SPAF

Syndicat des pilotes d’Air France

Revue de Presse du 27 avril 2020

Revue de Presse du 27 avril 2020

 

Au Sommaire :

  1. Air France-KLM obtient une aide de 7 milliards d’euros de l’Etat français
  2. Air France-KLM va recevoir une aide de 2 à 4 milliards d’euros des Pays-Bas
  3. OACI : 1,2 milliard de passagers en moins entre janvier et septembre 2020
  4. Air France profiterait-elle de la crise du coronavirus pour augmenter ses tarifs du fret ?
  5. Benjamin Smith : pas de retour rapide à la normale, réformes structurelles et plans de départs volontaires
  6. Air France : vers une reprise des vols intérieurs le 11 mai
  7. Lufthansa Group : 10.000 salariés en moins et 100 avions de moins après la crise du coronavirus
  8. Coronavirus : UFC-Que Choisir met en demeure 57 compagnies aériennes sur le remboursement des vols annulés
  9. L’appel au secours du PDG de Corsair
  10. Guadeloupe-Pôle Caraïbes : trafic passager en recul de 43% en Mars
  11. Un aéroport bloque les avions de Virgin Australia, réclamant le paiement d’une grosse dette

 

 

 

Air France-KLM obtient une aide de 7 milliards d’euros de l’Etat français

Air-Journal.fr – 25 Avril 2020

 

Air France-KLM confirme avoir obtenu une aide de 7 milliards d’euros de la part de l’Etat français pour faire face à la quasi-paralysie de son activité provoquée par la pandémie du coronavirus.

 

L’aide se présente en deux prêts, détaille le communiqué du groupe aérien rendu public hier soir :

 

-Un prêt garanti par l’Etat français (PGE) d’un montant de 4 milliards d’euros octroyé par un syndicat de six banques. Ce prêt bénéficie d’une garantie de l’Etat français à hauteur de 90% et d’une maturité de 12 mois, avec deux options d’extension d’un an consécutives, exerçables par Air France-KLM.

 

 

-Un prêt d’actionnaire de l’Etat français d’un montant de 3 milliards d’euros et d’une maturité de quatre ans, avec deux options d’extension d’un an consécutives exerçables par Air France-KLM.

 

Des discussions se poursuivent avec l’Etat néerlandais, lui aussi actionnaire du groupe, en vue d’une aide complémentaire, à hauteur de 3 à 3,5 milliards d’euros, que KLM négocie actuellement avec le gouvernement néerlandais.

 

Une fois ce plan finalisé, le conseil d’administration d’Air France-KLM envisagera de procéder à une opération de renforcement de ses fonds propres, pour laquelle l’Etat français va réfléchir aux conditions de sa participation, indique Air France-KLM. Interrogé hier soir au 20h de TF1, le ministre français de l’Economie Bruno Le Maire a dit qu’une nationalisation d’Air France ou une montée au capital du groupe dans son ensemble n’étaient « pas à l’ordre du jour« .

 

Le ministre français de l’Economie a cependant souligné que l’aide apportée à Air France n’était « pas un chèque en blanc » et qu’elle était assortie de conditions. En premier lieu, « il faut qu’Air France fasse un effort pour être plus rentable« , a-t-il dit. Ensuite, « Air France doit devenir la compagnie aérienne la plus respectueuse de l’environnement de la planète« , a poursuivi Bruno Le Maire.

 

« Il faut qu’Air France nous présente un plan de réductions des émissions de CO2, de transformation de sa flotte pour être moins polluante, émettre moins de bruit et être plus respectueuse de l’environnement« , a-t-il énuméré.

 

Air France-KLM va recevoir une aide de 2 à 4 milliards d’euros des Pays-Bas

Air-Journal.fr – 25 Avril 2020

 

KLM, filiale néerlandaise du groupe Air France-KLM, va recevoir une aide d’urgence de 2 à 4 milliards d’euros de la part des Pays-Bas pour l’aider à surmonter les conséquences de la pandémie de nouveau coronavirus, a déclaré hier le ministre néerlandais des Finances, Wopke Hoekstra.

