SPAF

Syndicat des pilotes d’Air France

Edito du Président : Crime et châtiment

Edito du Président : Crime et châtiment

C’est désormais devenu une habitude, la rentrée sociale va être chaude.

Profitant de la torpeur aoûtienne de la France (pas celle des pilotes), et alors que tous les Français se préoccupent de passer un peu de temps en famille, le dossier des retraites a refait surface. Et pas pour le meilleur : c’est avec la vitesse et les effets d’un tsunami que le gouvernement semble vouloir avancer. Et qui dit avancer, dit pour nous salariés, reculer. Mais aujourd’hui, dos au mur, reculer n’est plus une option.

Car la réalité est là : le gouvernement avait annoncé vouloir fusionner les régimes spéciaux avec le régime général, mais il a subitement intégré à ses plans la fusion des régimes complémentaires, dont la CRPN.

La nuance n’est pas négligeable, puisqu’il s’agit alors ni plus ni moins que de récupérer la manne des caisses complémentaires, et d’en faire les fonds de tiroir. Avec la promesse d’un euro reversé pour chaque euro cotisé. Le problème ? C’est que le gouvernement veut aussi récupérer nos réserves qui « travaillent » et font que si l’on cotise un euro, on en récupère plus en rendement.

Mais aussi et surtout nous perdrons la gestion de notre caisse qui passera aux mains d’intérêts bien moins soucieux des PN que nous le sommes.

On sait aussi que toutes les caisses complémentaires ne se valent pas et on peut se douter qu’en fusionnant notre caisse (somme toute performante) dans le Régime Universel, le résultat ne nous sera pas favorable.

Le danger est immense. Si l’on se contente de faire simple, ce sera à terme 20 à 40% de baisse de nos pensions. Simpliste, mais bien réel.

L’affaire Transavia quant à elle n’est pas soldée non plus. Je le sais, nous passons pour de dangereux réfractaires sur ce sujet. Il n’empêche : les historiques jouent la surenchère en menaçant d’une grève en septembre qui a tout lieu d’être une parade de polichinelle.

Non contents d’obtenir un accès direct CDB LC, ils demandent l’argent du beurre et le meilleur des deux mondes…

L’accord, même pas signé, est déjà modifié et va encore l’être. Quelle précipitation à faire voter les adhérents SNPL sur une base qui va être ainsi reprise ? Amateurisme ou orgueil mal placé des négociateurs majoritaires ?

Ce SNPL ne semble toutefois pas en difficulté avec ses adhérents qui valident une ligne syndicale progressiste dans des proportions historiques… Il faut bien dire qu’on ne leur dit pas toute la vérité (enfin nous, si).

Il n’empêche, la valse-hésitation et le retour en négo après un référendum pour cause d’instabilité juridique, cela ne fait pas très professionnel. L’accord toujours pas signé (contrairement à TOUS les autres) prouve bien que le travail syndical a été bâclé.

Dans ce contexte, les pires craintes sont à avoir au sujet de la fin de secteur 380. Personne n’imaginait voir sortir de la flotte aussi vite un gros porteur aussi récent dans la compagnie. Et comme l’a surement deviné le DG.OA Jean Fernandez, cela va générer des tensions sur une population plutôt en fin de carrière et qui ne s’y attendait pas. La négociation commence…

Mobilisons-nous déjà pour nos retraites le 16 septembre. L’enjeu n’est plus juste financier, il s’agit de la disparition pure et simple de notre caisse. Il n’est pas question de l’accepter, et il faudra très certainement monter la pression au niveau de l’Etat.

Grégoire Aplincourt, Président du SPAF