Avant même les deux prochaines journées de grève prévues les 3 et 7 avril, l’intersyndicale d’Air France accentue la pression sur la direction. Dimanche, les organisations syndicales de la compagnie ont annoncé une nouvelle mobilisation, cette fois de deux jours, les 10 et 11 avril.

Le personnel d’Air France, tous métiers confondus, a déjà arrêté le travail à trois reprises,  les 22 février, 23 et 30 mars . Une quatrième journée est programmée mardi, en même temps que la SNCF, et une autre samedi.

Dans un communiqué publié dimanche, les trois syndicats de pilotes (SNPL, Spaf, Alter) dénoncent « le refus obstiné » de la direction de « prendre en considération la moindre de (leurs) demandes ». « Nous avons décidé de poursuivre le mouvement de grève en posant deux jours supplémentaires », les 10 et 11 avril, ajoutent-ils.

Ils ont été rejoints par l’ensemble de l’intersyndicale – les hôtesses et stewards (SNPNC, Unsa-PNC, Unac, CFTC, SNGAF) et les personnels au sol (CGT, FO et SUD), selon plusieurs de ses membres.

Bataille de chiffres

Dans une autre déclaration, celle-ci souligne que la direction de la compagnie aérienne « ne semble pas prendre au sérieux la détermination des salariés et de l’intersyndicale ».

« Malgré une communication malhonnête d’Air France, l’efficacité des grèves reste importante avec 54% des 465 vols prévus au départ d’une base le 30 mars annulés ou affrétés auprès d’une autre compagnie, dont 51% de vols long-courriers impactés et 55% des vols moyen-courriers », écrit l’intersyndicale.

Lors de la dernière grève vendredi, Air France avait annoncé le maintien de 76% des vols programmés. Dans le détail, elle prévoyait d’assurer 80% des vols long-courriers et autant de court-courriers, à Orly et en province, ainsi que 70% des moyen-courriers au départ et vers Roissy.

Une revalorisation salariale jugée insuffisante

Dans une déclaration, Air France avait déploré le précédent appel du même genre, qu’elle jugeait pénalisant pour ses clients et l’entreprise.

« Augmenter les coûts de la compagnie en accédant à la demande d’augmentation des salaires compromettrait les projets de croissance dont Air France a besoin pour faire face aux défis du transport aérien mondial », était-il écrit.

Les salariés réclament une revalorisation des salaires de 6 %, jugeant insuffisante la politique salariale de l’entreprise, compte tenu des efforts passés des salariés et des bons résultats de la compagnie en 2017. Selon eux, cette hausse permettrait de compenser la perte de pouvoir d’achat qui découlerait de l’absence d’augmentation générale depuis 2011.

Du coté de la direction , on affirme la plupart des salariés ont vu leurs rémunérations augmenter durant cette période et une revalorisation générale de la grille salariale représenterait un surcoût, trop élevé au regard de la rentabilité d’Air France, de 240 millions d’euros par an. La direction avait toutefois accordé une augmentation générale de 0,6 % au 1er avril et 0,4 % au 1er octobre. Mesure jugée insuffisante par les syndicats.