 

Les détails de cette aide sont toujours en cours de discussions mais elle devrait comprendre des prêts bancaires garantis, a indiqué le ministre néerlandais, ajoutant qu’il pourrait y avoir une « conversation » à l’avenir entre les actionnaires d’Air France-KLM, dont les Etats français et néerlandais, au sujet d’une augmentation de capital.

 

Air France-KLM a déjà confirmé avoir obtenu une aide de 7 milliards d’euros de la part de la France et annoncé qu’il réfléchirait ultérieurement à une opération de renforcement de ses fonds propres.

 

 

Dans un communiqué conjoint, les ministres de l’Economie des deux pays, Bruno Le Maire et Wopke Hoekstra, se disent partager la même priorité pour Air France-KLM : « prendre toutes les mesures nécessaires tant en France qu’aux Pays-Bas pour aider le Groupe à surmonter cette grave pandémie. Aujourd’hui, tous les efforts sont consacrés à répondre à ce choc sans précédent, et leur objectif unique en ce moment est donc de préserver la situation financière et opérationnelle du groupe Air France KLM« .

 

« Par conséquent, à la demande d’Air France-KLM, le gouvernement français a décidé d’apporter un soutien financier à Air France et l’a notifié à la Commission européenne. Le gouvernement néerlandais a l’intention de soutenir KLM et en discute actuellement avec la Commission européenne. Les deux gouvernements, qui sont les deux principaux actionnaires d’Air France-KLM, souhaitent accompagner le groupe Air France-KLM en ces temps difficiles en vue de retrouver sa compétitivité en cohérence avec des engagements forts de développement durable« .

 

 

OACI : 1,2 milliard de passagers en moins entre janvier et septembre 2020

Air-Journal.fr – 25 Avril 2020

 

La pandémie du coronavirus pourrait réduire de 1,2 milliard le nombre de passagers dans le ciel d’ici à septembre, comparé à une année traditionnelle, selon l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI).

 

« L’Europe et l’Asie-Pacifique seront les régions les plus durement touchées par les impacts sur les activités et les revenus, suivies de l’Amérique du Nord. La réduction la plus importante du nombre de passagers devrait se situer en Europe, surtout pendant la saison haute en été, suivie par l’Asie-Pacifique« , annonce l’OACI dans un communiqué. La capacité des compagnies aériennes fortement réduite entraînerait une baisse de leurs revenus de 160 à 253 milliards de dollars (148 à 234 milliards d’euros) au cours des neuf premiers mois de l’année, de janvier à septembre 2020, estime l’agence des Nations-unies chargée du transport aérien.

 

De son côté, l’Association du transport aérien international (IATA), qui représente quelque 290 compagnies aériennes assurant 82% du trafic aérien mondial, anticipe une perte globale de 314 milliards de dollars sur l’année 2020 pour les transporteurs.

 

 

Air France profiterait-elle de la crise du coronavirus pour augmenter ses tarifs du fret ?

Air-Journal.fr – 26 Avril 2020

 

La Fédération des entreprises des Outre-mer (FEDOM) dénonce la hausse des coûts du fret aérien entre la Métropole et les Antilles, assuré par uniquement Air France dans le cadre de la continuité territoriale.

 

« La hausse du prix du fret aérien (parfois multiplié par trois), causé par la diminution drastique des liaisons aériennes (plus de 80 % des liaisons ne sont plus assurées) est un problème majeur qui s’accroît chaque jour« , alerte la FEDOM dans un communiqué publié mardi 21 avril. « Pour endiguer cette hausse du prix du fret qui empêche l’acheminement de produits indispensables (alimentaires, agroalimentaires, médicaux), qui impacte les prix à la consommation, qui met des vies humaines en danger et qui paralyse complètement l’activité économique de nos territoires, les discussions entamées avec les différents acteurs concernés doivent aboutir à des solutions opérationnelles« , espère la FEDOM.

