Au Sommaire :

  • L’aéroport d’Orly s’apprête à sortir de trois mois de repos forcé, la reprise sera très lente
  • Qantas supprime 6.000 emplois pour survivre au coronavirus
  • Groupe ADP « n’est pas en danger », selon son PDG
  • EasyJet : perte de 353 millions de livres au premier semestre
  • Emirates desservira de nouveau Londres et Paris en A380
  • Virgin Atlantic : 17 destinations de plus à partir d’aout
  • Lufthansa liquide SunExpress Deutschland
  • Vols courts interdits en France : les acteurs de l’aérien protestent !
  • British Airways : un retour à Alger en juillet ?
  • Air Saint-Pierre de retour à Paris

 

L’aéroport d’Orly s’apprête à sortir de trois mois de repos forcé, la reprise sera très lente

France 24 du 24/06/2020

L’aéroport du sud de Paris sortira, vendredi, de trois mois de sommeil forcé après une paralysie quasi-totale du transport aérien sous le choc de la pandémie de Covid-19.

Orly se réveille. À partir de vendredi 26 juin, l’aéroport du sud de Paris reprendra progressivement du service avec un premier vol commercial à 6h à destination de Porto (Portugal). Quelque 25 destinations seront desservies au départ d’Orly avec environ 70 décollages et atterrissages par jour – contre 600 en moyenne en temps normal – vers les Antilles, La Réunion, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, l’Islande, la Croatie, la Guyane ou encore la Corse ou Rodez, des lignes d’obligations de service public (OSP).

Environ 8 000 passagers y sont attendus vendredi – soit moins de 10 % du trafic habituel de 90 000 passagers en moyenne par jour – sur l’aéroport centenaire, fermé aux vols commerciaux le 1er avril en raison de l’effondrement du trafic aérien sous l’effet des fermetures de frontières pour limiter la propagation du coronavirus.

Le trafic évoluera à partir du début juillet en fonction notamment de l’ouverture ou non des frontières par le Maroc, la Tunisie et l’Algérie. En mai, il s’est écroulé de 97,8 % à Paris-Charles-de-Gaulle (CDG), au nord de Paris, où a été concentré tout le trafic pendant le pic de la crise, avec seulement 200 000 passagers accueillis.

 

Redémarrage “un peu lent”, voire “extrêmement lent”

Pour s’adapter à un ciel encore très incertain – en raison de l’attentisme des voyageurs pour leur réservation, la levée des restrictions de voyages en ordre dispersé et de possibles recrudescences épidémiques –, la réouverture sera partielle avec d’abord le redémarrage d’Orly 3, puis progressivement d’Orly 4, puis 1 et 2.”On a une crise qui est extrêmement brutale et qui est longue, et surtout on se prépare à un redémarrage qui va être un peu lent, pour ne pas dire extrêmement lent”, a prévenu mardi Alain Battisti, le président de la Fédération nationale de l’aviation marchande (Fnam).

Sur le plan de la sécurité sanitaire, plus de 7 000 affiches et autocollants pour marquer la distanciation physique ont été apposés dans l’aéroport par son gestionnaire ADP, ainsi que 150 distributeurs de gel et 137 plexiglas installés sur tous les comptoirs d’accueil, banques d’enregistrement et d’embarquement.

Une caméra thermique a été installée à l’arrivée pour prendre la température des voyageurs et détecter d’éventuels cas de contamination par le coronavirus.

 

La période “de redécollage” restera “difficile”

En 2019, Orly a accueilli 31,9 millions de passagers essentiellement sur des vols dits de “point à point”, de Paris vers la province, la Corse, l’Outre-mer ou encore l’Europe du Sud et le bassin méditerranéen. Les principales compagnies présentes à l’aéroport étaient Air France (29,6 % du trafic), Transavia (17,5 %), EasyJet (9,2 %), Vueling (8,8 %) et Air Caraïbes (4,1 %) et 40 % de son trafic était porté par des compagnies low-cost.

L’Association internationale du transport aérien (Iata) table sur un retour du trafic au niveau de 2019 pas avant 2023. De nombreuses incertitudes pèsent en fonction de la situation sanitaire, mais aussi du comportement des voyageurs, en particulier ceux à haute valeur ajoutée des classes affaires qui ont pu prendre goût à la visioconférence pendant le confinement.

Comme partout dans le monde, à Paris le trafic reprendra d’abord pour les vols intérieurs puis le moyen-courrier et enfin en dernier lieu le long-courrier et les liaisons intercontinentales.

