SPAF

Syndicat des pilotes d’Air France

Le cercle des PDG disparus

Le cercle des PDG disparus

Janaillac a dû assumer le résultat de sa consultation, lancée suite à de très mauvais conseils, probablement donnés par des personnes toujours en place… Les conseilleurs ne sont pas les payeurs !

Sans ignorer les pertes (grossièrement gonflées par la Com Air France), mais sans verser dans le catastrophisme exagéré du ministre Le Maire non plus, la Direction a théoriquement tous les moyens de mener une vraie discussion, et d’aboutir à un accord.

Les actionnaires, réunis en AG, se sont-ils laissés aveugler par l’État, plus prompt à laisser Air France s’enfoncer dans la crise qu’à l’en sortir ? S’ils ont décidé de ne rien régler de ce conflit, c’est une façon bien étrange d’assumer leurs responsabilités. S’il est avéré que la Direction tripartite (incluant le retour de M. Gagey) qui vient d’être nommée se présente sans mandat de négociation,  sa responsabilité sera totale.
La négociation aurait pu aboutir depuis longtemps (à un coût très inférieur à celui du conflit…) si la volonté avait existé de l’autre côté de la table. La refuser aujourd’hui s’apparenterait à un comportement totalitaire et irresponsable qui n’a pas lieu d’être. Repousser le tas de sable ou cacher la poussière sous le tapis n’y changera rien!

Alors oui, la compagnie et ses pilotes ont beaucoup d’intérêts communs, surtout quand ces derniers sont respectés et motivés.

Mais NON, personne ne peut accuser les pilotes d’aller au blocage, après avoir délibérément vu refuser toutes nos demandes les plus simples et les plus fondées (ne serait-ce qu’en observant nos voisins et le monde de l’aérien en général !). Après les plans Perform et Trust Together – pour ne parler que des derniers- la Direction a voulu imposer sans jamais discuter, rejetant tout ce qui aurait été susceptible de revaloriser l’ensemble des grilles pilotes. Elle a saupoudré le tout de mesures annexes, moins coûteuses pour elle que pour la corporation. Au final, elle a voulu imposer un vote et un schéma à tous qui s’est évidemment retrouvé contesté et hors sujet !

Il est vraiment temps pour Air France que nos dirigeants changent de disque et de logiciel. La PDG de « transition » assumera-t-elle ce changement ? Vu les annonces faites, rien n’est moins sûr. Il est pourtant urgent que la Direction apprenne à évoluer et cesse de cibler les opérationnels, usés d’être les maux éternels de la compagnie. Mais Mme Couderc arrive apparemment avec pour seul mandat celui d’expédier les affaires courantes dans la continuité (y compris du conflit donc ?). À quoi cela rimerait-il ?
Au SPAF nous sommes convaincus qu’une issue est possible. Elle devra être juste, équilibrée, et respectueuse des pilotes à qui l’on demande décidément toujours de faire confiance à la Direction sans jamais montrer à quel titre elle le mériterait, et sans jamais nous faire confiance à nous ! Nous avons dit qu’une fois la problématique des revalorisations salariales réglée, nous discuterions de tout. Pas avant, contrairement à ce que M. Gateau veut imposer, servant en cela un projet aussi obscur que délétère. Nous restons ouverts à toute discussion Mme Couderc, à vous de saisir la perche que nous vous tendons.

Il apparaît une fois de plus que l’objectif de la Direction reste bel et bien de faire des pilotes d’Air France les tondus du Groupe. Effectifs en forte baisse, activité transférée sans vergogne au profit de KLM, mais aussi Transavia dont aucun des verrous initiaux n’a été maintenu. Et maintenant ? Le niveau ridicule des revalorisations proposé nous laisse à la traine, très loin des moyennes qui se pratiquement dans l’industrie. Il est grand temps que l’on arrête de nous vendre du vent et de la menace.

Grégoire Aplincourt, Président du SPAF