aériennes n’ont pas encore confirmé leur programme de vols à ce jour.

L’aéroport de Clermont-Ferrand entre trou d’air et préparatifs en vue de la reprise
La Montagne – 18/05/2020

Le dernier vol commercial sur l’aéroport Clermont-Auvergne a été effectué le 24 mars.

Depuis le 24 mars, la piste d’Aulnat a accueilli quelques vols militaires, des avions militaires et autres aéronefs venus faire le plein de carburant, ainsi que quelques vols privés.

« Nous enregistrons depuis quelques jours un peu plus d’avions d’affaires, signe que ça commence à bouger », indiquait le directeur de l’aéroport, Nicolas Pèlerin, au lendemain de la levée du confinement.

Le trou d’air est néanmoins conséquent pour l’aéroport qui a enregistré une baisse de trafic de presque 19 % au premier trimestre, qui n’inclut évidemment pas l’arrêt complet des vols commerciaux en avril et mai.

Manque à gagner

Moins de passagers et moins de mouvements sur la piste sont autant de recettes en moins pour le gestionnaire Vinci Airports qui, comme tous les aéroports, encaisse des redevances d’atterrissage, de stationnement, de carburant et pour chaque passager enregistré. Des redevances variables en fonction des aéronefs (notamment le poids) et de la destination des passagers. D’où la difficulté à évaluer le manque à gagner, mais il sera conséquent.

En grande majorité, les employés (une centaine) ont été mis en activité partielle mais les préparatifs pour la reprise vont bon train. Avant même le confinement, des mesures sanitaires avaient été prises.

Elles ont été renforcées pour éviter les croisements de flux et assurer la distanciation sociale. « Nous nous organisons pour que passagers et personnels de l’aéroport soient en confiance au moment de reprendre l’avion », souligne Nicolas Pèlerin.

En espérant le feu vert gouvernemental et le retour des compagnies, notamment Air France et les rotations quotidiennes vers la capitale.

Quels vols au départ de Clermont-Auvergne après la crise ?

Les lignes régulières au départ de l’aéroport Clermont-Auvergne reprendront au mieux en juin. Lesquelles ? Ce sera toute la question au sortir de cette crise.
Air France, avec ses liaisons annuelles sur Orly et Roissy-Charles-de-Gaulle, mais aussi Amsterdam jusqu’en février dernier, représentait 80 % des 430.000 passagers annuels de l’aéroport clermontois.

La liaison avec Amsterdam (quatre rotations hebdomadaires) a été stoppée au 1er mars, décision prise bien avant la crise du coronavirus. En contrepartie, Air France s’engageait à améliorer les liaisons avec Paris selon un plan que la compagnie n’a pu présenter.

La ligne Paris-Clermont épargnée ?

Entre-temps, la crise a remis sur le tapis la question des lignes intérieures d’Air France, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire demandant la suppression des lignes quand le train permet une liaison en 2 h 30. Ce n’est pas le cas de Clermont-Paris (3 h 30 au mieux en train) ce qui suppose le maintien des lignes vers la capitale. Reste à savoir à quelle fréquence.

Air France ne prévoit aucun de ces vols en mai. La compagnie doit communiquer dans les prochains jours son programme de juin. Il n’est pas acquis que les Clermont-Paris y figurent. Quant au programme estival, qui inclut en temps normal une rotation hebdomadaire entre Clermont et Nice, il n’est pas encore arrêté non plus.

Ryanair redémarre en juillet

La compagnie irlandaise Ryanair vient d’annoncer son intention de rétablir 40 % de son programme de vols à partir du 1er juillet, « sous réserve de la levée des restrictions gouvernementales sur les vols intra-UE et de la mise en place de mesures de santé publique efficaces dans les aéroports ».

Pour Clermont-Ferrand, le site de réservation de Ryanair propose d’ores et déjà des vols à partir de cette date sur Lisbonne (mardi, samedi), Porto (mercredi, dimanche) et Londres (lundi, vendredi).

Sur ces trois destinations, le trafic est interrompu au mois d’août. Les liaisons avec Lisbonne et Londres, saisonnières, ne seront ensuite assurées qu’en septembre et octobre.