 

Cité par le site France-Antilles, Jean-Claude Florentiny, le président du Syndicat des Commissionnaires en Douane et Transitaires de Martinique (SCDTM), confirme également cette augmentation excessive du coût de fret : « En Martinique, seule Air France assure deux liaisons hebdomadaires, entre Paris et l’aéroport du Lamentin. Le problème qui se pose pour notre syndicat, qui représente 80 % des chargeurs et assure 90 % de la collecte de l’octroi de mer, c’est la politique tarifaire appliquée par Air France. Certes, nous comprenons parfaitement la situation liée à la pandémie de Covid-19 mais la réalité, c’est que le coût du fret aérien a été multiplié par trois. On a parfois des hausses de 100 à 120 %, y compris sur du matériel médical ou para-médical. Ce n’est pas tolérable, surtout lorsque des vies humaines se retrouvent, en bout de chaîne, mises en cause« .

 

Mercredi 22 avril, lors d’une audition à l’Assemblée nationale, le député (GDR) de Guyane Gabriel Serville lâche : « Que dire de la compagnie Air France qui profite abusivement de sa situation de monopole pour augmenter le coût du fret aérien y compris de manière scandaleuse sur du matériel médical et paramédical ? »

 

En réponse, le secrétaire d’Etat aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, un ancien pilote proche des compagnies aériennes, a tenté de dédouaner Air France : « Les prix pratiqués par Air France concernant l’affrêtement des avions sont trois fois inférieurs au prix du marché. Nous avons eu à affrêter dans le cadre du pont aérien et d’autres opérations des avions. Les prix d’Air France sont trois fois inférieurs au prix du marché« . A quoi lui répond le député Gabriel Serville : « Je vous dis froidement ma colère : sachez qu’il m’importe peu que le prix du fret d’Air France soit trois fois inférieur au prix du marché, car entre Paris et les Outre-mer cette société est assujettie à une mission de service public. »

 

« Afin de répondre à la forte demande exprimée notamment par les transitaires, Air France a mis en place des vols supplémentaires en utilisant des appareils utilisés habituellement pour le transport de passagers, dont seules les soutes sont utilisées. L’utilisation de ces appareils à des fins uniquement de transport de cargo n’est pas économiquement viable en pratiquant les tarifs en vigueur sur les vols réguliers. Air France a dû par conséquent revoir ses tarifs à la hausse pour couvrir ses coûts sur ces vols« , déclare Air France au site site France-Antilles.

 

Autre sujet polémique qu’essaie de désamorcer Jean-Baptiste Djebbari, toujours plus prompt à défendre les intérêts des compagnies aériennes que ceux des usagers français : Air France ne rembourse pas les billets sur les vols annulés dus au covid-19 et impose un valoir à utiliser sur un vol ultérieur -en toute illégalité selon le règlement européen 261/2004. Le secrétaire d’Etat aux Transports est intervenu à la Commission européenne pour demander un assouplissement du règlement afin qu’Air France puisse conserver légalement l’argent des passagers impactés.

 

 

Benjamin Smith : pas de retour rapide à la normale, réformes structurelles et plans de départs volontaires

Air-Journal.fr – 26 Avril 2020

 

Dans une longue interview accordée au journal Les Echos , le directeur général du groupe aérien Air France-KLM, Benjamin Smith, détaille les hypothèses de sortie de crise d’Air France après l’obtention de 7 milliards d’euros de prêts consentis par l’Etat français.

