SPAF

Syndicat des pilotes d’Air France

Magouilles électorales et stratégie d’entreprise…

Magouilles électorales et stratégie d’entreprise…

Alors que la réaction à la prise « tendue » de participation par l’État hollandais dans le capital AF-KLM n’a été – à vrai dire – que politique, force est de constater que la réaction stratégique et le plan du même nom se font quelque peu attendre…

La mise en place de nouvelles têtes, quant à elle, se poursuit tandis que certains déjà dans la place font tout pour sauver la leur.

Autre sujet, plutôt épineux, les élections CSE ont fait l’objet d’une contestation introduite par un syndicat confédéré – la CFDT pour ne pas le nommer. Cette dernière se serait ensuite désistée pour des raisons apparemment « très politiques » (sic) alors qu’elle avait saisi le tribunal compétent sur des bases qui apparaissaient sérieuses et fondées. La contestation portait sur le double-vote potentiel d’environ 265 pilotes d’Air France en détachement à Transavia France, qui ont pu voter au CSE Transavia l’an dernier mais aussi au CSE Air France cette année.

Pour les salariés mis à disposition, la loi (art. L 2314-23 du Code du travail) leur donne le choix de voter dans l’une ou l’autre des entreprises : leur maison-mère, Air France en l’occurrence, ou bien celle où ils seraient détachés mais pas les deux. Les pilotes concernés peuvent être électeurs dans l’entreprise utilisatrice (Transavia France) sous réserve des conditions suivantes :

  • être présents dans l’entreprise utilisatrice depuis au moins douze mois continus ;
  • avoir choisi d’exercer leur droit de vote dans cette entreprise, et donc avoir renoncé à l’exercer dans l’entreprise d’origine qui les emploie.

 

Le choix suppose de prendre une décision éclairée et les pilotes concernés ne peuvent être mis devant le fait accompli en étant inscrits d’office sur les listes électorales de l’entreprise utilisatrice, pas plus qu’ils ne peuvent voter aux élections au CSE des deux entités. Si ce choix n’a pas été réellement exercé, ce qui semble bien être le cas, faute d’information aux CDB et OPL concernés, il y a là un motif sérieux d’invalidation des élections CSE dans les deux entreprises.

 

En ce qui concerne le projet d’entreprise, développer et commenter plus avant les bruits de couloir qui se répandent (B787 à KLM contre 350 à AF, LC avec avions MC équipés business, renouvellement de la flotte MC avec A220 chez Hop!, etc.) n’aurait qu’un intérêt limité, mais il est toutefois important de savoir entendre une certaine impatience qui monte et la Direction serait bien inspirée de l’entendre.

En effet, les pilotes d’Air France veulent légitimement connaitre à présent l’avenir qui leur sera proposé.

Le grand plan de Ben Smith, annoncé pour février – et raison invoquée en décembre dernier pour accélérer à tout prix les négos de l’accord pilote – n’en finit pas d’hiverner.

Pas de grand plan en février, pas de grand plan en mars, alors en avril peut-être ?… Certes, il n’y a pas urgence vitale, mais l’on se demande tout de même ce que tout cela peut bien cacher et le doute n’est pas toujours profitable.

Nous allons le rappeler à la Direction générale et demander que les incertitudes actuelles soient rapidement levées.

 

Grégoire Aplincourt, Président du SPAF