Si la période de quasi-arrêt du trafic a représenté un “uppercut” pour les compagnies aériennes, la période “de redécollage” restera “difficile”, a commenté mardi Marc Rochet, président d’Air Caraïbes Atlantique. “Le redécollage peut tuer. Parce que personne ne sait dire sa longueur, quand les clients vont revenir, comment ils vont remplir les avions…”, poursuivait-il.

 

Qantas supprime 6.000 emplois pour survivre au coronavirus

Les Echos du 25/06/2020

Durement touchée par la crise du coronavirus, la compagnie aérienne australienne va supprimer 6.000 emplois et maintenir au sol une centaine d’appareils pendant un an. Qantas cherche à économiser plus de 9 milliards d’euros afin de traverser plusieurs années « d’activité réduite ».

« Comme tout le monde, nous n’avions jamais rien vécu de tel auparavant. » Alan Joyce, le directeur général de la compagnie Qantas, a annoncé, ce jeudi, un plan sur trois ans afin de permettre à sa société de survivre à la crise du coronavirus, qui continue de clouer au sol de nombreux avions dans le monde. La compagnie aérienne australienne se prépare à se séparer de 20 % de ses effectifs, soit 6.000 emplois, et à maintenir au sol une centaine d’appareils pendant un an, et ce afin d’économiser plus de 9 milliards d’euros. « Nous devons nous mettre en position pour plusieurs années où le chiffre d’affaires sera bien moindre. Et cela signifie devenir une plus petite compagnie à court terme », a commenté Alan Joyce.

Une reprise de la plupart des vols internationaux « prendra du temps », a-t-il souligné. D’après le « Sydney Morning Herald », la compagnie s’attend à ce que les vols internationaux récupèrent 50 % de leur volume d’avant-pandémie au cours de l’exercice 2022 et 75 % en 2023. Quant aux vols intérieurs – qui représentent environ 15 % de son réseau habituel -, ils pourraient retrouver 70 % de leur niveau d’avant-pandémie en un an. Environ 15.000 salariés resteront au chômage technique jusqu’au retour des vols internationaux.

 

« Prendre en compte l’incertitude »

La chute de la demande avait déjà forcé Qantas à suspendre jusqu’en octobre tous ses vols internationaux, en dehors de ceux vers la Nouvelle-Zélande. « Le Covid représente le plus grand défi auquel le transport aérien ait jamais été confronté dans le monde », a écrit le groupe. « Le plan est conçu pour prendre en compte l’incertitude qu’entraîne la crise, préservant autant d’actifs et de compétences clés que le groupe peut raisonnablement conserver », a-t-il estimé.

D’après l’agence Bloomberg, les suppressions d’emploi concernent environ 1.500 personnes au sol, y compris des bagagistes, et environ 1.050 membres d’équipage. Au moins 220 pilotes vont perdre leur emploi. Durement frappée par la pandémie, Qantas rejoint ainsi les compagnies aériennes comme British Airways et Lufthansa, contraintes de réduire significativement leurs effectifs.

 

Raisonnablement optimiste

Pour traverser cette crise, le groupe compte également lever 1,9 milliard de dollars australiens (1,16 milliard d’euros) en émettant des actions nouvelles. La compagnie s’est dite raisonnablement optimiste pour son avenir.

« Près de deux tiers de nos bénéfices d’avant la crise provenaient du marché national, qui a des chances de se remettre le plus rapidement », a souligné Alan Joyce. « Nous sommes numéro un sur les liaisons classiques et à bas coût en Australie, où les distances rendent le transport aérien essentiel. » Son seul concurrent australien, Virgin Australia, s’est mis en cessation de paiements en avril, et discute avec deux repreneurs potentiels, Bain Capital et Cyrus Capital Partners.

 

Groupe ADP « n’est pas en danger », selon son PDG

Air journal du 25/06/2020

Groupe ADP, gestionnaire des aéroports parisiens Roissy-CDG, Orly et Le Bourget, est « extraordinairement secoué » par la crise du coronavirus qui lui a fait perdre en deux mois 98% de son chiffre d’affaires, mais il « n’est pas en danger », affirme son PDG, Augustin de Romanet, dans un entretien à l’AFP.

« Nous avons une situation financière qu’il faut surveiller avec attention, puisque nous avons perdu près de 98% de notre chiffre d’affaires pendant 2 mois et sur l’ensemble de l’année 2020, nous allons perdre entre 50 et 60% de notre chiffre d’affaires, soit près de 2 milliards et demi d’euros, ce qui nous oblige à être extrêmement vigilants pour garder la maîtrise de notre destin », explique le patron d’ADP.