 

« Grâce à ce soutien [de l’Etat], nous avons les moyens de passer la période la plus difficile des prochains mois, durant laquelle nos liquidités risquaient d’atteindre un niveau critique, et de continuer à opérer pendant 12 à 18 mois« , déclare Benjamin Smith. Rappelant que l’activité d’Air France ne représente actuellement « plus que 2% à 3% du programme normal d’un mois d’avril« , il estime que le retour à la normale n’interviendra « pas avant deux ans, peut-être même un peu plus » : « Cela dépendra de la réouverture des frontières, mais aussi du temps qu’il faudra à nos clients pour revenir dans les avions« .

 

 

Le patron d’Air France-KLM  veut « faire de cette crise l’occasion de faire les réformes structurelles que certains de nos concurrents ont déjà réalisées« . Il assure que les objectifs du plan de transformation lancé en novembre dernier ne changent pas mais entend « accélérer sa mise en oeuvre dans deux domaines : la rationalisation du réseau domestique, qui a encore généré 200 millions d’euros de pertes l’an dernier, et la restructuration des fonctions support non opérationnelles« .

 

La filiale régionale HOP! dont la structure « reste trop complexe » avec des coûts opérationnels « plus élevés que la moyenne des compagnies régionales européennes. Cette situation n’est pas viable« . Il assure toutefois que « l’objectif n’est (…) pas de faire disparaître notre filiale régionale« .

 

« Nous ferons en sorte que l’impact social soit aussi réduit que possible« , assure-t-il. « Certains personnels d’Air France sont probablement prêts à partir volontairement, si on leur donne la possibilité. La première étape consisterait donc à proposer des plans de départs volontaires. »

 

A plus long terme, Air France a « besoin de règles du jeu et d’une structure de coûts comparables à celles de (ses) principaux concurrents« , souligne Benjamin Smith, pour qui « l’un des points les plus importants (…) est la compétitivité de l’aéroport de Roissy-CDG« , mais il n’est « pas question » de quitter Paris-Orly.

 

Air France : vers une reprise des vols intérieurs le 11 mai

Air-Journal.fr – 27 Avril 2020

 

La compagnie aérienne Air France a annoncé hier la reprise de ses vols domestiques à partir du 11 mai 2020, date de début du déconfinement dans l’hexagone. Ce redémarrage sera apparemment très progressif, et initialement limité à Bordeaux, Brest et Montpellier. Sur le long-courrier, cinq destinations africaines devraient être relancées à la mi-juin.

 

Pas de détail sur les routes concernées dans le message diffusé dimanche, mais elles s’ajouteront aux trois maintenues depuis le début de la pandémie de Covid-19, entre sa base à Paris-CDG et les aéroports de Marseille, Nice et Toulouse. Bordeaux-Mérignac, Brest-Bretagne et Montpellier-Méditerranée seraient les premières plateformes à être de nouveau reliées à la capitale selon Le Télégramme, avec des rotations lundi et vendredi (le retour à plusieurs vols par jour serait fixé au début juin).

 

 

Concernant les billets des vols commerciaux annulés dû au coronavirus, rappelons que les clients peuvent modifier les dates de leurs billets ou obtenir un avoir valable un an, Air France ne proposant pas de remboursement comptant.

 

Air France « est engagée dans la réduction de son empreinte environnementale par la compensation et la diminution de ses émissions », expliquait-elle hier. « Nous avons pris l’engagement fort de réduire nos émissions de CO2 de 50% sur nos vols domestiques au départ d’Orly et de région à région à horizon 2024, dans le cadre de l’adaptation de notre réseau domestique. Notre mission est aussi d’assurer la continuité territoriale et de relier les territoires français à Paris et au Monde, en respectant nos engagements environnementaux, et lorsqu’il n’existe pas d’alternative efficace avec d’autres moyens de transport ».

