SPAF

Syndicat des pilotes d’Air France

Et ils sont devenus fous…

Et ils sont devenus fous…

Le CCE du 14 juin 2018 demeurera dans les mémoires à plus d’un titre. D’abord bien sûr à cause des « mesures » indigentes proposées face à une grogne sociale devenue explosive, toutes plus incongrues les unes que les autres, annoncées par un Franck Terner à la mine déconfite.

Obligé d’égrener avec le plus de sérieux possible des inepties (écrites par d’autres ?), embourbé dans une interdiction de dialogue social venant de bien plus haut que lui et montrant à quel point un Directeur Général d’Air France peut ne rien diriger, du moins sans l’aval d’un État mal informé.

La France, empêtrée dans ses contradictions et dans ses taxations excessives n’a plus d’autre choix que de jouer l’actionnariat pour attirer les investisseurs comme une mauvaise préparation sociale d’une privatisation hypothétique. Et faire du social n’est pas compatible avec cela.

Mme Couderc, après avoir tenté d’endormir les syndicats avec de belles paroles et intentions, a dévoilé le but de sa visite à Air France : organiser la destruction sociale. Car en restant à leurs postes nos dirigeants en admettent de fait le principe !

La démocratie, Mesdames et Messieurs les dirigeants, est un exercice périlleux, mais pour paraphraser un grand homme politique, c’est le moins pire de ceux qui existent… L’histoire se répète souvent et les consultations qui déçoivent ceux qui les ont initiées datent de bien avant M Janaillac. Car le peuple n’aime pas les ultimatums, déni le plus absolu de démocratie.

Rassurés à coups de déclarations de syndicats ‘progressistes’ et de groupuscules de peureux, vous vous êtes totalement décrédibilisés. Que vous reste-t-il ? Susciter une fois de plus la peur ou le renoncement ?… Les personnels de la compagnie pourraient surprendre une fois de plus, comme ils ont surpris M Janaillac. Car si ce à quoi nous assistons aujourd’hui pourrait rappeler une tragédie grecque, c’est en fait juste une mauvaise pièce de théâtre, mal orchestrée et jouée par de mauvais acteurs.

Vous vous augmentez chaque année, très contents de vous, refusant aux salariés une part des résultats de leurs efforts. Résultat : un mécontentement exprimé avec presque 20 journées de revendications, et en réponse ? Un nouveau comité des irritants et du dialogue social numérique… !? Vous nous imaginez sérieusement, M Terner, annoncer aux pilotes en réponse à un malaise profond, que l’on va doubler le nombre de chambres de repos ? Plutôt que d’intégrer la réalité du vote, la réponse du système serait donc composée de quelques mesures bidon et d’un dialogue social totalement inexistant ? C’est véritablement lamentable.

Alors non, la compagnie ne sera pas relancée par des « blogueurs -dialogueurs », ni sauvée par une direction du digital gangrenée ou par de pseudo-collectifs salariaux, mais bien par nous, pilotes, mécaniciens, pnc, personnels sol, tous fiers de travailler pour Notre compagnie. Pas comme vous.

La réponse méprisante qui est faite aujourd’hui aux revendications des salariés d’Air France ne va pas résoudre ce conflit ouvert, ni celui larvé qui pourrait advenir. La situation n’est pas réglée et nous arriverons bientôt, cet automne à huit années sans revalorisation !

D’une façon ou d’une autre cela ne durera pas, nous continuerons à nous battre, avec honneur et détermination, pour des revalorisations justes et raisonnables. Mais cela, Mme Couderc, M Terner, vous le saviez déjà en organisant cette mascarade du 14 juin.

Grégoire Aplincourt,

Président du SPAF