SPAF

Syndicat des pilotes d’Air France

Aviation : vérification d’identité des passagers à l’embarquement

Aviation : vérification d’identité des passagers à l’embarquement

Air France abandonne les contrôles à l’entrée des avions. La compagnie ne va plus vérifier l’identité des passagers qui montent dans ses appareils. Une décision qui inquiète, rapporte Europe 1.

Il n’y aura plus besoin de présenter une carte d’identité pour embarquer dans un avion Air France.

C’est Christian Estrosi qui s’en est ému sur Twitter lundi 22 janvier : « Navette #Airfrance de 6 h 30 entre @Paris et #Nice06 : plus de contrôle d’identité. Inacceptable. Je demande le rétablissement pour toutes les compagnies. » La compagnie aérienne a en effet mis fin aux contrôles au moment de l’embarquement, signale Europe 1, pour ses passagers ne subsiste que le contrôle de sécurité. Pour la compagnie, ces vérifications, qui ne sont pas des « contrôles d’identité » puisque c’est seulement la concordance des noms entre la carte d’identité et la carte d’embarquement qui est vérifiée, sont devenues optionnelles avec la levée de l’état d’urgence.

« Les personnes qui se présentent à la porte d’embarquement sont censées être sécurisées, puisqu’elles sont passées à l’inspection-filtrage et qu’elles ont subi les contrôles habituels », explique à la radio Gilles Leclair, directeur de la sûreté aérienne d’Air France, « les personnes qui arrivent à l’embarquement, si tant est qu’elles ne soient pas la bonne personne en possession de la bonne identité, ne constituent pas un problème de sécurité ».

Échange de billets

Mais ce discours ne rassure pas le syndicat des pilotes d’Air France (SPAF). « On ne pourra pas identifier le passager qui aura utilisé un billet », s’émeut le président du syndicat Grégoire Aplincourt sur Europe 1. « Vous pouvez très bien avoir un passager dans l’avion qui a fait acheter son billet par quelqu’un d’autre pour de mauvaises raisons. (…) Il suffit qu’il échange son billet avec quelqu’un d’autre, et vous ne pourrez pas le repérer et savoir où il est allé », s’inquiète-t-il en citant l’exemple d’un djihadiste en fuite. Mais pour Gilles Leclair : si c’est un djihadiste qui essaie de brouiller les pistes, ce n’est quand même pas Air France qui est chargé de la lutte antiterroriste ! Il y a des services pour cela et s’il y a un soupçon sur une personne, on peut imaginer que les services compétents ne seront pas très loin. »