 

Rappelons que le CEO du groupe Air France-KLM Ben Smith expliquait samedi dans Les Echos que si la filiale régionale HOP dont la structure « reste trop complexe » avec des coûts opérationnels « plus élevés que la moyenne des compagnies régionales européennes. Cette situation n’est pas viable », l’objectif n’est « pas de faire disparaître notre filiale régionale ». Mais le plan de restructuration lancé en juin dernier va être « accéléré et accentué », prévenait le CEO la semaine dernière. Une « refonte sans précédent » du réseau court-courrier d’Air France devrait être annoncée rapidement, avec en cible de mire les lignes intérieures déficitaires ; et aucune option ne serait écartée sur la place respective d’Air France, de HOP et de la low cost Transavia sur ce réseau intérieur.

 

Sur le long-courrier, la réouverture de la plupart des lignes vers l’Afrique semble désormais fixée au 3 juillet, Airlineroute soulignant cependant que certaines redémarreront dès le 15 juin : vers Antananarivo (trois fois par semaine), Le Caire (quotidien), Cotonou (5 vols par semaine), Abidjan (7) et l’île Maurice (3). Le tout évidemment sous condition de réouverture des frontières.

 

Lufthansa Group : 10.000 salariés en moins et 100 avions de moins après la crise du coronavirus

Air-Journal.fr – 25 Avril 2020

 

Le président du directoire du Lufthansa Group, Carsten Spohr, estime que le groupe aérien allemand emploiera 10.000 personnes en moins et comptera 100 avions de moins dans sa flotte à l’issue de la crise économique due au coronavirus.

 

Selon lui, il faudra des années avant que la demande de transport aérien ne revienne à son niveau d’avant crise. Il s’attend ainsi à ce que son groupe ne soit pas en mesure de sortir du rouge avant 2023. « Nous avons été le premier secteur à être touché par la crise mondiale et nous serons parmi les derniers à en sortir », estime-t-il dans un courrier interne adressé au personnel.

 

Aussi, Lufthansa Group sera différent une fois la pandémie du coronavirus maîtrisée. Faute de demande, le groupe -qui comprend les compagnies Lufthansa, Eurowings, SWISS, Austrian Airlines et Brussels Airlines- comptera probablement 10.000 employés et 100 avions de moins à l’issue de la crise. Avant l’apparition du coronavirus, il comptait quelque 130.000 salariés et une flotte de 760 avions à travers le monde. En outre, plus d’un milliard d’euros de prêts devraient être remboursés chaque année, prévoit Carsten Spohr.

 

Lufthansa Group espère finaliser la semaine prochaine un plan de sauvetage qui pourrait atteindre 10 milliards d’euros accordés par les pouvoirs publics en Allemagne, en Suisse, en Autriche et en Belgique, pays où il est implanté. Au premier trimestre 2020, le groupe a affiché une perte de 1,2 milliard d’euros (contre -336 millions par rapport au premier trimestre 2019) et un chiffre d’affaires de 6,4 milliards d’euros (-18% par rapport au premier trimestre 2019). Rien que sur le mois de mars, ses revenus ont plongé de 47 %. Au deuxième trimestre 2020, la perte devrait être « significativement plus élevée », Carsten Spohr affirmant que le groupe perd actuellement « 1 million d’euros par heure ».

 

Coronavirus : UFC-Que Choisir met en demeure 57 compagnies aériennes sur le remboursement des vols annulés

LesEchos.fr – 24 Avril 2020

 

L’association de consommateurs UFC-Que Choisir accuse 57 compagnies aériennes de ne pas respecter la réglementation en matière de remboursement des billets de vols annulés en raison de la pandémie de Covid-19. Elle les menace d’une action en justice « à défaut de réaction ».

 

« Ce n’est pas aux consommateurs de payer le coût de la crise actuelle ». Dans une note publiée ce vendredi matin, l’association de consommateurs UFC-Que Choisir a mis en demeure 57 compagnies aériennes, qu’elle accuse de ne pas rembourser les billets de vols annulés en raison des mesures de lutte contre la pandémie de Covid-19.