« Mais l’entreprise n’est pas en danger, l’entreprise est simplement extraordinairement secouée », précise l’homme à la tête depuis 2012 de ce groupe, qui figure parmi les leaders mondiaux de la concession aéroportuaire avec 24 aéroports gérés directement ou indirectement dans le monde. « S’il n’y a pas de deuxième vague, il n’y a aucune crainte à avoir, et s’il devait y avoir une deuxième vague nous serions obligés de nouveau d’emprunter ».

Sur le plan social, Augustin de Romanet assure qu’ « aucune décision n’est prise, aucune concertation n’est engagée avec les organisations syndicales ». Mais ADP n’est « pas une entreprise hors sol ou qui échapperait aux règles économiques », explique-t-il, interrogé sur « les ajustements » qu’il a évoqués récemment dans la presse.

 

Terminaux fermés
« La nouvelle donne va nous obliger à nous poser la question du nouveau dimensionnement (…) nous aurons moins d’ouvertures de terminaux, peut-être même des terminaux qui vont demeurer fermés pendant plusieurs mois et puis bien sûr la question des effectifs, c’est une question dont nous allons parler d’abord avec les organisations syndicales », ajoute-t-il.

« Le débat sur la privatisation a conduit beaucoup d’observateurs à considérer que nous étions une poule aux oeufs d’or insubmersible », poursuit-il. « Le résultat, c’est que beaucoup de nos clients ne payent pas les factures (…) nous avons toutes les revendications du monde pour des suspensions des loyers de tel ou tel parce que nous sommes vus comme une entreprise dont les poches seraient sans fond », selon lui.

« Il est vrai que le fait de savoir que l’État possède plus de la majorité du capital est pour beaucoup de nos parties prenantes une garantie et une réassurance », constate-t-il, interrogé sur l’avantage d’avoir l’Etat comme actionnaire à hauteur de 50,63% pendant cette crise sans précédent. L’Etat a suspendu en mars son projet de privatisation du groupe en raison de la crise du coronavirus.

 

Perspectives
Les chantiers « qui étaient achevés entre 50 et 80% seront achevés à un rythme un peu plus long » et les autres seront « repriorisés au maximum » ce qui signifie « reporter, voire parfois suspendre et renoncer à certains projets » dans la mesure où un retour du trafic au niveau d’avant-crise n’est pas attendu avant 2023. L’enquête publique sur la construction du Terminal 4 à Paris-Charles de Gaulle -pour accueillir 40 millions de passagers de plus par an à terme en 2037- a ainsi d’ores et déjà été reportée.

 

EasyJet : perte de 353 millions de livres au premier semestre

Air journal du 25/06/2020

EasyJet a annoncé de nouvelles pertes au premier semestre de son exercice fiscale 2019-2020 et indiqué qu’elle a levé environ 419 millions de livres sterling (462 millions d’euros) via un placement d’actions pour renforcer sa trésorerie et surmonter les turbulences liées à la crise sanitaire du coronavirus.

L’opération a été bouclée au prix de 703 pence par action alors que le titre avait fini mercredi à 740 pence, soit un rabais de 5%. Ce placement représente environ 15% de son capital en actions.

La low cost britannique a annoncé hier une perte avant-impôt pour les six mois au 31 mars à 353 millions de livres contre 272 millions l’an dernier à la même époque de son exercice fiscale tandis que son chiffre d’affaires a progressé de 1,2 milliard de livres. Elle avait déjà annoncé le mois dernier son intention de supprimer 4.500 postes afin de réduire ses coûts et dit s’attendre à ce que la demande ne revienne pas à son niveau d’avant-pandémie avant 2023. « Nous nous sommes investis résolument pour relever le défi de la pandémie en réduisant nos coûts, en réduisant sensiblement nos dépenses d’investissement tout en maintenant la flexibilité de notre flotte aérienne« , a déclaré le directeur général Johan Lundgren.

EasyJet, dont les appareils ont recommencé à voler la semaine dernière, espère monter en puissance dans les deux mois à venir, mais les règles de quarantaine imposée aux voyageurs étrangers arrivant au Royaume-Uni ont douché ses espoirs de reprise rapide.

 

Emirates desservira de nouveau Londres et Paris en A380

Air journal du 25/06/2020

Emirates desservira à nouveau Londres-Heathrow et Paris-Charles de Gaulle en Airbus A380 à partir du 15 juillet.