Concernant les charters, la grande nouveauté de 2020 était un Clermont-Athènes à compter du 14 mai, jusqu’au 1er octobre. TUI, l’opérateur, l’a annulée.

Coronavirus en Corrèze. L’activité de l’aéroport de Brive ne reprendra pas avant septembre
Ouest-France – 18/05/2020

Malgré la réouverture de ses portes, l’aéroport de Brive-la-Gaillarde ne voit aucun avion atterrir sur ses pistes. Le site espère quelques vols intérieurs pour Paris et des destinations à l’international pour l’été. Mais la vraie reprise n’aura pas lieu avant septembre pour l’aéroport corrézien.

L’aéroport international de Brive-la-Gaillarde (Corrèze) n’avait jamais connu une crise d’une telle ampleur. Depuis le 16 mars dernier, début du confinement, le site ne propose plus le moindre vol commercial. « Un terrible coup de frein », selon les termes de Jean-Louis Nesti, président du syndicat mixte qui gère la structure : « Nous étions sur une belle dynamique depuis deux ans, cette année, les 100 000 passagers allaient sûrement être atteints », indiquait celui-ci, il y a quelques jours à France 3 Nouvelle-Aquitaine.

L’aéroport corrézien est l’un des deux sites du Limousin à proposer des vols internationaux et nationaux, avec une liaison vers Paris qui, en temps normal, fonctionne très bien. En ce qui concerne les vols intérieurs, c’est Air France qui pilote : « Il n’y aura pas d’avions en juin, on espère qu’il y en aura en juillet, puis il y aura un arrêt en août, poursuit Jean-Louis Nesti, dans les colonnes du quotidien La Montagne ce lundi 18 mai.

 

« Pas de difficultés financières »

 

Pour lui, « le vrai redémarrage ne se fera qu’en septembre » Un nouveau départ, avec un système de rotations allégé, et une absence totale de vols saisonniers en direction d’Ajaccio. Air France entend par la suite chambouler son organisation en proposant notamment des regroupements « de stop avec Castres ou Aurillac », précise le quotidien régional.

Côté international, Ryanair propose déjà des billets à la vente, à destination de Londres, pour le mois de juillet prochain. « On n’a aucune nouvelle des vols sur Porto », constate cependant Jean-Louis Nesti. Si le syndicat mixte déplore un manque « de clarté dans les annonces », le site corrézien « ne craint pas de difficultés financières ». La crise économique et sanitaire liée au Covid-19 va obliger la structure à revoir sa « position en termes d’investissements » et « à repenser la vie » au sein de l’établissement, indique le responsable à La Montagne.

 

Aéroport de Bordeaux : des vols bi-quotidiens vers Paris dès le mois de juin

Déplacements Pros – 18/05/2020

Dès la première semaine de juin, Air France assurera la liaison Bordeaux-Paris CDG les lundis, mardis, vendredis et dimanches, contre 2 vols hebdomadaires seulement depuis le 11 mail. Dès le 8 juin, les vols seront quotidiens et bi-quotidiens à compter du 15 juin. La compagnie aérienne reprendra également ses vols vers Lyon à raison de 3 fois par semaine dès le 8 juin et un vol quotidien dès le 1er juin avec KLM.

Chalair assurera de son côté les liaisons vers Brest et Montpellier dès le 8 et 15 juin, puis TAP reprendra les vols vers Lisbonne à partir du 1er juillet avec un un vol quotidien.

Les low cost s’allient en Italie
Air Journal – 19/05/2020

 

Six compagnies aériennes low cost représentant la moitié du trafic aérien domestique en Italie ont décidé de se fédérer, afin de représenter leurs intérêts auprès d’autorités plus occupées à la nationalisation d’Alitalia qu’à leurs besoins durant la pandémie de Covid-19.

