SPAF

Syndicat des pilotes d’Air France

Projet d’accord Air France: le SNPL va consulter ses adhérents

Projet d’accord Air France: le SNPL va consulter ses adhérents

« Le Journal de l’Aviation » à 08h24

Les pilotes adhérents au SNPL, syndicat majoritaire dans les cockpits d’Air France, vont se prononcer « dans les jours qui viennent » sur le projet d’accord prévoyant notamment la création d’une compagnie à coûts réduits, a annoncé jeudi le syndicat à l’AFP.

Les dates de la consultation n’ont pas encore été arrêtées mais elle se tiendra « dans les jours qui viennent » et pour une durée comprise « entre 15 jours et 3 semaines », a indiqué Philippe Evain, président du SNPL Air France.

Les pilotes pourront « se prononcer sur l’accord de la direction, le nôtre et éventuellement sur aucun » des deux, a-t-il précisé. Aucun contre-projet du SNPL n’avait été évoqué jusqu’à présent.

Direction d’Air France et syndicats de pilotes, SNPL (65%) et Spaf (21%), ont négocié pendant plusieurs mois les conditions de mise en oeuvre du projet stratégique « Trust Together » (la confiance ensemble) dévoilé début novembre par le PDG d’Air France-KLM, Jean-Marc Janaillac. Il prévoit la création d’une nouvelle compagnie (projet « Boost ») et instaure des mesures pour améliorer la compétitivité d’Air France.

Les négociations ont été fructueuses sur ces deux sujets mais ont buté sur l’épineux dossier du partage d’activité entre Air France et KLM.

« On n’a pas été en capacité de trouver un accord avec la direction », les promesses faites sur ce point n’étant pas accompagnées de garanties suffisantes, selon M. Evain.

Dans le dernier projet d’accord, la direction s’engage à augmenter la part d’Air France jusqu’en 2026, en passant de 58,6 à 61% des heures de vol sur long-courrier. Mais les pénalités financières versées par le groupe aux pilotes, en cas de non-respect, ne sont prévues que jusqu’en 2022.

Autrement dit, la direction « arrête ces mesures en cours de route », ce qui introduit un doute sur les engagements pris, selon M. Evain.

Le contre-projet du SNPL a pour but de résoudre le litige, sans remettre en cause Boost ni les efforts de productivité demandés aux pilotes d’Air France, précise-t-il.

« Si les pilotes se prononcent sur notre texte, ça voudra dire qu’ils sont d’accord pour faire Boost et les efforts prévus » mais qu’ils « demandent à la direction de prendre en compte les souhaits » du SNPL sur les points qui posent encore problème, a-t-il dit.

Cette option semble toutefois difficilement plausible, la direction d’Air France ayant fait savoir le 30 mai qu’elle était « allée au bout des avancées » et qu’il « n’y aura pas de nouvelle étape de négociation ».

Le groupe aérien souhaite créer une filiale qui opérerait avec des pilotes d’Air France et des hôtesses et stewards recrutés en externe, positionnée sur des lignes moyen et long-courrier d’Air France actuellement très déficitaires.

Selon le calendrier initial, la compagnie devait être lancée dès l’automne sur moyen-courrier et à l’été 2018 pour les vols longue distance.