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Syndicat des pilotes d’Air France

Air France: « On a l’impression que la direction ne sait pas où elle va »

Air France: « On a l’impression que la direction ne sait pas où elle va »

Posté le 4 mai 2017 23.55 – Laurent MARTINET – L’EXPRESS.fr

Air France a toujours du mal à apaiser les relations avec ses pilotes. Un Airbus A 380 en maintenance, mars 2017. REUTERS/Philippe Wojazer

Au pied du mur. La direction d’Air France a mis un terme aux négociations avec les pilotes, laissant sur la table un projet d’accord à accepter avant le 31 mai sur son plan stratégique « Trust together. » Syndicat majoritaire, le SNPL juge que le texte n’est pas « abouti », mais demandera sans doute à ses adhérents de se prononcer par un vote, selon Les Echos. Grégoire Aplincourt, président du syndicat des pilotes d’Air France (SPAF), explique à L’Express pourquoi il n’est pas prêt à signer.

Pourquoi les syndicats de pilotes refusent-ils cet accord?

G.A.: Les négociations ont duré quatre mois, c’est long mais ça n’a pas été très productif. On nous demande d’abandonner beaucoup de choses pour permettre la création de Boost, la compagnie à coûts réduits: une répartition de l’activité qui privilégie l’emploi en Hollande [au sein de KLM], de la souplesse sur nos jours de repos et nos jours de congés… et nous n’obtenons rien en échange.

Par contre, le projet prévoit que ces mesures seront appliquées, même si Boost n’est pas créée.

Il y a aussi un désaccord au sujet des toilettes dans les avions?

La direction nous demande de renoncer à des toilettes réservées à l’équipage, derrière la porte de la cabine de pilotage. Son objectif est que nous les partagions avec les passagers pour pouvoir supprimer leurs propres toilettes.

Cela ne nous pose pas de problème de partager, mais l’emplacement fait qu’il y aura en permanence un passager derrière le poste de pilotage. Il y aura un problème de sûreté dès que nous serons amenés à ouvrir cette porte.

Le blocage pourrait-il dégénérer en conflit social?

Nous avons reçu un email de la direction nous expliquant que la signature de l’accord éviterait de faire appel au solde du plan Transform 2015. Cela veut dire qu’elle menace de revenir deux ans en arrière si nous ne signons pas! Nous ne sommes pas dans cette optique mais oui, ça peut tourner au conflit.

Nous conservons également des inquiétudes au sujet de Boost. Quelles lignes seront exploitées? Celles qui sont déficitaires ne suffiront pas à assurer son équilibre. Nous avons l’impression que la direction ne sait pas où elle va.