SPAF

Syndicat des pilotes d’Air France

Edito du Président : Marche ou crève (une histoire Gauloise)

Edito du Président : Marche ou crève (une histoire Gauloise)

Nous y voilà. Un accord salarial a été trouvé, le protocole Instructeur rajeuni, les changements se multiplient en haut lieu.

La Direction avance, prudemment jusque-là. Mais on peut remarquer une accélération presque brutale depuis quelques semaines.

Une fois le climat social apaisé, climat qui nous avait amenés au bord de la falaise tant le conflit était rude, la falaise se retrouve derrière nous. Mais les arriérés sont nombreux et les (mauvaises) habitudes ont la vie dure.

Et si la falaise est un peu derrière nous, nous lui tournons désormais le dos, mais de pas très loin. Dans ces conditions il vaut mieux avancer que reculer et la Direction, elle, avance. Le problème, c’est qu’il est bien évident que tout ne va pas dans le bon sens…

Les annonces de Ben Smith et d’Anne Rigail ont ravivé l’inquiétude sur le court-courrier qui arrive à la table des négociations. Court-courrier, bases, point à point, Transavia, Hop, le sujet est historiquement complexe.

Le problème Joon est réglé (au fait ça a couté combien la plaisanterie ?). Mais que faire de Hop!, autre brillante idée de quelques anciens dirigeants ?

L’ensemble court/moyen/point-à-point perd de l’argent. Pour le moyen-courrier, c’est structurel, le principe étant de vendre peu cher le vol d’apport vers un long-courrier qui compense. Pour le court courrier aussi, il est en plus malmené par le TGV gavé de subventions tandis que le point à point subit les low costs.

Une fois ces éléments pris en compte, la question est : que fait-on ? Ce qui est certain, c’est que l’on doit faire quelque chose. Abandonner ces marchés serait une ineptie, une défaite face aux low costs qui s’en empareraient, se trouveraient renforcées et continueraient l’assaut sur les autres segments. Continuer à perdre de l’argent n’est pas un objectif, mais il faut aussi savoir ce que l’on gagne à ne pas lâcher. Pour le SPAF, accepter de décroitre, c’est mourir. Quand le marché progresse, il faut le suivre ; Il faut donc des avions performants, un produit rationnel et une exploitation robuste !…

La croissance aujourd’hui proposée viendrait uniquement de Transavia. C’est de l’emploi, oui, mais c’est aussi l’abandon du contrat et de la marque Air France. Est-ce vraiment le bon choix ? Financièrement et à très court terme peut-être. Mais à long terme ? Quelles conséquences sur la marque et même le produit Air France ?

Certains syndicats s’en accommoderont, guidés par un simple calcul comptable en nombre de pilotes. Mais en ce qui concerne le SPAF, nous avons demandé une stratégie claire. Que nous demande-t-on, et dans quel but ? Les pilotes sont des cartésiens. Ils savent évoluer, mais en sachant où ils vont, la plaque « Luck » n’est pas notre préférée…

Le problème se complexifie enfin avec le fait que nous avons laissé notre flotte vieillir, faute de moyens, faute d’ambition aussi. Il faut donc des avions adaptés, efficients et il faut pouvoir les financer ! Et cela impose aussi des choix clairs et engageants sur le long terme. Là encore, avancer à l’aveugle n’est pas une option !

Voilà l’équation complexe qui se présente à nous.

À nous de faire en sorte que cela soit bénéfique aux pilotes.

 

Grégoire Aplincourt, Président du SPAF