SPAF

Syndicat des pilotes d’Air France

Combien dites-vous ?

Combien dites-vous ?

Nous voici donc à la fin de l’automne, et, contrairement aux promesses d’un jour, les négociations salariales se font toujours attendre. Nous avions demandé à M.Terner, qu’elles soient associées à Trust Together. Une motion du SNPL rejetait cette initiative. Nous demandions ensuite en juillet et en septembre, qu’il les engage enfin.

Cela semble le déranger, surtout vu l’ampleur des revalorisations à travers le monde, chez IAG, Lufthansa, Delta, et sans parler de KLM… Ce ne sont même plus des exemples mais une quasi-généralité. Même Ryanair va devoir s’y coller ! Une première.

Tout le monde est augmenté ? Non, car une compagnie résiste encore et toujours…

Cela vous rappelle quelque chose ? Les Gaulois ne font jamais rien comme les autres après tout. Et il faut bien payer les indemnités de madame Parly, et les augmentations du comité exécutif. Charité bien ordonnée…

Mais à l’annonce des résultats semestriels, la situation devient de plus en plus intenable pour une direction aussi dogmatique que méprisante envers ses pilotes.

Les pilotes ont participé au redressement de l’entreprise, et aujourd’hui, ils demandent un juste retour des choses. Ni plus ni moins.

Mais à Air France, la Direction envisage la négociation comme un match de boxe. Un match, cela consiste à être opposés l’un à l’autre, avec chacun pour objectif de gagner. C’est assez simple finalement. Le match nul n’existe pas. Il faut juste gagner. Et pour gagner, il faut faire perdre l’autre ! C’est la loi du genre.

La Direction donc, enfermée dans ce qu’elle pense être un combat avec les pilotes, n’accepte pas l’idée même de devoir discuter tant que ce n’est pas pour y gagner elle.

Mais il faut être lucide : on nous vend du rêve ! Trust Together ne va pas accélérer les carrières, c’est la croissance du transport aérien qui le fera (si on sait la saisir). Et si l’on investissait dans Air France plutôt que de jeter des millions dans Joon comme on l’a fait avec Transavia, c’est la compagnie qui en profiterait. Au lieu de cela, nous allons continuer à nous faire distancer par les majors mondiales. Perdant pour les pilotes, gagnant pour les financiers ? Trust Together 1, pilotes 0. Mais bon, on a le Xcm. Ouf, enfin une grande victoire syndicale !

Au SPAF nous avons toujours estimé que le syndicat devait agir pour la collectivité. Revaloriser le CDB moyen-courrier, par exemple, comme nous l’exigeons depuis longtemps, c’est bon pour la profession. Et revaloriser les salaires, avant la NAO, c’est nécessaire après tant d’années sans rien.

Car la NAO, c’est le lieu où l’on gère les augmentations de l’année, liées par exemple à l’inflation. Pas la rémunération globale liée à une profession.

Mais il est vrai que confiner les discussions salariales à la NAO est très confortable. Le DRH Gateau se contente d’autant plus volontiers de nous donner ce seul rendez-vous qu’il n’y sera sans doute pas présent. Et si vous attendez une bonne nouvelle pour les pilotes à l’occasion de la NAO, revenez sur terre et circulez : y’a rien à voir !

Grégoire Aplincourt,  Président du SPAF