 

UFC dit avoir été « alerté par des milliers de consommateurs », qui se sont vus proposer la plupart du temps un avoir pour compenser la perte de leur billet. L’association a « analysé les modalités de remboursement de 76 compagnies aériennes, qui représentent près de 80 % du trafic aérien annuel de passagers ».

 

« Seulement 23 % » respectent leurs obligations

Selon ses conclusions, « seulement 23 % d’entre elles respectent leurs obligations et proposent le remboursement immédiat des billets annulés aux passagers. Toutes les autres […] imposent en toute illégalité un avoir à validité variable, retardent le remboursement ou appliquent des frais de modification ».

 

Parmi les 57 compagnies visées se trouvent les low-cost Easyjet, Ryanair et Vueling, mais aussi plusieurs grandes compagnies comme Air France, son partenaire KLM, Lufthansa ou Emirates.

 

Réglementation européenne

UFC-Que Choisir les accusent de ne pas respecter la législation européenne et s’appuie sur l’article 8 du règlement européen « établissant des règles communes en matière d’indemnisation […] en cas de refus d’embarquement et d’annulation ou de retard important d’un vol ». Celui-ci stipule que le remboursement du billet « doit intervenir dans un délai de 7 jours au prix auquel il a été acheté », en cas de voyage non effectué.

 

L’association rappelle également une communication de la Commission européenne du 20 mars dernier, sur l’interprétation « relatives aux règlements de l’UE sur les droits des passagers au regard de l’évolution de la situation en ce qui concerne le Covid-19 ». Dans celle-ci, l’instance communautaire stipule que, « si le transporteur propose un bon (NDLR, un avoir de la valeur du billet), cette offre ne peut pas affecter le droit du passager d’opter plutôt pour un remboursement ».

 

« A défaut de réaction, l’UFC-Que Choisir n’hésitera pas à engager toute action nécessaire pour que ces droits soient pleinement respectés par les compagnies aériennes », conclut l’association de consommateurs.

 

Un secteur ravagé par la crise

 

Le secteur aérien est l’un des plus touchés par les effets dévastateurs de la pandémie. Avec les restrictions de voyage, les fermetures de frontières et les mesures de confinement décidées dans de nombreux pays, le trafic est quasiment à l’arrêt.

 

En un mois, au 7 avril, le trafic aérien mondial était passé de près de 110.000 vols commerciaux par jour à 26.000 vols. L’Association internationale du transport aérien (IATA), qui représente les compagnies, estime la perte financière pour les compagnies à 314 milliards de dollars sur l’ensemble de l’année 2020.

 

L’appel au secours du PDG de Corsair

Air-Journal.fr – 27 Avril 2020

 

Le fondateur et PDG de la compagnie aérienne Corsair International appelle l’Etat à soutenir tous les transporteurs français, faute de quoi elle pourrait ne pas survivre à la pandémie de Covid-19.

 

Publiée alors qu’Air France apprenait l’ampleur du plan de soutien gouvernemental, la tribune de Pascal de Izaguirre survient alors que la compagnie française a déjà annoncé vouloir reprendre ses opérations à la mi-juin au départ de l’aéroport de Paris-Orly, sans prêt garanti par l’Etat aux conditions trop restrictives et sans les derniers Boeing 747-400 qui seront revendus. Selon celui qui a lancé il y a 40 ans les premiers vols charter vers départements d’outre-mer et « véritablement démocratisé le transport aérien en France, bien avant l’arrivée des low cost », Corsair a « résisté au terrorisme, aux crises financières ou aux caprices d’un volcan islandais (…) grâce à l’engagement sans faille de son personnel », puis a évolué pour devenir une compagnie régulière et emploie 1200 salariés. Mais la crise du coronavirus, « la pire que traverse le transport aérien mondial », vient « d’anéantir sa stratégie de développement et sa pérennité même ».

