SPAF

Syndicat des pilotes d’Air France

Edito du Président

Edito du Président

Après le beau temps la pluie ?

La question se pose, que va-t-il se passer désormais ? Rien n’est vraiment clair et la désinformation bat son plein (selon certains PNC nous aurions déjà signé avec 9% de salaire en plus, financés par les embauches de PNC à bas coûts chez Boost). Rien que ça !

Malgré les efforts de la DG.OA, nous invitant chaque jour à une reddition en rase campagne, cette communication ne passe pas. Après avoir passé des mois à discuter de virgules, nous en sommes arrivés à un projet d’accord inacceptable sur le fond parce qu’il ne correspond tout simplement pas aux intérêts des pilotes.

Compte tenu de la situation présente, on devine qu’une solution en interne aurait été 100 fois plus simple, sécurisante pour l’emploi et 100% juridiquement compatible. Mais même si les dogmes de la Direction sont aussi rétifs qu’arbitraires, qu’importe, il n’est jamais trop tard pour bien faire !  Alors quoi ? Apparemment la Direction, se cherche encore, elle cherche aussi un moyen d’emporter le tout sans coup férir en discréditant, si possible, les leaders syndicaux. Les (trop) nombreux mails de la compagnie et quelques « pseudo-syndicalistes » en mission pour elle s’y emploient énergiquement.

Le DG.OA nous a aussi avertis : l’accord TT solderait Transform mais sinon nous reviendrons deux ans en arrière.

Désolé mais c’est inconcevable dans les conditions actuelles ! Quant à JM Janaillac, il a écrit dans la presse qu’il prendrait ses responsabilités… pour faire Boost. Pas pour partir après cet échec. Les élections terminées, la Direction pourra être tentée de passer en force. Nous ne lui conseillons pas ! Les pilotes se battent depuis des années pour se protéger des agressions répétées de services dont les seules évolutions passent par une régression de nos conditions de travail. Exemple révélateur, l’attaque sur les ddas entérinée par l’accord proposé : la prod se fait plaisir en nous en glissant une au passage sur un point crucial : notre planning et la vie familiale et sociale qui en résulte. Inacceptable ? Qu’à cela ne tienne, on le laisse ! Si la Direction voulait qu’on ne signe pas, elle ne s’y prendrait pas autrement. Facile après cela de faire appel à NOTRE sens des responsabilités. A sens unique comme toujours. Les pilotes, aussi volontaires soient-ils, n’accepteront pas de se faire arnaquer.

Une solution qui semble faire saliver « les progressistes de tous bords » passe par la disparition des syndicats corporatistes. Ils sont dans la ligne de mire du pouvoir. Nos conditions de travail bientôt négociées par les centrales syndicales ? On vous laisse imaginer. Au lieu de cela la Direction ferait bien d’obtenir de l’État qu’il mette Air France au même régime que d’autres : en exonération partielle de charges sociales. Dans l’aérien, la lutte est mondiale, la réponse doit l’être aussi.

Le tableau n’est pas réjouissant, je vous l’accorde. Alors, après la pluie le beau temps ? Peut-être pas à Air France où faire les choses à l’envers est un art. Dommage, car un peu de sérénité ne nuirait pas. Si nos dirigeants passaient autant de temps et d’énergie à nous défendre qu’ils n’en passent à essayer de nous enfoncer, la compagnie y gagnerait indubitablement. Une entreprise, c’est comme un édifice. Une structure organisée le plus solidement possible, mais dès que l’on enlève quelques pierres cruciales, il en faut alors peu pour que le tout s’effondre. Peut-être est-ce leur objectif ?

Grégoire APLINCOURT, Président du SPAF