La compagnie de Dubaï dessert actuellement Paris en B777, avec un vol quotidien. Des fréquences supplémentaires seront programmées courant juillet en même temps que le retour du superjumbo. « L’A380 est un avion populaire auprès de nos clients et offre des produits et prestations uniques à bord. Nous sommes ravis de le remettre en service pour accueillir nos clients sur les vols à destination de Londres et Paris à partir du 15 juillet. Il nous tarde d’introduire progressivement notre A380 sur de plus nombreuses destinations, en fonction de la demande« , déclare Adel Al Redha, directeur des opérations d’Emirates.

« L’expérience proposée en A380 Emirates est unique dans toute l’industrie : même si nous avons modifié temporairement les services à bord pour garantir la santé et la sécurité de nos clients et de nos équipages, nous sommes certains que touristes et voyageurs d’affaires seront très heureux de voler à nouveau dans cet avion offrant calme et confort« , ajoute Adel Al Redha.

En outre, Emirates relancera des vols à destination de Munich (Allemagne) à partir du 15 juillet et de Dhaka (Bangladesh) à partir du 24 juin : deux nouvelles dessertes qui s’ajouteront ainsi à son réseau Un réseau en pleine reprise qui fait directement suite à l’annonce, plus tôt dans la semaine, de la réouverture de Dubaï aux visiteurs d’affaires et aux touristes à partir du 7 juillet, en mettant en place de nouveaux protocoles de voyage pour faciliter les déplacements des citoyens, des résidents et des voyageurs internationaux aux Émirats arabes unis.

Actuellement, Emirates relie Dubaï à 40 villes, avec une correspondance facilitée via son hub de Dubaï pour les clients voyageant entre l’Asie Pacifique, le Moyen-Orient, l’Europe et l’Amérique. Pour plus d’informations, consultez le site de la compagnie.

 

Virgin Atlantic : 17 destinations de plus à partir d’aout

Air journal du 24/06/2020

La compagnie aérienne Virgin Atlantic relancera en aout des vols vers 17 destinations au départ de Grande Bretagne, principalement vers les Amériques mais aussi vers Tel Aviv, Lagos et Mumbai.

Clouée au sol depuis avril hors vols de fret pour cause de pandémie de Covid-19, la compagnie britannique a annoncé à partir du 20 juillet 2020 son retour à l’aéroport de Londres-Heathrow, avec des vols vers Hong Kong, New York et Los Angeles. Le mois d’aout verra Virgin Atlantic accélérer la reprise de ses activités, essentiellement vers les USA et les Caraïbes : d’abord vers la Barbade, puis le 4 aout vers Shanghai (au lieu du 21 juillet initialement prévu) et San Francisco, le 9 aout vers Tel Aviv et le 18 aout vers Miami.

A compter du 23 aout, Virgin Atlantic redécollera vers Lagos au Nigeria ; suivront ensuite Orlando (depuis Londres au lieu du 20 juillet, et au départ de Manchester) et Atlanta, puis en septembre Washington, Seattle, Las Vegas, Mumbai en Inde et Boston.

En septembre, la compagnie aérienne devrait relancer des vols entre Heathrow et Montego Bay, Antigua (avec prolongation vers Tobago) et Grenada, mais aussi revenir sur la route Manchester – La Barbade.

Virgin Atlantic précise dans un communiqué qu’elle a pris « la décision difficile de retarder le redémarrage » de la ligne Heathrow – Orlando au 24 août, sous réserve des décisions du CDC (comme pour la ligne depuis Manchester).  2020. Les services saisonniers au départ de Glasgow et Belfast vers le même aéroport de Floride ne reprendront qu’à l’été 2021.

Selon le directeur commercial de Virgin Atlantic Juha Jarvinen a déclaré : « alors que les pays du monde entier assouplissent les restrictions de voyage, nous avons hâte d’accueillir nos clients à bord et de les transporter en toute sécurité vers de nombreuses destinations de notre réseau ».

Cependant, ajoute le dirigeant, « nous surveillons de très près les conditions extérieures, en particulier les restrictions de voyage que de nombreux pays ont mises en place, y compris la politique de quarantaine de 14 jours pour les voyageurs entrant au Royaume-Uni. Nous savons que, à mesure que la crise de Covid-19 s’apaisera, les voyages en avion seront un catalyseur essentiel de la reprise économique du Royaume-Uni. Par conséquent, nous demandons au gouvernement du Royaume-Uni de réexaminer en permanence ses mesures de quarantaine et d’envisager une approche à plusieurs niveaux de mesures de santé publique et de filtrage soigneusement ciblées, y compris des ponts aériens, qui soutiendront un redémarrage réussi et sûr des voyages aériens internationaux pour les passagers et les entreprises ».

