SPAF

Syndicat des pilotes d’Air France

Edito du Président : LA CRISE …OUI, MAIS

Edito du Président : LA CRISE …OUI, MAIS

LA CRISE… OUI, MAIS

 La crise est là, nul n’en disconvient.

Les mesures sanitaires de base que nous exigions dès les premiers jours de l’épidémie en Europe (ou avant cela en Asie) ont presque fini par toutes s’imposer à AF, devant l’évidence…

Évidentes et de bon sens, elles ne l’étaient pourtant pas pour tout le monde les premières semaines de Covid et c’est assez regrettable !

Qu’a-t-on fait du principe de précaution ?

Environ 150 pilotes seraient touchés au dernier décompte plus ou moins officiel, dont certains ayant été hospitalisés, ce chiffre étant probablement très sous-évalué, comme la plupart de ceux dont on dispose sur les contaminations en général.

Pour les PNC on en serait à plus de 700… Au-delà, nous savons aussi que des collègues ne  souhaitent pas faire état de leur maladie.

On devine que les chiffres réels, asymptomatiques, inclus sont déjà importants même s’il faut les affecter d’un facteur multiplicateur qui reste difficile à évaluer.

Cette situation est inédite à plus d’un titre : les conséquences ne se mesurent pas seulement au niveau sanitaire et on sait aujourd’hui que l’économie mondiale est désormais suspendue à l’ampleur de la propagation du Covid-19 de Wuhan.

Le rétablissement économique obéira-t-il à la courbe inverse du nombre de cas ?

Sera-t-il plus marqué que la baisse de ce nombre ou sera-t-il décalé, différé ?

Bien malins ceux qui sauront y répondre et bien crétins potentiels ceux qui, aujourd’hui, auront une réponse arrêtée et toute prête sur la question.

 

Un constat cependant : dans l’immédiat, une bonne moitié de la planète se confine ou prend des mesures équivalentes en termes de restrictions et de conséquences sur les déplacements.

Notre activité aérienne, elle-même basée sur les déplacements (depuis le quasi-abandon de l’activité cargo) est touchée de plein fouet. C’est factuel et incontestable.

Ce qui parait plus contestable c’est que la Direction y a vu la justification de mesures d’exception qui retentissent comme une sorte de couvre-feu social sur lequel certains syndicats ont pudiquement posé leur couvre-chef…

La fin justifie-t-elle tous les moyens ?

Attachés à la Compagnie et à son avenir nous ne le pensons pas, même si certains semblent oublier que l’adage « à situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles » a ouvert la porte à plus d’un errement dans l’Histoire.

Grégoire APLINCOURT, Président du SPAF.