SPAF

Syndicat des pilotes d’Air France

La vérité, l’art et la manière

La vérité, l’art et la manière

Si rendre crédible un mensonge est tout un art, défendre la vérité ne l’est pas moins. Et au SPAF, nous avons toujours estimé que nous vous la devions. Alors, à l’heure de tirer les enseignements de quatre jours de grève, un FORDEC s’impose.

Le SNPL nous avait affirmé, quelques jours avant la grève, qu’il n’y avait aucune négo sur les salaires prévue en octobre. Il a quasiment soutenu l’inverse dans une consigne de non-substitution qui n’aura qu’entretenu le doute dans l’esprit des pilotes. S’illustrant dans une consigne de non-substitution critique et très politique, Alter eux s’opposaient au gel des salaires des fonctionnaires avec plus de conviction que pour défendre les pilotes.

Après avoir tout autant ignoré la dimension GP de notre préavis, ils voudraient désormais faire revivre une intersyndicale sur les GP alors que c’est précisément l’inaction de « l’interGP » qui nous a conduits dans une impasse. Préférer la lutte intercatégorielle ou politique à des revendications corporatistes, c’est le choix fait par Alter et certains de ses dirigeants depuis des années. Mais tout finit par se savoir…

Même Hexagone n’a semblé découvrir les attaques contre nos GP qu’à la mi-septembre… nous demandant, après 4 jours de grève, d’agir contre Rise & Fly. Il était temps : notre préavis en parlait dès juillet ! Alors oui, le SPAF a l’habitude de jouer cartes sur table, même si on ne veut pas toujours nous croire. Nous n’usons pas, comme la Direction, de faux-semblants ou de doubles discours.

La DRH avait d’abord admis ses projets concernant les GP avant de se raviser dans une lettre embarrassée lorsque tous les syndicats ont (enfin) commencé à s’en émouvoir. On avait d’ailleurs averti M. Gateau qu’il y aurait tôt ou tard une prise de conscience sur ce sujet (comme sur d’autres). Côté syndical en tout cas, il aurait peut-être fallu penser à jouer l’unité plutôt que de laisser entendre que le SPAF faisait de l’agitation. La reculade actuelle sur les GP n’est-elle qu’un leurre ? Quelle sera la durée du répit ? On sait seulement que la Direction n’ira pas à marche forcée pour parachever son œuvre destructrice. Mais il y a fort à parier qu’elle y reviendra de façon plus insidieuse, sans tambour ni trompette.

L’autre revendication phare de notre préavis portait sur la revalorisation du contrat pilote. Même les pilotes de Ryanair s’y mettent et de quelle manière ! À ce sujet, rien n’empêchait le SNPL de venir avec nous demander les augmentations de salaire qu’il promettait de venir arracher à la Direction il y a peu.

Nous vous parlions récemment du constat partagé par un très grand nombre de pilotes et de syndicalistes au-delà de nos seuls rangs : le contrat pilote Air France est sur la pente descendante, alors même qu’il est en cours de revalorisation partout dans le monde. Et soit on s’y résigne (pas au SPAF) soit on cherche une nouvelle trajectoire pour sortir de cet entonnoir.

La solution devra pouvoir rassembler et obtenir l’assentiment du plus grand nombre. Cela n’est jamais simple tellement les singularités sont patentes dans une profession qui reste souvent un cumul d’individualités. C’est d’ailleurs sur ce tableau que joue encore et toujours la Direction pour arriver à ses fins !

Notre mouvement du 9 au 12 septembre nous aura appris que la légitimité et une communication explicite ne suffisent pas. Nous pensions que 6 années de blocage de salaire motiveraient les pilotes pour aller chercher de justes revalorisations mais les faits nous ont donné tort. Dans ces conditions, quels sont les axes de progrès identifiables en dehors de l’enfermement gaulois ?

Combien d’années supplémentaires de gel des barèmes faudra-t-il pour que les pilotes se mobilisent ? Nos anciens se sont toujours battus, pour eux, mais aussi pour nous, avec honneur et sans faiblir. Ils doivent aujourd’hui commencer à se demander pourquoi. Il n’y a pourtant pas de honte à se défendre quand on est attaqués !

Grégoire Aplincourt,

Président du SPAF