 

Lufthansa liquide SunExpress Deutschland

Air journal du 24/06/2020

Après avoir supprimé sa filiale low cost Germanwings, la compagnie aérienne Lufthansa a décidé de liquider SunExpress Deustchland, une coentreprise avec Turkish Airlines qui comptait 1200 salariés et opérait vers des destinations touristiques.

Le groupe allemand et la compagnie nationale turque ont annoncé le 23 juin 2020 la fin de leur filiale commune, fondée en 1989 et basée à l’aéroport de Francfort : ses opérations affectées par l’impact de la pandémie de Covid-19 cesseront « bientôt », et un « processus ordonné de liquidation » sera mis en place. SunExpress souligne dans un  communiqué avoir trouvé des solutions pour les passagers, « la majorité des vols » de SunExpress Deutschland devant être opérés via la compagnie turque SunExpress « ainsi que des partenaires aériens tels qu’Eurowings ».

Les quelque 1200 employés affectés par la disparition de la compagnie aérienne connaitront leur sort au cours des prochaines semaines, la direction affirmant dans un communiqué « faire de son mieux » pour trouver des solutions. Elle dit mener des « discussions constructives » avec les salariés comme les syndicats.

« Pour toutes les personnes touchées, c’est une triste nouvelle, qui est le résultat d’une évaluation complète et intensive de la situation », a déclaré Max Kownatzki, CEO de SunExpress. « Dans le même temps, cela représente une étape importante pour l’avenir afin de renforcer la position de SunExpress sur le marché pendant la crise, et de sortir encore plus fort de la crise », a-t-il ajouté.

SunExpress est l’un des principaux acteurs du trafic touristique et ethnique entre l’Allemagne et la Turquie depuis plus de 30 ans. La compagnie aérienne va réunir toutes les activités sous un seul AOC turc, et « se concentrera sur ses forces » dans le secteur touristique turc depuis l’Allemagne, l’Autriche et la Suisse, « et en tant que transporteur national pour Antalya et Izmir ».  Cette « décision stratégiquement appropriée de se concentrer exclusivement sur notre cœur de métier est également amère », a souligné le dirigeant.

SunExpress Deutschland opérait une flotte de 13 Boeing 737-800 (189 sièges), ses Airbus A330-200 (21+289) ayant été transférés vers la low cost Eurowings.

 

Vols courts interdits en France : les acteurs de l’aérien protestent !

Air journal du 24/06/2020

La volonté du gouvernement français d’interdire les vols intérieurs quand une alternative ferroviaire de moins de 2h30 est possible provoque des réactions négatives en particulier chez le SCARA, tandis que l’Europe s’interroge sur la légalité du dispositif.

La mesure est qualifiée par Alain Battisti, président de la FNAM, de « gadget électoral destiné à consolider des alliances pour les élections municipales ». Il ne sera bientôt « plus possible de prendre l’avion en France », affirme de son côté le Syndicat des Compagnies AéRiennes Autonomes (SCARA), qui accuse le gouvernement de porter ainsi un « nouveau coup aux compagnies aériennes non Air France ».

Regroupant plus de 50% des compagnies aériennes françaises, basées en Métropole et dans les territoires ultra-marins ainsi que des sociétés d’assistance aéroportuaire et de formation, le syndicat affirme dans un communiqué du 23 juin 2020 qu’en élargissant la mesure à tous les transporteurs opérant en France, le gouvernement pose désormais « trois problèmes majeurs » avec sa décision :

– Elle pourrait porter atteinte à la liberté d’entreprendre « qui a valeur constitutionnelle. Dans une économie libérale, le marché doit pouvoir décider et si une demande persiste, il n’y a aucune raison de ne pas y répondre. Le train dessert les centres-villes , alors que l’avion dessert des périphéries (aéroports) et le choix de la clientèle peut s’orienter différemment en fonction des destinations ».

– Elle n’est étayée par aucune donnée scientifique concernant l’impact environnemental de l’avion qui serait moindre que celui du train. « Scientifiquement, le train n’a pas significativement moins d’impact environnemental que l’avion.  Un rapport de la cour des comptes, La grande vitesse ferroviaire : un modèle porté au-delà de sa pertinence, en 2014 déjà soulignait un bilan environnemental en demi-teinte et que l’impact de la construction des LGV sur les milieux naturels, quoiqu’inférieur, ne diffère pas fondamentalement de celui des autoroutes ».

