SPAF

Syndicat des pilotes d’Air France

<strong>Et pendant ce temps…</strong>

Et pendant ce temps…

La DG.OA s’étant retenue pendant quelques mois d’avancer ses pions, elle a décidé de se rattraper. La trêve imposée de haute lutte pendant les négociations Trust Together a fait piaffer d’impatience quelques cadres débordants d’imagination.
Comme pour donner le change à certains de nos énarques, jamais en manque d’inspiration quand il s’agit de cuisine socio-professionnelle, les « nouveautés-résurgences » se répandent à nouveau…
Le résultat n’est toutefois pas enthousiasmant, les négociations étant limitées aux besoins exclusifs de la direction.

La négociation sur le 787 en est un exemple. On nous demande de donner plus d’effectifs au noyau dur du secteur, devant une baisse prévue et inexorable du nombre d’instructeurs par rapport aux besoins. Oui, mais voilà, on manque d’instructeurs parce que les conditions actuelles ne sont pas satisfaisantes. Conclusion, il y a des ajustements nécessaires au protocole instructeur. Négociation refusée par la direction.

On se contentera donc une fois de plus du traditionnel cutter sur la jambe de bois. 4 instructeurs noyau dur pour un besoin de 30. Tout va bien et le dogme perdurera jusqu’à la chute, qui sera d’autant plus dure.

Ce n’est pas comme si on répétait des erreurs déjà commises : l’absence pendant des années de QT va aboutir à (très) court terme à un manque d’instructeurs à tous les niveaux. À 88h par mois, c’était prévisible, la fonction fait moins rêver. Chaque espace s’il pouvait exister est comblé par un simulateur ou autre. Bref, il n’y a plus aucune marge. Et dans notre métier l’absence de marge, on n’aime pas cela. À juste titre.
Oui, mais voilà, pour baisser les heures moyennes par pilote, il faut des embauches. Et donc des QT. CQFD, mais qu’on n’a pas anticipé. Rebelote.
Les embauches de jeunes ont par ailleurs le gros avantage de baisser les coûts pour l’entreprise, de créer de l’emploi et de financer les retraites.
À condition de trouver des pilotes à embaucher, et qu’on arrive à les former ! Et ce n’est pas en baissant là aussi le contrat sans arrêt qu’on y parviendra. Erreur stratégique majeure de la direction/DG.OA précédente avec ses 0 QT. Ce n’est pas faute de l’avoir dit et répété.

Et pendant que tout le monde en très haut lieu se félicite que tout aille si bien, la base rame pour tenter de colmater les brèches. On n’aurait donc rien appris ? Et si encore cela ne concernait que la gestion…
Mais la sécurité des vols elle aussi est à la dérive. La gestion calamiteuse des évènements sur la ligne BOG CDG en est la preuve si besoin était. On occulte le comportement anormal de l’avion ou des logiciels de calcul avec pour obsession de reprendre la ligne. Ce sera avec une limitation en PAX censé abattre la masse au T/Off de 7t5, ce qui n’empêcherait nullement à l’escale de rajouter de la charge par ailleurs si on s’en tient à ce qui a été annoncé. Toujours le cutter…

Grégoire APLINCOURT
Président du SPAF