La nouvelle Associazione Italiana delle Compagnie Aeree Low Fares (AICALF, Association italienne des compagnies aériennes à bas coûts), fondée la semaine dernière par Blue Air, easyJet, Norwegian, Ryanair, Volotea et Vueling, a un objectif clair : elle s’engage « face à la crise provoquée par la Covid-19 à offrir des emplois et la croissance économique, et à rétablir les connexions et les flux touristiques dans toute l’Italie dans un avenir immédiat, afin de soutenir un redémarrage rapide de l’économie italienne », déclare son communiqué.

Mais ce manifeste a des besoins plus urgents : il appelle le gouvernement à ne pas agir « sur une base discriminatoire », allusion non déguisée au sauvetage de la compagnie nationale italienne, qui sera nationalisée cet été après avoir englouti en vain des milliards d’euros d’aide.

Les compagnies aériennes demandent de protéger « le secteur du transport aérien dans son ensemble et non une seule compagnie aérienne, en évitant de prendre des initiatives qui créent des distorsions de concurrence entre les transporteurs ». En clair, éviter les aides ciblées mais plutôt mettre en place des mesures à appliquer « sur une base égale à toutes les compagnies aériennes opérant sur le marché, en particulier celles qui ont des avions et du personnel local même si elles détiennent une licence délivrée dans un autre pays européen ».

A propos d’emploi, les six low cost soulignent qu’elles « s’engagent à appliquer des contrats de travail de droit italien à leurs équipages », tandis que côté taxes elles réclament la suppression de la taxe d’embarquement (une taxe a priori réservée aux municipalités, mais qui abonde de plus en plus un fonds de soutien dont Alitalia est le premier bénéficiaire).

Pour AICALF, le gouvernement italien peut à ces conditions « stimuler la croissance du tourisme, créant ainsi des milliers d’emplois en particulier pour les jeunes », car ces actions permettront « l’augmentation du trafic, en particulier vers les régions italiennes ». Rien ne dit que les six low cost seront entendues…

 

Outremer: French bee prépare toujours son redécollage
Air Journal – 20/05/2020

La compagnie aérienne low cost long-courrier French bee espère toujours pouvoir reprendre les vols réguliers le 12 juin prochain, initialement entre Paris et La Réunion. Tahiti et San Francisco restent annulés au moins jusqu’au 1er juillet inclus. Le remboursement des vols annulés fait désormais partie des options – au bout de douze mois d’inutilisation des avoirs.

Clouée au sol depuis le 30 mars 2020 pour cause de pandémie de Covid-19, la filiale du groupe Dubreuil basée à l’aéroport de Paris-Orly a remis à jour mardi ses prévisions et ses mesures commerciales. « Sous réserve de l’évolution de la situation sanitaire et des restrictions auxquelles notre compagnie serait soumise » pour cause de pandémie de Covid-19, French bee travaille à la reprise progressive de ses activités à partir du 12 juin prochain de/vers Saint Denis-Roland Garros dans l’île de la Réunion. « L’ensemble de ces dispositions seront effectuées dans les respect des décisions prises par les autorités gouvernementales pour se conformer strictement aux mesures sanitaires établies sur le territoire national, dans les départements d’outre-mer et les autres destinations desservies par notre compagnie », précise son site. Sans préciser au départ de quel aéroport, celui d’Orly restant fermé – la possible réouverture le 26 juin n’étant toujours pas officialisée.

Compte tenu des « nombreuses incertitudes liées la réouverture des frontières polynésiennes et américaines », French bee se dit « malheureusement pas en mesure » de reprendre la desserte de Papeete et San Francisco le 12 juin : les deux destinations restent annulées jusqu’au 1er juillet 2020 inclus.

Tous les clients concernés par ces annulations ont été contactés individuellement par email afin de leur indiquer la marche à suivre pour reporter leur voyage ou demander un avoir. Pour les clients dont le vol est prévu au delà du 1er juillet, « les restrictions de voyage étant susceptibles de changer, nous n’avons pour le moment pas d’information à communiquer ». Si votre vol est amené à être modifié ou annulé, « vous serez également informé individuellement ».

On notera que French bee, qui vient de battre le record du monde du vol domestique le plus long, a « rapatrié » son Airbus A350-900 immatriculé F-HREV depuis les installations de Tarmac-Aerosave à Tarbes, où il était entreposé depuis deux mois.