« Les idées fausses sur l’impact environnemental de l’avion sont également relayées par des campagnes de dénigrement du transport aérien («flygskam») comme le démontre du rapport de la Chaire Pégase intitulé « Les Français et l’impact environnemental du transport aérien: entre mythes et réalités » », rappelle le SCARA. « Il est bon de rappeler également que l’électricité qui alimente le TGV est produite par des centrales nucléaires ou par des centrales à charbon ou à pétrole qui ne sont pas des modes de production très vertueux en matière environnementale ».

– Elle sera vraisemblablement rejetée au niveau européen : «Pour mettre en œuvre cette décision la France devra, conformément, à l’art. 20 du règlement européen 1008/2008 notifier son projet à la Commission Européenne et aux autres États membres et prouver qu’il existe  des problèmes graves en matière d’environnement. Comment peut-on démontrer, en l’espèce, qu’il y a un problème grave d’environnement ? Par ailleurs, si la Commission Européenne ou un autre État membre s’y oppose, la mesure ne pourra pas entrer en vigueur. L’Espagne avec Vueling et Volotea, ou l’Irlande avec Ryanair, accepteraient-ils la décision d’interdire un marché aux compagnies aériennes ? »

Le SCARA s’interroge donc : cette décision de supprimer les dessertes aériennes intérieures « ne serait-elle qu’une justification fallacieuse de l’aide de 7 milliards d’euros accordée à Air France ? N’est-ce pas aussi un paradoxe de dénigrer le transport aérien pour aider Air France ? ». Rappelons que ces liaisons où une alternative ferroviaire en moins de 2 heures 30 est possible, comme entre Paris et les aéroports de Bordeaux, Lyon, Nantes ou Rennes, doivent être abandonnées par Air France au titre des conditions à son aide publique de 7 milliards d’euros ; mais elle ne seront pas reprises par ses concurrentes en particulier low cost, précisait lundi le secrétaire d’Etat aux transports.

La Commission européenne a confirmé au moins un des arguments du SCARA : le porte-parole Stefan de Keersmaecker a déclaré être « justement en contact » avec les autorités françaises pour évaluer les mesures annoncées et s’assurer qu’elles sont compatibles avec le droit européen, comme l’a déclaré Jean-Baptiste Djebarri, Secrétaire d’État français auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire, chargé des Transports. L’UE a bien demandé au secteur du transport de réduire ses émissions, et un règlement permet aux états de « limiter, voire d’interdire des vols en cas de sérieux problèmes environnementaux » en particulier quand des alternatives existe, a-t-il rappelé. Mais une « série de conditions importantes » est attaché à cette possibilité : les mesures doivent être non discriminatoires et « proportionnées à l’objectif poursuivi », tout en ne faussant pas la concurrence (ce qui serait le cas si ces routes intérieures sont interdites à tout le monde), et surtout « n’excèdent pas trois ans ». Le porte-parole n’a pas précisé si cela impliquait une relance du Orly – Bordeaux en 2023.

« On pourra s’étonner de la confusion des genres qu’alimentent les déclarations du Secrétaire d’État Jean-Baptiste Djebarri. Nous vivons sous un régime communautaire européen basé sur la libre-concurrence », commente un voyagiste du comparateur de tarifs aériens Bourse Des Vols. « Soit on interdit les liaisons aériennes selon des critères objectifs, que les liaisons soient intra ou transfrontalières, au titre de la sauvegarde de l’environnement sur le Vieux Continent, et dans ce cas un vol Bruxelles-Nantes pourrait être interdit au même titre qu’un vol Nantes-Biarritz. Soit le gouvernement français exige des restrictions aux compagnies aériennes françaises ayant bénéficié des aides publiques, et à ce seul titre. Dans ce dernier cas, Ryanair, Wizzair ou Easyjet (entreprise autrichienne)… qui n’ont reçu aucune aide française, n’ont pas de raison de renoncer à leurs droits d’exploitation des vols domestiques ou intra européens.
Accorder le monopole à la SNCF supposerait, par ailleurs de sérieuses contre-garanties pour le consommateur : un plafond tarifaire du km parcouru et un encadrement du droit de grève sur les destinations soumises à exclusivité. Le Secrétaire d’État auprès de la ministre de la Transition écologique et solidaire serait peut-être mieux inspiré de se pencher sur le travail de la DGAC -qui se présente sur son site internet comme « une administration exemplaire »- et vérifiant que toutes les missions qui lui ont été confiées l’ont été correctement avant la crise du Covid-19».

