SPAF

Syndicat des pilotes d’Air France

Dormez braves gens…

Dormez braves gens…

Il n’aura pas fallu 24h après le résultat du référendum (réservé aux adhérents du SNPL) pour que le président du syndicat majoritaire aille signer Trust Together. Laissant à la porte les demandes légitimes d’une partie importante de la population pilote concernant des revalorisations salariales – entre autres – et abandonnant encore une fois le moyen-courrier. Un réseau dont les potentialités et la robustesse ne sont pas contestées et que le SPAF voulait renforcer et revaloriser. Air France et le SNPL vont donc avancer de concert à nouveau, sacrifiant une fois de plus ce grand perdant qu’est décidément le moyen-courrier, mal-aimé de cette compagnie. Triste date que ce 18 juillet.

Mais que personne ne soit dupe : rien n’est terminé et ce n’est – au contraire – que le début d’un nouveau cycle de dégradations. On a bien vu où nous a menés la limitation en avions de Transavia malgré les « garanties » tonitruantes du SNPL… Comme le disait lui-même le général de Gaulle, « Les traités, voyez-vous, sont comme les jeunes filles et les roses : ça dure ce que ça dure ». N’est pas « de Gaulle » qui veut.

Malgré sa satisfaction affichée, M. Terner doit avoir conscience que les demandes des pilotes sont toujours là et qu’ils n’ont pas l’intention d’y renoncer. L’annonce du nom « Joon », faite dans les minutes suivant la signature de TT montre aussi l’absence de confiance dans les pilotes (et le peu de goût pour la défense du français).
La Direction générale craignait-elle que ce « joli » nom ait pu faire renoncer à voter oui ?
D’ailleurs, fallait-il vraiment faire appel à une agence de « naming » d’un coût de plusieurs milliers (millions ?) d’euros pour trouver le nom d’un pseudo rappeur allemano-coréen ou d’un restaurant afghan en alsace ? Que d’inspiration : après Hop, Joon… le progrès fait rage !
Et dans la foulée la presse s’amuse, « On sait pourquoi la nouvelle compagnie d’Air France s’appelle Joon (mais on n’est pas sûrs d’avoir tout compris) », KLM voit rouge (ça encore c’est plutôt bon signe). Une fois de plus, la marque Air France est évacuée par l’issue de secours, sans toboggan. Et nous, on n’aime pas ça. Nous l’avions dit à qui de droit, mais les assurances données n’ont pas été respectées.

Alors après vous être amusé à récupérer le look des uniformes de Virgin (« JOON : Air France relooke ses hôtesses de l’air en baskets et doudoune »), il va falloir accepter, Monsieur Terner, de parler de choses sérieuses : la redistribution de la croissance, après les années d’efforts consentis par les pilotes.
Après avoir décidé de n’augmenter les salaires que pour certaines catégories de personnels, après avoir redirigé le surintéressement vers ces mêmes catégories, les pilotes attendent à juste raison leur tour. Et ne croyez pas qu’avoir signé Trust Together vous dispensera de toute obligation envers des pilotes qui, eux, n’ont subi que des désavantages sans bénéficier d’aucune amélioration depuis plusieurs années.

La balle est dans votre camp. Nous vous en avons donné le temps avec un préavis de plus d’un mois. Nous vous demandons d’ouvrir des discussions sur les salaires, le rythme de travail moyen-courrier, et la sécurisation des facilités de Transport. Rien de délirant et rien de scandaleux. Ne prenez pas les pilotes pour des pigeons, cela ne durera pas éternellement !

Grégoire APLINCOURT,
Président du SPAF.