SPAF

Syndicat des pilotes d’Air France

Edito du Président : La déraison ?

Edito du Président : La déraison ?

La déraison ?

Être raisonnable n’est pas toujours chose facile.

L’Etat semble avoir perdu la raison en tentant, au mépris de toutes les règles du bon sens, de l’équité, et même de la loi, de récupérer la manne des complémentaires retraites.

Il s’autorise une confiscation manifeste de l’épargne de milliers de gens de manière assez incroyable. Quand c’est un escroc qui opère, on appelle cela du vol… Et quand c’est l’État ?

Nous détaillerons encore une fois ce hold-up et ses conséquences catastrophiques pour les pilotes dans ce Trait d’Union spécial retraites.

Chez KLM aussi certains semblent avoir perdu la raison. Croyant très fort dans leur suprématie, oubliant que sans Air France ils auraient disparu comme tant d’autres (Pan Am, Swissair, Sabena, etc.), les dirigeants de KLM passent leur temps à intriguer contre Air France.

On se demande bien où ils compteraient aller sans nous. Cette gestion schizophrène n’a pour seul but que de déstabiliser AF. Tout ceci renforcé par le fait que nous avons, depuis des années, tout laissé dériver vers eux (escales, assistances, vols, etc.). Les erreurs du passé se paient toujours un jour.

Le « tout KLM » coûte aujourd’hui cher à Air France, qui aurait du mal à refonctionner seule dans ses escales (entre autres). On l’avait dit : erreur majeure.

Le dogme du 0 QT, économie court-termiste et illusoire, coûte aujourd’hui bien plus cher qu’il n’a pu (peut-être) rapporter. Il faut aujourd’hui 1300 QT par an pour rattraper cela, sans compter que l’on est limités dans notre capacité à capter la croissance.

Cette vision court-termiste a aussi libre cours du côté du SNPL. Accords mal ficelés sur lesquels il faut revenir sans arrêt (Transavia), injustes (0 augmentation pour les pilotes en 2019… pour financer TO !!), cette volonté de signer des accords à tout prix finit par coûter cher aux pilotes. KLM, toujours opportuniste, en a d’ailleurs profité pour augmenter ses pilotes de 7,4%. Encore un accord mal né signé par ceux qui, il y a un an, encaissaient à leur compte les dividendes d’une gestion syndicale menée par d’autres. Le solde de ces dernières années, le pactole de syndicalistes plus opiniâtres mais rigides jusqu’à l’excès (selon les standards du syndicat majoritaire…)

S’agissant de la NAO, le SPAF a demandé une cohérence entre les politiques salariales AF et KLM.

La stratégie étant un choix politique, la politique sociale doit l’être aussi. Chez KLM, ça ressemble à tout pour ma g…  tandis qu’au SNPL on se contente de zéro après avoir encaissé, comme honteux, un solde de tout compte.

Les modifications successives de nos règles de carrière n’échappent pas à la règle : LCP unique pour pouvoir faire du droite-gauche LC sans être pénalisés, et ensuite règle 2016, aujourd’hui c’est la LCP intégrant les historiques TO avec de l’ancienneté sur notre LCP devant nos collègues et devant ceux de Hop, pourtant plus anciens !… Et j’en passe. Les erreurs clivantes se succèdent et personne ne semble en retenir les leçons.

L’accord de fin de secteur 380 n’est pas parti pour faire exception, le voici arbitrairement repoussé aux calendes grecques.

Au final, personne n’étant défendu, les collectifs se multiplient, chacun tentant de s’aider soi-même, et contre les autres. Il n’y en a jamais eu autant à Air France ! Un peu de retour à la raison ne nuirait pas !

Mais ce n’est peut-être pas encore pour aujourd’hui, le SNPL ayant décidé de faire cavalier seul sur un sujet aussi crucial que les retraites (comme sur les autres).

Grégoire Aplincourt, Président du SPAF