 

British Airways : un retour à Alger en juillet ?

Air journal du 24/06/2020

La compagnie aérienne British Airways envisage pour la mi-juillet son retour entre Londres et Alger, une des lignes suspendues depuis le début de la pandémie de Covid-19. Même si aucune réouverture des frontières n’est officiellement annoncée, Air Algérie par exemple ne communiquant que sur la reprise de ses agences.

La compagnie nationale britannique pourrait relancer dès le 13 juillet 2020 trois vols par semaine entre sa base à Londres-Heathrow et l’aéroport d’Alger-Houari Boumediene, plutôt qu’au départ de Gatwick d’où elle opère normalement. Selon les GDS consultés par Airlineroute, les vols seraient effectués en Airbus A321neo de 220 sièges, avec des départs de Londres lundi, jeudi et dimanche à 8h25 pour arriver à 11h25 ; les vols retour quitteraient la capitale algérienne à 12h15 pour se poser à 15h25 (quinze minutes plus tard le lundi).

British Airways est en concurrence avec la seule Air Algérie sur cette route, inaugurée à Heathrow en 2008 et déménagée vers Gatwick en 2012.

Air Algérie a de nouveau rappelé hier que la réouverture des frontières était du ressort « exclusif » des autorités : « les informations circulant en dehors des canaux de communication habituels de l’entreprise n’engagent que leurs auteurs et les supports qui les véhiculent », a-t-elle précisé.

Mais elle a aussi annoncé la remise en marche « progressive » de ses agences commerciales, afin de permettre initialement aux clients ayant acheté des billets avant la crise sanitaire de les « revalider ». Selon un porte-parole cité par l’APS, environ 600.000 billets d’avion sur 17.000 vols intérieurs et internationaux » sont concernés par la mise à jour de la billetterie ; les modifications de réservations sont possibles jusqu’au 31 mars 2021.

La volte-face d’Air Algérie mi-avril concernant le remboursement des billets annulés, refusé après avoir été autorisé, avait provoqué la colère des passagers ; elle avait il y a un mois mis à jour ses mesures commerciales, proposant un remboursement de vol annulé non tributaire de l’avoir.

Aucune date de reprise des vols réguliers en Algérie n’est avancée, même si la compagnie nationale estime que cela se fera initialement « à la hauteur de 30% du programme habituel » – et probablement pas à plus de 40% d’ici la fin de l’année. La compagnie aérienne British Airways envisage pour la mi-juillet son retour entre Londres et Alger, une des lignes suspendues depuis le début de la pandémie de Covid-19. Même si aucune réouverture des frontières n’est officiellement annoncée, Air Algérie par exemple ne communiquant que sur la reprise de ses agences.

La compagnie nationale britannique pourrait relancer dès le 13 juillet 2020 trois vols par semaine entre sa base à Londres-Heathrow et l’aéroport d’Alger-Houari Boumediene, plutôt qu’au départ de Gatwick d’où elle opère normalement. Selon les GDS consultés par Airlineroute, les vols seraient effectués en Airbus A321neo de 220 sièges, avec des départs de Londres lundi, jeudi et dimanche à 8h25 pour arriver à 11h25 ; les vols retour quitteraient la capitale algérienne à 12h15 pour se poser à 15h25 (quinze minutes plus tard le lundi).

British Airways est en concurrence avec la seule Air Algérie sur cette route, inaugurée à Heathrow en 2008 et déménagée vers Gatwick en 2012.

Air Algérie a de nouveau rappelé hier que la réouverture des frontières était du ressort « exclusif » des autorités : « les informations circulant en dehors des canaux de communication habituels de l’entreprise n’engagent que leurs auteurs et les supports qui les véhiculent », a-t-elle précisé.

Mais elle a aussi annoncé la remise en marche « progressive » de ses agences commerciales, afin de permettre initialement aux clients ayant acheté des billets avant la crise sanitaire de les « revalider ». Selon un porte-parole cit épar l’APS, environ 600.000 billets d’avion sur 17.000 vols intérieurs et internationaux » sont concernés par la mise à jour de la billetterie ; les modifications de réservations sont possibles jusqu’au 31 mars 2021.

