SPAF

Syndicat des pilotes d’Air France

Sous les pavés la plage

Sous les pavés la plage

Ce mois de juillet, traditionnellement calme, ne l’est pas pour tout le monde. Certes la France est championne du monde de football. C’est déjà ça, et cela ne peut pas faire de mal au moral.

Mais pour vos représentants syndicaux, il en va tout autrement. Hormis l’actualité sociale toujours laissée sans solution par une Direction en perdition, un danger nous guette tous : le CSE.

Le SPAF a déjà publié plusieurs tracts à ce sujet épineux. Mais l’incompréhension règne encore chez la plupart des pilotes.

Alors CSE, késako ? Voici un petit condensé de la situation :

Le CSE va remplacer dès 2019 le CE, les DP, et le CHSCT-Pilotes à l’occasion des prochaines élections professionnelles. Le tout réunit en une seule instance confondue et commune avec les PNC. Et si commune suppose CE, comme avant, cela suppose aussi DP et CHSCT. Et cela change tout !

Notre défense et celle de nos accords vont désormais être assujettis au bon vouloir des PNC. Il y a danger !

 Premier effet, le regroupement des instances va diminuer la compétence des délégués obligés de tout traiter à la fois. Avec un déficit évident de temps et de moyens pour gérer à quelques-uns ce qui nécessitait auparavant une cinquantaine… La Direction aura moins de pilotes à affronter mais aussi des pilotes saturés et de moins en moins dans les cockpits : la fameuse idée de proximité… avec la Direction !

Deuxième effet, le regroupement avec les PNC implique que tous les sujets DP et CHSCT, respect des accords, etc… seraient traités par des représentants parmi lesquels les PNC entendent être fortement majoritaires, et surtout absolument pas compétents pour traiter nos sujets métier ! Ce qui présente non seulement un danger immédiat pour la sécurité des vols (comment nos collègues PNC auraient-ils pu traiter le danger des décollages Bogota ?) mais également à terme, la démission collective générée par l’incompétence.

En matière de proximité enfin, les DP et les élus CHCST, qui vous défendent depuis des années vont se retrouver ultra-minoritaires et isolés dans un « bain culturel » PNC qui n’est pas, imaginez bien, propice à la défense de vos intérêts. Noyés au milieu de 35 délégués + 35 suppléants ce serait donc 9 pilotes et 26 PNC pour décider…

Et comme c’est le CSE qui nomme ses représentants, les quelques pilotes nommés par l’instance devront montrer patte blanche et beaucoup d’obéissance. Inutile de vous faire un dessin.

Le SPAF a déjà décidé de saisir la justice pour dénoncer ce CSE de confusion et de collusion qui représenterait 17000 employés aux métiers et règles d’utilisation totalement différents et aux fonctionnements aujourd’hui encore bien distincts. Aucune entreprise n’a osé un tel CSE.

Le SPAF n’a jamais milité pour un CE spécifique pilotes, mais les subventions versées par l’entreprise au titre de notre population vont, pour certains, devenir un enjeu. Et cette fois, à moins de trouver d’urgence un accord qui préserverait notre représentativité et nos spécificités, nous n’aurons d’autre choix que de rechercher en justice un CSE pilotes distinct.

La liberté a un prix, et le combat ne fait que commencer. Sous les pavés, la plage. Mais nous en sommes aux pavés.

Grégoire Aplincourt, Président du SPAF