 

Pour Pascal de Izaguirre, face à ce « véritable tsunami économique », le fait que l’Etat se soit engagé à soutenir Air France est « une bonne chose ». Mais qu’en sera-t-il « des autres petites compagnies et de l’ensemble du pavillon français », se demande le PDG, « subiront-elles le même sort qu’aigle Azur ou XL Airways » ? Si Corsair venait à disparaître, il n’est pas sûr selon lui que la compagnie nationale « puisse absorber le volume de sièges laissés vacants où les besoins des tour-opérateurs ». Les grandes gagnantes de la consolidation seraient « à coup sûr » les compagnies étrangères, British Airways et Lufthansa, « qui bénéficieront elles aussi d’un fort soutien de leurs Etats » pour sortir de la crise.

 

La « mort des petites compagnies françaises » n’assurera pas la survie d’Air France, déclare le dirigeant de Corsair, dans un pays où « le manque de compétitivité du secteur a été souligné à de nombreuses reprises par l’ensemble du secteur ». Si Corsair disparaît, ce sera « au détriment du consommateur » : la consolidation conduira « inéluctablement à une hausse des pris ». Pour Pascal de Izaguirre, la diversité du pavillon français est « la seule réponse face aux compagnies étrangères ». Il appartient donc à l’Etat de « protéger Air France mais aussi Corsair et l’ensemble d’un pavillon français au bord du gouffre », des milliers d’emplois en dépendant.

 

Corsair espère relancer partiellement les vols dès le 12 juin 2020 au départ de sa base à l’aéroport de Paris-Orly vers la Guadeloupe, la Martinique et la Réunion. Une date qu’ADP n’est pas prêt à officialiser, ayant fermé la deuxième plateforme parisienne depuis quatre semaines pour une durée indéterminée.

 

 

Guadeloupe-Pôle Caraïbes : trafic passager en recul de 43% en Mars

Air-Journal.fr – 25 Avril 2020

 

C’est sans surprise que l’aéroport Guadeloupe-Pôle Caraïbes annonce une baisse 43% par rapport à mars 2019, tous les segments de son trafic passager étant impactés du fait de la diminution des fréquences ou de l’arrêt des vols dû à la crise du coronavirus.

 

Le trafic du mois de mars 2020 s’élève à 152 726 passagers contre 265 197 passagers en mars 2019, soit 112 471 passagers de moins. Le fret est également fortement impacté par la crise sanitaire, avec une baisse de volume de près de 23% en mars 2020. La tendance étant particulièrement marquée sur le fret à l’export, impacté par la diminution des capacités en soute, permettant notamment l’export de fruits vers l’Europe.

 

France Hexagonale

 

Principal faisceau de trafic et l’un des seuls à avoir conservé des vols, la ligne vers Paris a enregistré une diminution de 36%, impactée par la réduction des programmes de vols à compter du 17 mars puis à l’arrêt progressif des rotations de certaines compagnies : Corsair et Level le 26 mars, Air Caraïbes le 29 mars. Depuis le 30 avril ne sont opérées que deux fréquences hebdomadaires contre 6 quotidiennes.

 

Faisceau Amérique du Nord

 

En forte progression sur les 10 premiers mois de l’année 2019, le faisceau « Amérique du Nord » a subi, depuis novembre 2019, l’effet de l’arrêt des opérations de la compagnie Norwegian, auquel est venu s’ajouter, depuis le 16 mars 2020, les effets du « Travel Ban » américain (interdiction des vols internationaux à destination des USA).

Ces deux effets cumulés ont eu pour conséquence une diminution de 61% du trafic sur ce faisceau, ce malgré le début encourageant des opérations de la compagnie jetBlue en février 2020. La compagnie a dû interrompre prématurément ses vols entre New York et Pointe à Pitre qu’elle devait assurer jusqu’au 30 avril. Ceux-ci sont prévus reprendre en novembre 2020, selon les conditions de prévention sanitaire qui seront alors en vigueur.

