SPAF

Syndicat des pilotes d’Air France

Edito du Président : L’addition, s’il vous plait

Edito du Président : L’addition, s’il vous plait

À peine sortis d’une juste revalorisation de notre contrat, méritée et longtemps attendue, voilà que nous avons repris le chemin des négociations. À marche forcée peut-on dire, tellement les efforts sont demandés dans tous les domaines.

Le sujet principal est aujourd’hui Transavia. Ben Smith et son équipe, forts de la création de Rouge chez Air Canada sont certains des vertus d’une Low-Cost… Pourquoi pas, mais le doute subsiste sur le destin de la mainline et sur la méthode.

Le diable se cache dans les détails.

La Direction et le SNPL ont inventé une machinerie incroyable : puisque les pilotes ont été augmentés récemment, ils accepteront bien de financer Transavia, pour peu qu’on trouve comment faire passer la pilule !

L’équipe en place s’échine à la manœuvre. Elle va devoir redoubler d’efforts pour convaincre les pilotes qu’il est bon de se faire entuber. Après avoir touché les rattrapages d’augmentations depuis Janvier sur la paye de juin, les salaires ayant été de fait plus élevés que d’habitude, cela passera bien non ? Il fallait oser.

Le SPAF s’est très clairement positionné contre le remplacement de nos lignes par TO. C’était un minimum qui semble obtenu, mais pour combien de temps ?

Voulant à tout prix trouver un accord pour Transavia (quel qu’en soit le prix pour les pilotes d’Air France), le SNPL, lié par ses promesses envers les pilotes TO, s’apprête donc à soumettre un accord à référendum (de ses adhérents), dans lequel les pilotes AF sont appelés à payer l’addition, sans rechigner ! Quant à l’avis des 50% de pilotes non adhérents au SNPL …

On n’est plus à cela près apparemment !

TO est un outil, ce ne sera jamais le moyen-courrier Air France. Et oser nous faire payer les moyens de le développer relève d’un cynisme jamais atteint auparavant.

 Et encore, tout cela ne serait (presque) rien à côté de ce que certains s’apprêtent à modifier, pour de sombres raisons électorales (encore). Il s’agit de manipuler sans vergogne et d’une façon encore jamais osée notre LCP et nos règles de carrières. Entrées directes en CDB LC, sauts de classes, avec ou sans sélection Air France (les pilotes Hop apprécieront) et tant pis pour les autres, Air France en tête !

Nous devons protéger les pilotes Air France et leur contrat. Si Transavia est un outil permettant d’y parvenir, pourquoi pas. Mais quand cela se fait ouvertement au détriment d’Air France, c’est inadmissible !

L’image aérienne de la France, ce n’est pas celle d’une sous-marque hollandaise. C’est Air France.

On n’achète pas un billet Transavia comme on achète un billet sur Air France : Transavia reste une Low-Cost. Demandez à nos passagers Affaires ce qu’ils ont pensé de Joon, qui n’a pas été abandonnée pour nos beaux yeux, mais pour le déficit d’image, de marque et pour le déficit tout court ! …

Pour le SPAF, le nombre de coques TO ne doit pas dépasser celui des coques MC AF, ne serait-ce que pour avoir un point de rendez-vous. Les carrières des pilotes d’AF ne doivent pas être pénalisées par calculs électoraux (ou pour toute autre – mauvaise – raison). Et ce n‘est pas à nous de payer la note ! Difficile de dire en quoi cet accord est bon, car il ne se contente pas d’être mauvais, il est nocif.

Pilotes adhérents SNPL, prenez vos responsabilités. Vos anciens et vos jeunes vous regardent.

Grégoire Aplincourt, Président du SPAF