SPAF

Syndicat des pilotes d’Air France

L’entonnoir

L’entonnoir

Nous y voilà. Après une énième tentative de recadrage d’un CDB qui manifestait un peu trop clairement (du point de vue de la compagnie) son attachement à la sécurité des vols, le CCO vient de se retrouver face à ses responsabilités. D’ailleurs, ses « responsables » ont justement refusé de se présenter en GMP, visiblement mal à l’aise suite à cet incident qui a conduit au dépôt d’un préavis de grève intersyndical. Plus globalement, on peut constater que le CCO est progressivement sorti, depuis quelques années, de son rôle fondateur : assister les équipages et faciliter leur travail. Il n’est pas question ici de généraliser à outrance ni de viser des individus, mais un système. On ne peut que relever une tendance générale et une organisation qui convergent vers un même objectif : contraindre les pilotes et les CDB en particulier. Le CCO est-il dans son rôle de soutien quand il veut imposer un arbitrage opérationnel ? Ce schéma délibéré est devenu prétexte à des décisions allant au-delà de ses attributions. Cet engrenage CCO fait partie d’une machine à piétiner les prérogatives du CDB, bien huilée et orchestrée de longue date par la Direction.

Restons vigilants et lucides, les conseilleurs sont rarement les payeurs…Cette politique concernant le CCO est à rapprocher d’autres dérives en cours d’aggravation. M. Terner avec ses équipes a décidé d’abattre toutes ses cartes d’un coup, en copiant parfaitement ses peu glorieux prédécesseurs.

Dans un premier temps, le CHSCT vient en effet d’être prié de retourner s’occuper des sujets importants (casquettes envolées sur le tarmac et autres renards écrasés) par le directeur juridique d’AF, Franck Raimbault lui-même. Venu en renfort du pauvre président du CHSCT malmené par de vilains syndicalistes avides de sécurité des vols, il a expliqué (sans rire) que le juridique serait mieux placé pour gérer les sujets de sécurité, comme le Bogota.

Ensuite, les représentants de la direction aux instances des délégués du personnel sont désormais entrés dans une phase d’hibernation, espérant que la fusion des IRP (Instances Représentatives du Personnel, DP/CHSCT/CE) va au mieux, détruire et sinon réduire ces instances où d’irresponsables syndicalistes viennent réclamer que les règles soient respectées. Mais comme le disait Winston Churchill, il est préférable d’être irresponsable et dans le vrai que responsable et dans l’erreur. Et de fait, nos « responsables » se trompent de cible et de propos quand ils veulent asservir et empêcher les instances qu’ils ne maitrisent pas !

La fusion des IRP va indéniablement créer un regroupement de ces vilains syndicalistes, il sera alors plus facile de les museler et de jouer l’entrave. Entrave d’ailleurs déjà parfaitement maitrisée par la Direction et ses représentants.

Au milieu de ce panier de crabes, le SPAF continuera de jouer son rôle dans la défense des pilotes et de la profession. Chers collègues je vous souhaite à vous tous ainsi qu’à vos proches une belle et heureuse année 2018. Bons vols à tous, et en toute sécurité !

Grégoire APLINCOURT, Président du SPAF