La volte-face d’Air Algérie mi-avril concernant le remboursement des billets annulés, refusé après avoir été autorisé, avait provoqué la colère des passagers ; elle avait il y a un mois mis à jour ses mesures commerciales, proposant un remboursement de vol annulé non tributaire de l’avoir.

Aucune date de reprise des vols réguliers en Algérie n’est avancée, même si la compagnie nationale estime que cela se fera initialement « à la hauteur de 30% du programme habituel » – et probablement pas à plus de 40% d’ici la fin de l’année.

 

Air Saint-Pierre de retour à Paris

Air journal du 24/06/2020

La compagnie aérienne Air Saint-Pierre relancera lundi prochain sa liaison directe entre Saint-Pierre et Paris, les vols vers Miquelon et Montréal devant également être assurés.

Tous les lundis du 29 juin au 7 septembre 2020 (sauf les 13 et 27 juillet), un Boeing 737-700 pris en leasing décollera de sa base à Paris-CDG à 16h00 en direction de  l’aéroport de Saint Pierre-Pointe Blanche, où il arrivera à 18h30. Le vols retour depuis l’archipel au large du Canada est prévu les mardis du 30 juin au 8 septembre, avec départ à 10h30 et arrivée dans la métropole à 20h05.

Cette ligne directe avait été inaugurée le 3 juillet 2018 ; elle faisait suite à l’annonce l’année précédente de la nouvelle délégation de service public (DSP) pour la desserte de Saint-Pierre-et-Miquelon, conclue entre l’État et la compagnie Air Saint-Pierre, seule présente dans l’archipel.

Air Saint-Pierre proposera cet été jusqu’à 20 vols par semaine vers Miquelon, et deux rotations hebdomadaires vers Montréal (jeudi et samedi en juillet) ; les routes vers Halifax, St John’s et l’île de la Madeleine restent suspendus en raison de la pandémie de Covid-19.

 

Communiqué de presse de la Fédération FO Transports (FEETS-FO) : Crise dans le Transport aérien : Le gouvernement ne pilote rien !!!

« Paris, le 24 Juin 2020 – Le transport aérien vit aujourd’hui la pire crise de son histoire. Crise sanitaire au préalable, crise économique actuellement, et crise sociale en devenir. Aujourd’hui, l’activité aérienne reprend peu à peu. Les principaux aéroports rouvrent leurs portes ainsi que leurs pistes, les compagnies aériennes proposent à nouveau des billets à la vente sur certaines destinations avec des fréquences à minimas ; enfin, les entreprises d’assistance en escale reprennent elles aussi du service. Malgré ces réouvertures de ciel et une reprise d’activité fragmentaire,  une majorité de salariés est encore au chômage partiel dans une situation de précarité.

Dans ce contexte, les patrons du secteur pratiquent un impitoyable chantage à l’emploi, usent et abusent des accords de performance collective. Dispositions créées par les ordonnances Macron et entrées en vigueur le 1er janvier 2018. La conclusion de ces accords se solde inéluctablement par des pertes de salaires considérables, des suppressions de primes, des gels de grilles de salaires et de primes d’ancienneté.

En parallèle, le gouvernement pratique une politique de soutien via un saupoudrage financier vis-à-vis d’une partie des entreprises du secteur, prêts garanties par l’Etat d’un côté, prêts d’actionnaires de l’autre. Cette stratégie financière, expression du dogme libéral « Laissons-faire le marché et la libre-concurrence », abandonnent les 100 000 salariés du secteur face au dilemme : Précarité et efforts de productivités ou licenciements. Dans tous les cas, ce n’est ni une politique économique, ni une stratégie.

Dans ces conditions quid  du devenir des salariés et de leurs emplois à moyen-terme ? Qui passera l’hiver 2020-2021 si les difficultés du secteur persistent dans le temps ? Certaines entreprises suivront-elles le sort d’XL Airways et d’Aigle Azur avec leurs 1 800 employés licenciés et actuellement au chômage ? Au-delà, le principal bassin d’emploi en France, Roissy – Charles De Gaule, n’est-il pas en péril ?

Le gouvernement doit se saisir pleinement du dossier, affirmer une politique globale dans l’intérêt du secteur, des travailleurs et de la population.

La FEETS-FO demande à être reçue par le gouvernement. Elle exige une véritable politique de sauvegarde du secteur, des milliers d’emploi sont en cause ».

Catherine Delgado

Consultante

70 rue d’Hautpoul

75019 PARIS

Tél.   01 53 38 09 18

Fax   01 53 38 92 24

www.progexa.fr