SPAF

Syndicat des pilotes d’Air France

Prenez soin de vous !

Prenez soin de vous !

 

On nous a toujours dit que « le travail c’est la santé ». Enfin c’était. L’adage a bien vieilli en ce qui nous concerne. Surtout depuis que l’on travaille avec les rythmes et l’environnement professionnel que nous connaissons actuellement.

Vous trouverez ce mois-ci un article qui fait d’un point de vue « pilote », une synthèse de ce que la science connait aujourd’hui des effets physiologiques de notre activité. Pour le risque fatigue médical, cela ne semble pas près de s’arranger, Air France ne sachant toujours pas comment réaliser les QT à venir après l’épisode totalement inconscient de zéro QT que nous venons de traverser.

Notre environnement de travail se dégrade aussi à coup de batailles permanentes, sur des sujets qui sont censés faire partie de nos ‘acquis’. A ce sujet, la nouveauté du moment, c’est le GMP. Ceux d’entre vous qui ont lu l’accord de création de cette instance pourraient se dire que ce n’est pas si mal. Avoir des OP participant aux décisions impactant notre métier, cela pourrait éviter quelques surprises. Oui mais…

Tout d’abord, il faudrait réussir à se mettre d’accord. Pour l’instant, la Direction avance à marche (presque) forcée avec sa feuille de route à elle, le SNPL validant les yeux (presque) fermés des expérimentations contraires aux principes de base défendus par les syndicats pilotes. Difficile de suivre dans ces conditions mais cela ne peut être la finalité du GMP.

Ce qui pourrait devenir le salon de thé du progrès en marche va-t-il pouvoir remplir son véritable rôle ? Car ce rôle, c’est bien que les projets de la Direction soient adaptés aux pilotes et à notre environnement de travail, ou sinon abandonnés. Sans connivence et sans complaisance !

C’est d’ailleurs la condition que nous avons posée pour y participer, et la condition sine qua non pour que des changements n’impactent pas la sécurité des vols, comme nous l’avons déjà vu.

La première conséquence de la feuille de route que la DG.OA souhaite, c’est la multiplication des sous-ateliers et autres réunions de préparation. Cela n’est pas sans conséquence et les OP ont aussi leurs sujets à traiter !

Enfin, dans le catalogue de la Redoute des mesures impactant notre quotidien et grignotant notre contrat, la paupérisation de nos GP reste patente. Même si la mobilisation du SPAF, puis celle des autres OP, nous a fait gagner la bataille du Rise&Fly, nul doute que la suite attend bien au chaud dans un tiroir de la DRH et que la fin d’une bataille ne signifie pas la fin de la guerre… Pour finir sur une note positive, comme nous vous l’annoncions il y a quelques jours, le SPAF a gagné en Cassation contre Air France dans une affaire portant sur l’application de la loi Diard. La justice a confirmé que l’exploitation par la compagnie des déclarations individuelles des grévistes pour réattribuer des vols avant la grève est illicite, renforçant ainsi l’arrêt de la Cour d’appel de Paris.

La singularité du SPAF, seul à avoir réagi et agi, aura été une plus-value pour notre profession, qui ira bien au-delà des seuls pilotes et navigants d’Air France. Cette loi affichée comme vertueuse mais particulièrement ouverte à des interprétations liberticides sera ainsi un peu mieux « confinée » dans ses effets. Comme quoi on peut parfois se battre, même seuls, et avoir raison !

Grégoire Aplincourt, Président du SPAF