Sur l’axe Montréal, le trafic a enregistré une diminution de 40%, également liée à l’arrêt des vols de la compagnie Norwegian. Paradoxalement, la compagnie Air Canada a vu son trafic augmenter sous l’effet des départs liés aux rapatriements (+39% de trafic au départ par rapport à l’an passé), contre une baisse de seulement 3% du trafic à l’arrivée. La compagnie Air Transat en revanche a vu son trafic chuter dans les deux sens, avec une baisse de près de 30%.

 

Les réseaux régionaux

 

Les réseaux régionaux ont également été sévèrement touchés par les conséquences de la crise sanitaire et enregistrent une diminution globale de 52% en mars 2020 comparé à mars 2019. La Martinique et les Iles du nord subissent respectivement une diminution de trafic de -51% et -55%.

 

Europe

 

Le trafic vers l’Europe a baissé de 53%, en raison essentiellement de la fin anticipée des croisières. Arrêt des opérations qui a donné lieu à la mise en place d’un véritable corridor sanitaire aérien pour rapatrier près de 4 000 passagers en 5 jours sur 22 vols spécialement affrétés.

 

Pour le mois d’avril la chute devrait atteindre 90%, prévoit l’aéroport Guadeloupe-Pôle Caraïbes.

 

 

Un aéroport bloque les avions de Virgin Australia, réclamant le paiement d’une grosse dette

Capital.fr – 26 Avril 2020

 

L’aéroport australien de Perth bloquerait plusieurs avions de la compagnie aérienne de Richard Branson, en raison d’une dette qui ne lui aurait toujours pas été payée.

La situation financière de Virgin Australia est compliquée certes, mais l’aéroport de Perth ne compte quand même pas faire de cadeau à la compagnie aérienne. Selon les informations de la chaîne locale australienne 7news, il bloquerait au moins quatre avions de la compagnie sur son tarmac à l’aide de bulldozers et de véhicules. La raison : la compagnie aérienne lancée par Richard Branson en Australie devrait à l’aéroport une dette de 16 millions de dollars, qu’elle a accumulée au fil du temps en lien avec des taxes d’utilisation de terminal notamment.

 

Selon les déclarations d’un porte-parole de l’aéroport de Perth, capitale de l’Australie-Occidentale, cité par 7news, Virgin Australia a amassé un certain nombre de factures envoyées par l’aéroport et aurait pourtant déjà bien collecté l’argent auprès de ses passagers notamment. Sans toutefois payer son dû à l’aéroport. Aussi, devant les agissements de la compagnie aérienne, l’établissement a décidé de bloquer quatre de ses avions. Il s’agit d’appareils garés sur place depuis quelques temps déjà : la manoeuvre ne devrait donc pas avoir de conséquences sur les vols, alors que Virgin Australia opère environ 180 vols hebdomadaires depuis l’aéroport de Perth.

 

Virgin Australia au plus mal

 

En raison de la crise liée à la pandémie de Covid-19, ce dernier s’attend à perdre environ 100 millions de dollars de chiffres d’affaires sur les trois prochains mois. La compagnie aérienne lancée en 2000 est également dans une situation très délicate. Elle a récemment été placée sous « administration volontaire », l’équivalent australien d’une cessation de paiements. Richard Branson, le patron du groupe Virgin, a déclaré que la nouvelle était « dévastatrice » mais qu’il souhaitait travailler avec les investisseurs et le gouvernement australien pour remettre la compagnie sur pied. Et alors que tout le groupe Virgin vacille, le milliardaire a proposé d’offrir son île privée Necker en garantie. Mais l’aéroport de Perth, s’il dit vouloir aider du mieux qu’il le peut Virgin Australia, a également remis de l’ordre dans ses priorités en cette période de crise : « Si l’aéroport est prêt à travailler avec les administrateurs de Virgin, il doit aussi protéger ses propres intérêts ».