SPAF

Syndicat des pilotes d’Air France

Air France Boost : des A321 d’abord, et le SNPL

Air France Boost : des A321 d’abord, et le SNPL

 

Le groupe Air France-KLM a expliqué le 12 mai 2017 aux investisseurs l’ensemble de son plan stratégique Trust Together, et en particulier la future filiale de la compagnie nationale française. Pas de surprise dans les grandes lignes : Boost vise des coûts opérationnels inférieurs à ceux d’Air France de 15% à 18%, elle s’adressera aux « millenials », et son activité correspondra à 10% de celle de la maison-mère : 70% des lignes long-courriers seront reprises à AF, avec promesse qu’il s’agit uniquement de celles déficitaires, (des « routes ultra-concurrentielles avec un mix vers l’Asie, face aux compagnies du Golfe »), et les 30% de nouvelles destinations. Quant au moyen-courrier, il visera comme aujourd’hui à alimenter le hub d’Air France qu’est l’aéroport de Paris-CDG. Fin avril, le SNPNC avait d’ailleurs mis en ligne une vidéo dévoilant certaines des destinations visées : Boost desservirait Bangkok, Tokyo-Haneda, Osaka, Rio de Janeiro, Buenos Aires et Bamako, ainsi que Venise.

Le développement de la flotte de Boost, qui comprendra donc 18 avions sur le moyen-courrier et 10 pour le long-courrier à la mi-2021, a en revanche été détaillé :

  • six Airbus A321 à l’hiver 2017-2018 ;
  • onze A321 et trois ou quatre A340 à l’été 2018 ;
  • onze A321, six A320 et quatre A340 à l’hiver 2018-2019 ;
  • douze A321, six A320 et quatre A340 à l’été 2019 ;
  • onze A321, six A320, quatre A340 et trois A350-900 à l’hiver 2019-2020 ;
  • douze A321, six A320, quatre A340 et six A350 à l’été 2020 ;
  • onze A321, six A320, trois A340 et sept A350-900 à l’hiver 2020-2021 ;
  • et enfin douze A321, six A320 et dix A350-900 à l’été 2021.

Mais le projet Boost ne verra le jour qu’avec l’accord des pilotes, qui ont déjà obtenu entre autres le maintien de leur contrat Air France. Le Conseil du SNPL Air France ALPA, qui a rejeté le projet d’accord malgré le vote favorable de la base, décidera mercredi s’il organise une consultation de ses membres sur le nouvel accord, proposé au début du mois par la direction d’Air France et ouvert à la signature jusqu’au 31 mai. Même si cette dernière a déjà expliqué qu’il n’y aura pas de réouverture des négociations. Le CCE a lui aussi rejeté Boost à l’unanimité, son avis n’étant que consultatif. Quant aux syndicats de PNC qui ont assigné Air France en justice pour « déloyauté dans les négociations » (l’audience au TGI de Bobigny étant fixée au 9 juin), ils ne sont qu’indirectement concernés puisque Boost recrutera en externe, a priori à des coûts inférieurs de 40%. Les premières sélections doivent débuter avant la fin mai.

Rappelons que l’Assemblée générale d’Air France-KLM se tiendra le 9 juin.